CHAPITRE VII
l’interne comme elle le devrait si ce stade représentait quelque œil globuleux d’Invertébré. Les stades dans lesquels existe la fente choroïdienne sont absolument incompatibles avec un fonctionnement quelconque de l’œil et ne semblent amenés que pour permettre la continuité permanente de la rétine avec le pédicule optique. En effet, si le fond de la vésicule primitive se déprimait simplement dans son pôleinterne, le faisceau des fibres optiques devrait chercher, sans guide préétabli, son chemin vers le cerveau, tandis qu’il trouve naturellement ce guide grâce à la continuité de la lame rétinienne avec la gouttière choroïdienne du pédicule optique.
Le développement de l'œil est donc particulièrement intéressant parce qu’il nous montre un organe se formant pour ainsi dire par des voies toutes particulières et indépendantes de celles de la phylogenèse ; il est bien clair en effet qu'aucun animal n’a pu voir avec une vésicule optique largement fendue en dessous par la fente choroïdienne.
L'œil des Vertébrés se montre en même temps pourvu d’une structure très particulière difficilement réductible à d’autres plus simples observées ailleurs. Sans doute on trouve dans le monde animal des cellules visuelles qui font déjà prévoir les cônes et les bâtonnets, mais l’arrangement de ces cellules en une rétine est tout autre que chez les Vertébrés, et notamment les cellules pigmentaires qui entourent, au moins en partie, les cellules visuelles, appartiennent toujours, chez les Invertébrés, à la même for-
mation que ces dernières, font partie de la même membrane et sont simplement un peu plus profondes que les extrémités réceptrices des éléments sensoriels. Elles sont confondues avec les autres éléments rétiniens — et même dans certains cas le bâtonnet rétinien et le pigment sont deux parties d'une seule et même cellule — tandis que les cellules pigmentaires de la rétine des Vertébrés forment une couche absolument distincte de la rétine à laquelle elles ne s’accolent que secondairement et sans jamais s’unir réellement avec elle.
En un mot, tandis qu’éléments sensoriels et éléments pigmentaires sont étroitement méêlés et disposés côte à côte dans le premier cas, on observe dans le second deux plages bien distinctes dans l’ébauche de la cupule optique, l’une (l’hémisphère externe) donnera toute la partie non pigmentée, l’autre (l'hémisphère interne) engendrera exclusivement les cellules pigmentaires. Cette séparation ne peut s'être effectuée progressivement, car elle n’aurait pu donner, pendant sa formation, un organe capable de fonctionner; elle a dû, pour avoir un effet utile, se produire dans les déterminants histologiques au moment même où, dans l’embryon, se formait la vésicule primaire avec ses deux pôles, chaque catégorie de cellules se produisant exclusivement dans l’un d’eux.
On rencontre bien, chez certains Invertébrés, une disposition analogue à celle de l’œil des Vertébrés, celle que l’on observe dans les yeux palléaux du Pec-