‹ Un problème de l'évolution; la théorie de la récapitulation des formes ancestrales au cours du développement embryonnaire (loi biogénétique fondamentale de Haeckel)Chapitre 94 sur 111 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

observation maintenant et pour longtemps sans doute, l'Oiseau d’une manière beaucoup plus visible parce qu'il se laisse décomposer en tissus et en organes dont nous pouvons étudier la genèse aux dépens de l'œuf. Des deux, l’œuf est pour nous le plus mystérieux et le plus énigmatique et au fond nous ne le connaissons pas beaucoup plus maintenant que les savants du moyen âge et de l'antiquité classique [p. 161|.

Le processus ontogénétique ne peut pas être regardé comme une simple répétition même abrégée du processus phylogénétique, car ce dernier consiste en d'innombrables ontogenèses. On pourrait seulement dire que la dernière ontogenèse d’une chaîne répète l’ontogenèse précédente et pas même dans tous ses détails, mais avec un haut degré de ressemblance. Processus ontogénétique et processus phylogénétique ont tous deux un devoir différent à remplir. L’ontogénétique n’a en quelque sorte qu’à mettre au jour seulement ce que l’autre a préparé dans une suite indéfinie de temps. Pendant l’ontogenèse se réaliseront seulement de la manière la plus rapide possible les ébauches reposant dans l’œuf, et cela peut se faire rapidement parce que tout est disposé d’avance pour ce résultat final. Par la phylogenèse, au contraire, les ébauches ont été formées dans l’œuf, mais c’est un tout autre processus qui s’est joué très lentement dans les chaînons sans nombre de la généalogie. L’un des processus se fait plutôt par évolution (préformation) l’autre par

épigenèse (1). Pour avoir une compréhension réelle, causale des processus du développement, il faudrait montrer d’abord : 1° comment le cours de l'ontogenèse avec ses stades particuliers est causé par la qualité des ébauches et par la structure de l’œuf et de son idioplasma, et 2° il faudrait rechercher comment, dans le processus phylogénétique, les propriétés et les ébauches ont pris naissance dans la cellule œuf. Les travaux de NAEGL1I, de WEISSMANN et les miens (Osc. HERTWIG) montrent combien cette entreprise est incomparablement difficile [p. 162].

Il y a dans le développement des espèces deux séries différentes de processus : 1° le développement de la cellule reproductrice (cellule spécifique) qui s’accomplit dans une direction constante progressive, d’une organisation simple à une plus compliquée de son idioplasma ; 2° le développement répété d’un individu pluricellulaire aux dépens des représentants unicellulaires de l’espèce, ou l’ontogenèse individuelle, qui, en général, se poursuit d’après les mêmes règles que les ontogenèses qui l’ont précédée, mais cependant un peu modifiée chaque fois, suivant la quantité dont s’est modifiée la cellule spécifique elle-même [p. 162].

(1) Cette phrase est très importante, elle explique bien l'attitude de von BAER ne prenant partie ni pour l’épigenèse ni pour l’évolution {voy. p. 33); en mème temps elle fait comprendre comment l’ontogenèse a, d'une manière si marquée, 1 le caractère de la préformation.

#, Vi ed : DS

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