Chabot à David
François Chabot, représentant du peuple, détenu pour avoir voulu déjouer un complot qui lui paraissait menacer la liberté, à son collègue David, président de la Convention nationale.
Quoique Delaunai m'eût souvent parlé de ses liaisons avec toi, je n'ai jamais cessé de croire à ta justice et Jagot
Boyer-Brun sera condamné à mort et exécuté le 1" prairial an IL en même temps que le baron de Margueritles, ex-constituant et maire de Nîmes. La mailiresse de Boyer, la femme Costard. fit profession do ro,\alisme après sa condamnation et le suivit quatre jours après sur léchafaud.
(L L'ordre d'écrou, conservé aux archives de la préfecliue de police, esl ainsi conçu : « Du H nivôse l'an 2... En vertu de l'ordre des comités de Sûreté générale et de .Salut public réunis, du jour d'hier, le concierge du Luxembourg recevra le citoyen Fabre d'Eglantine, députe : et ne lui laissera aucune conununication avec personne, verbale ni par écrit. Héron, Tuutin, Boyé, I3oy, Maiali, Mallel. »
278 l'affaire de la compagnie des lndes
a dû te dire que je rendais homage à tes principes lors même que je te croyais duppe de quelques fripons. C'est à ces principes que j'en appelle aujourd'hui. Je n'ai pas perdu le droit de faire entendre un avis au milieu des représentants du peuple. Le titre de citoyen me restera jusqu'à la mort en dépit de tous les méchans. Ce titre seul me donne le droit de faire des pétitions à la Convention nationale et la présidence ne te confère pas le pouvoir de me priver de ce droit. Celle que je fis hier était de nature à intéresser le cœur de ceux qui comptent l'amour filial au nombre des vertus. La Convention pouvait la renvoyer ou passer à l'ordre du jour. Ton devoir était d'en faire donner lecture. Le vertueux Couthon t'en avait déjà donné l'exemple. Je t'en envoie un double puisque tu as mis sous le bureau celui qui t'a été remis ce matin, car aucun journal n'en fait mention. Je te prie de la faire lire : je l'espère de ton amour pour les principes.
Le 23 nivôse, à 10 h. du soir.
(Archives nationales, F' 4637.1
David ne voulut pas lire lui-même la requête adressée par Chabot à la Convention. Ce fut Vadier qui s'exécuta à sa place (1).
Fabre d'Eglantine, qui connaissait l'incident par les journaux, essaya de s'en servir pour entrer en rapports avec Chabot et lui tiier des renseignementis utiles à sa défense. Dès son arrivée au Luxembourg, il écrivit à Chabot la lettre suivante qui parvint à sa destination, malgré le secret qui pesait toujours théoriquement sur les détenus.