Arch. Nat., K i
je laisse a Turin mais que je suivray avec le plus de diligence qu'il me sera possible.
Je feray plus que je n'avois eu l'honneur de promettre, je decouvriray la vraye source du mal, puis jen viendray au remède que jay déjà touché et que je montreray être le seul spécifique.
Jespere donner des preuves suffisantes et satisfaisantes de tout ce que javanceray.
Je vous suplie M'' de ne découvrir mon dessein qua S. A. R. comme vous aves eu la bonté de me le promettre, il ne scauroitetre trop caché de mesme que mes lettres. Je vous auray, et je crois que l'Eglise vous aura quelque obligation si vous me procures l'honneur d'être écouté. Je ne diray que ce que jay veu et ce que jay entendu, et dans les choses douteuses jétabliray des principes incontestables douil sera facile de tirer des conséquences infaillibles. Je m'aperçeois de la difficulté de l'entreprise aussi il n'en faudra jamais attribuer la gloire a Ihomme mais a Dieu seul qui se sert des plus foibles instruments pour faire éclater sa puissance, de la vient le soin que jay de vouloir me cacher, ainsi que je le dois, afin quon admire uniquement les effets de la providence qui nous conduit a ses fins par des routes inconnues.
Les fautes que jay commises lorsque jay été abandonné a moy même me font asses comprendre que je ne puis rien sans lassistance du Seigneur. La confience que jay en ses miséricordes infinies me font espérer un heureux voyage. Il ne me reste plus rien a vous dire sinon que jay Ihonneur detre avec toutte la confience et le respect possible.
Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
F. Joseph de Peint
Mes supérieurs dont le gênerai * réside a Saint Martin des Champs ne sont pas prévenu sur mon voyage dont je nay pu leur faire aucune part. Je vous suplie M"" de faire en sorte qu'ils nayent aucune interi^ogation a me faire sur le sujet qui me conduit en France, Jay publie a Rome, et fait dire a Sa Sainteté que je partois par ordre de mes supérieurs, il seroit bon que ceux cy tinssent le même langage.