‹ Un Procureur général de Cluny, agent secret à Rome de Philippe d'Orleans, 1717-1718Chapitre 31 sur 57 · XII. — DOM DE PEINT AU DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

XII. — DOM DE PEINT AU DUC D'ORLÉANS

Rome ce i4 décembre 1717.

Monseigneur,

En ' exécution des ordres dont Votre Altesse Royalle a deigne mhonorer, Jauray encore Ihonneur de luy dire avec le plus profond respect quil me soit possible et toutte la confience quelle ma inspiré, que le premier et principal ressort qui fait agir certains cardinaux étant le désir de parvenir, il est naturel qu'ils se servent de tous les moyens qui les peuvent aider et d'éviter tout ce qui peut les en éloigner. Ils scavent que la faveur des princes leur est très nécessaire et de la vient le soin de la cultiver et de nen pas laisser perdre la moindre occasion lorsquils en sont requis, mais dans les fâcheuses conjonctures ils se couvrent du nom du S* Père qui na plus rien a prétendre que les respects dun chacun, et a qui ils font refuser en toutte seureté.

C'est ce que jay éprouvé aujourd'hui Monseigneur de la part de M' le Cardinal ' avec qui jeus l'honneur samedi dernier davoir une petite conférence a loccasion de mes affaires et a qui insensiblement je glis:^ai le service quil rendroit a la France et le i)laisir quil feroit a V. A. R. sil vouloit employer ses soins officieux pour un prompt accommodement. A quoy M' le Card, qui fut sans doute ravi qu'on saperceut de ses bonnes intentions me fit l'honneur de me dire que pour faire ce plaisir a V. A. R. il enparleroit a Sa Sainteté et aujourdhuy y étant aie a dessein mais a la faveur d'un prétexte S. E. ma fait Ihonneur de me prévenir et de me dire quil y avoit une congrégation établie etc. Cependant cette Eminence qui a une étendue desprit immense, voit bien quil luy importe de prévenir le dérangement qu'un seul soupçon dans lesprit de V. A. R. pourroit causer dans ses affaires, car il présume avec fondement de l'attention des François a rendre a V. A. R. leurs très humbles et fidels services ; et a l'informer de tout et je ne doute point qu'il nait déjà pris des bonnes mesures, l'affaire est trop délicate pour luy et trop importante, et cest en cela Monseigneur que V. A. R. connoitra que jay eu peut être le bonheur de luy indiquer un asses bon moyen d'accommodement .

Ce Cardinal est tout puissant dans Rome il faira accorder car il ne voudra pas renoncer a ses prétentions qui sont véritablement inférieures a son rare et distingué mérite, mais il faut le suivre de prez et avec le moins de bruit qu'il sera possible. Il voudra se

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