‹ Un proces de corruption sous la terreur; l'affaire de la Compagnie des IndesChapitre 73 sur 94 · Observations présentées au comité de Saint pntiJic · texte numérisé non relu

Observations présentées au comité de Saint pntiJic

Le parti de l'étranger et toutes les factions tendent au môme but : la destruction des comités de Salut public et de Sûreté générale et l'avilissement de la représentation nationale. Les coupables, pour échapper au glaive de la loi, attaqueront ces deux comités. C'est ce qu'a fait Fabre d'Eglantine. Voyant ses complices arrêtés, pour éviter le même sort et les sauver, il a dû agir de manière à faire renouveller ces comités, dans le dessein de s'y placer lui et ses partisans, et même ses complices, afin de donner à l'affaire de Chabot une tournure favorable. .

LA FIN DE l'instruction ?19

A l'époque où il inéditoU ce projet, les lignes de Vissembourg étoient forcées, Toulon pris, les brigands qui avoient passé la Loire ravageoient de nouveaux départemens, lequel de ces revers imputer au comité de Salut public, pour avoir un prétexte de l'attaquer ?

La guerre de la Vendée offroit un vaste champ à la critique. Fabre résolut d'attaquer le comité de ce côté.

Un homme très mécontent du comité de Salut public, un homme plein d'orgueil, irascible à l'excès, Philippeaux, paroît à Fabre un instrument propre à servir ses projets. Il peut espérer qu'à Philippeaux se réuniront les restes du côté droit, les partisans ou les complices cachés de Chabot, et tous ceux qui n'aiment pas quelques membres du comité de Salut public. Fabre a donc pu exciter Philippeaux à écrire de nouveau sur la Vendée et à ne pas ménager le comité de Salut public.

(lamille Desmoulins, trompé i)ar Fabre, attaqua indirectement le comité de Sûreté générale. Un comité de clémence est proposé.

Bourdon de l'Oise attaque tout le ministère de la guerre. Deux jours après la distribution de la lettre de Philippeaux au comité de Salut public, la motion est faite et décrétée de renouveler le comité de Salut public par moitié. Ce décret le lendemain est rapporté.

Quelque tems après, le comité de Sûreté générale est atlaqué. Bourdon de l'Oise s'écria dans la Convention : il y a assez longtems que nous ne sommes que les pédales de ces deux comités, il est tems que cela finisse.

On connoît les liaisons de Fabre avec Camille Desmoulins et Philippeaux. On a vu ce dernier avec Fabre se promener dans le salon de la Liberté et Fabre remettre des papiers à Philippeaux. Des liaisons plus intimes pourroient se prouver par témoins et demandes faites aux accusés,

Levasseur, de la Sarthe.

(Archives nationales, W 77.)

Il est curieux que la répression s" exerça dans les cadres mêines qu'avait fixés Chabot. Le procès des Hébertistes fut le procès de la branche diffammatrice de la conspiration qu'il avait dénoncée. Le procès des Indulgents fut le procès de la branche corruptrice.

Le procès des avilisseurs n'était pas encore commencé qu'Aniar donnait enfin lecture à la Convention, le 26 ventôse, de son rapport sur la faction des corrupteurs et des corrompus. Nous ne connaissons le texte de ce document que par les comptes rendus des journaux. Il figura cependant au dossier du procès devant le tribunal révolutionnaire, comme en fait foi \o reçu suivant signé d'Amar.

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