‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 71 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

formera le nerf optique. A la suite de l’apparition du cristallin — qui naît comme une petite fossette de l’ectoderme de la tête, puis devient indépendant plus tard, sous la forme d’une sphère creuse, — la vésicule optique primaire se transforme en une vésicule optique secondaire ou cupule optique. La cupule optique est, comme l’indique son nom, une coupe, dans l’ouverture de laquelle est enchassé le cristallin. Elle ne se forme pas simplement, comme on pourrait le croire, par refoulement de l’hémisphère antérieur de la vésicule dans son hémisphère postérieur— refoulement plus ou moins directement dépendant du cristallin— mais parunprocédé infiniment pluscompliqué. Que l’on imaginele cristallin venant se placer non dans l'axe même de la vésicule primaire, donné par le prolongement de son pédicule, mais en dessous de lui. La vésicule optique, qui était d’abord assez petite, se développe graduellement du côté inférieur par ses deux bords latéraux, qui s’accroissent de manière à embrasser le cristallin en-dessous, tandis que la vésicule se déprime d’autre part, sa moitié antérieure se rapprochant de la postérieure en se moulant pour ainsi dire sur le cristallin. Ilen résulte que la cupule optique est d’abord incomplète et largement ouverte en dessous ; c’est une simple gouttière à double paroi appliquée sur la moitié supérieure du cristallin. Mais ses deux bords se rapprochent peu à peu l’un de l’autre et viennent enfin se souder sur la ligne médiane audessous du cristallin. Jusqu'à ce moment, ils avaient laissé entre eux une fente (fente choroïdienne) qui se

prolonge sur le pédicule de la cupule par une gouttière qui le suit sur toute sa longueur. À la fente succède ensuite la soudure choroïdienne.

Ce développement achevé, le pôle antérieur de la vésicule optique primitive est pour ainsi dire invaginé dans son pôle postérieur auquel il s’accole. Il va former toute la rétine, ou plus exactement toute sa partie non pigmentée, depuis les cônes et les bâtonnets jusqu’à la limitante interne. L’épithélium du pôle postérieur de la vésicule optique primitive restera simple et deviendra l’épithélium pigmenté de larétine, pourvu, du côté du centre de l’œil, de franges pigmentaires entre lesquelles s’insinueront les cônes et les bâtonnets qui resteront d’ailleurs toujours indépendants morphologiquement de cette membrane pigmentaire. La formation dela fente choroïdienne, se prolongeant comme on l’a vu en gouttière sur le pédicule optique, permet au feuillet interne de la cupule (rétine) de se continuer directement dans le pédicule optique et cette relation est d’une importance capitale, parce qu’elle constitue la voie que suivront plus tard les fibres optiques.

Ce simple schéma du développement de l'œil montre que, sans conteste, aucun des stades de cette évolution ne reproduit l’image d’un œil plus simple d’animal inférieur. La vésicule optique primitive rappelle d'autant moins un œil, que si sa forme globuleuse n’est pas contraire à la structure de certains yeux, elle offre cette particularité que sa partie réceptrice forme la moitié externe de la sphère, et non

tr vi

Page 1