UN PROCUUEUR GÉNÉRAL DE CLUNY
J'ay cru qu'il etoit nécessaire que je fisse a V. E. tout ce détail pour luy faire connoitre que S. A. R. continue a me donner sa protection dans cette affaire, Car comme je luy offris d'abandonner mon procès suposé que cela put animer ce moine a mieux faire pour le bien de la Paix, elle me repondit qu'elle donneroit ordre a M. le M"^ d'HuxelIes de vous recommander de nouveau de vouloir solliciter mon affaire, et qu'il y avoit grande apparence que ce moine n'avoit imaginé ce voyage que pour se donner plus de crédit a Rome, mais que ne luy ayant rien donné par écrit, il ne pourroit pas se prévaloir a Rome de ce volage.
Quand même le Régent oublieroit de donner cet ordre à M. le M'* d'HuxelIes, vous pourrez voir par ce récit que je n'ay pas pu imaginer les bontez du Régent pour moy.
Je leu hier ce que dessus à M"" le M*' d'HuxelIes qui m'en a demandé une copie, et a eu la bonté de me promettre de vous en écrire. Je suis etc.
Le maréchal d'HuxelIes écrivait en effet le i5 mars suivant au cardinal de La Trémoille :
M. l'Abbé d'Auvergne' m'a communiqué la copie d'une lettre qu'il écrivit il y a quelques jours à votre Eminence et qu'il lit voir auparavant à Mgr le Duc d'Orléans. Quelque fondement que puisse avoir l'inquiétude qu'il a prise du crédit et des intrigues du Religieux dont il est question, l'intention de S. A. R. est que Votre Eminence empesche qu'il ne soit abusé de son nom au préjudice des intérests de M*" l'abbé d'Auvergne, S. A. R. étant bien aise au contraire de luy donner en toutes occasions des marques de sa bienveillance, et môme de sa protection dans les choses ou le bien de la justice permettra a Votre Eminence d'agir en sa faveur.
Mais l'abbé d'Auvergne n'était pas exactement renseigné sur la mission de Dom de Peint: le duc d'Orléans y attachait plus d'importance que ne voulait bien dire l'abbé de Cluny . Il avait reçu le moine à son arrivée à Paris, lui avait fait donner de l'argent et l'avait renvoyé à Rome sans retard, porteur d'une lettre confidentielle pour le cardinal Sacripante, ce qui lui avait sans doute permis de dire à l'abbé d'Auvergne qu'il « n'avait rien donné par écrit ». D'autre part, si Dom Claude Rabusson