XIV.— DOM DE PEINT A DOUBLET
Turin ce 3i décembre 1717 Monsieur,
Jay ' l'honneur de vous renvoyer des paquets que je ne meritois pas de recevoir et que je ne dois pas garder. J'y joins les plus respectueux remerciements avec les plus fortes asseurences d'une inviolable et constante fidélité a obéir a S. A. R. en tout ce qu'il luy plaira m'ordonner.
Je me suis veu M'" dans l'impossibiiité de satisfaire a ses ordres par le trouble qui m'agiteoit en écrivant la dernière lettre que jay eu l'honneur de vous adresser; elle paroitroit choquante si S. A. R. n'avoit la bonté d'avoir plus d'égard a l'affection quaux expressions que jay employé.
Il y a des termes qui parlent d'un cœur zélé et qui prend un peu trop d'essort, mais qui n'en est pas moins soumis et moins humble. Je connois les excez dans lesquels jay donné. Je n'étois pas maître de mes pensées n'y de mes reflexions. Jay écrit d'un stile extraordinaire, bas, foible et rempant en certains endroits, couvert en d'autres ou il faloit des éclaircissements, enfin jay péché contre louttes les règles excepté celles de la vérité. Revenu a moy jay* connu l'enormité de ma faute, dont je ne puis mériter et attendre les assurences du pardon que par votre canal, et après vous avoir asseuré que le vif regret et la perçeante douleur que jen ay me font espérer l'avoir obtenu de la miséricorde du seigneur dont je cherche uniquement la gloire en cette occasion.
Cela ne suffiroit point si je ne me disposois a reparer ma faute. C'est dans cette veùe que je suis parti avec le premier courrier que