Chabot au comité de Salut public
Du secret du Luxembourg, le 2o ventôse l'an 2 de la République une et indivisible.
Représentans,
Votre sublime décret du 23 n'avait rien ajouté à la rigueur de mon secret. Il semblait même devoir l'adoucir, car je ne me serais jamais douté d'être arrêté comme conspirateur. Cependant notre concierge me refuse les journaux auxquels j'étais abonné jusqu'à ce jour : le p. D)i-
( kéne, Audouin, Duval, GuHrui, La Muiilayne, Sablier el le Moniteur.
Si ces ordres viennent de vous ; je respecte le motif qui vous les ont dictés et je ne m'en plains pas plus que de mon arrestation. Mais si comme je le crois ils émanent de la police, j'en réclame comme ajoutant aux dispositions de votre loi et comme me privant de la seule consolation que je recevais dans ma prison, celle d'applaudir aux triomphes que vous remportés tous les jours sur les ennemis d'une liberté pour laquelle je souffre la privation de la mienne et de l'usage de la moitié de mes membres.
François Chabot.
Aux représentans du peuple, membres du comité de Salut public au Palais national. Affaires pressées. (Archives nationales, P'^ 4637.)
Que se passait-il dans les réunions des deux comités ? Une lettre de Levasseur (de la Sar(he) nous permet d'entrevoir le muUr qui inspira leur décision, l^our Levasseur, l'auteur responsable de la crise était Fabre d'Eglantine. C'était lui qui avait orée littéralement les factions par ses intrigues. Il avait voulu renverser Les comités « afin de donner à. l'affaire de Cfiabul une tournure favoraJ>le ». Robespierre pensa exactement comme Levasseur-