IV. — DU MÊME AU MÊME
Rome ce 19 octobre 1717.
Monsieur,
Je ' ne scay quelle idée vous aves de moy après la pitoyable omission que jay fait de vous remercier de Ihonneur que vous m'aves procuré auprès de S. A. R. Monseigneur Le Duc Régent en
I. Arch. Nat., K 137, 7*. En tète de la lettre, le secrétaire Doublet a écrit: Répondu le 8 octobre lyiy.
a. L'abbé Dorsanne écrit à ce propos dans son Journal, p. 871 : « Le cardinal Sacripanti reçut à l'occasion du prieuré de S. Martin des Champs, dont la coadjutorerie avait été donnée à l'abbé de S. Albin, une lettre de S. A. R. dont il fut si pénétré, qu'il ne tenait pas à lui que sa reconnaissance n'éclatât dans l'affaire de la Constitution. Il était un de ceux de la Congrégation (du Saint-Office) que l'on redoutait le plus ».
3. Arch. Nat., K 187, 7^ Répondu le 20 novembre iji^. On verra plus loin cette réponse de Doublet.
28 UN rUOCUREUR GÉNÉRAL DE CLUNY
me faisant des remerciemenls de sa part pour l'afTaire de S' Marlin dont vous aves bien voulu luy faire le détail. Je vous avoue franchement M' que repondant a votre lettre du 3"™' aoust joubliai dans l'instant vos bontés, uniquement attentif, et entièrement occupé de l'agréable nouvelle dont javois a vous faire part, mais je rougis de mon peu de mémoire qui m'avoit fait oublier jusqua ce jour le contenu dune lettre dont le souvenir reveille et lîate si agréablement l'amour propre et dont je ne scaurois trop vous remercier.
Vous aves eu la bonté Monsieur de faire valoir mes petits services sans en être prié jay tout sujet desperer que sur mes humbles prières vous me ferez encor la grâce de présenter a Son A. R. ma lettre sur une observation qui ne peut avoir que de bonnes suites.
Je croîrois cependant manquer contre la confience que l'on vous doit avec tant de justice après que notre Prince vous a honoré de la sienne si je ne me decouvrois entièrement a vous. Vous verres M"" par la lecture de ma lettre qu'il s'agit d'une affaire qui doit être traitée avec plus de délicatesse et beaucoup plus de secret que par le passé et a laquelle je donnerois très agréablement toutte mon attention et mes soins si jen avois ordre.
Je laisse le tout a votre discrétion convaincu de votre parfaitte probité et pénétré d'une véritable estime avec laquelle j'ay Ihonneur detre très respectueusement, Monsieur,
Votre ires humble et très obéissant serviteur.
D. Joseph de Peint