Le cardinal Alexandre Albani, neveu du pape Clément XL
•>. De fait, dans les nombreuses lettres du Père Laliteau qui se trouvent aux Archives des Affaires étrangères, non plus que dans son Histoire de la Constitution Unigenitus, on ne voit nulle part qu'il accorde au crédit du cardinal Sacripante toute l'importance que lui reconnaissait Dom de Peint.
A. Le futur cvêque de Sisteron n'avait encore que trente-deux ans.
îi. Afl". Étr., Corr. Rome, t. 584, fol- 63.
L'on manda le i6 de ce mois d'Avig^non qu'il y avoitpassé la veille, et que pour faire valoir son crédit il avoit débité que le Pape l'avoit envoyé en P'rance pour des affaires de la dernière conséquence, et que le mislerc se developcroithientost. Je cru devoir montrer cette lettre a S. A. R. Mgr le Regent.J'eus l'honneur de luy dire que quoique je fusse très fâché du retour de ce Religieux a Rome, ou il faisoit tout du pis contre moi, que je serois pourtant ravi qu'il pust elre de quelque utilité pour l'airaire de la Constitution. (Car je me doulay bien que cette affaire de la dernière conséquence etoit sur la Constitution.) J'adjoutay a Mgr le Régent que si ce Religieux avoit elîectivemcnt imaginé quelque expédient qui convinsta la Cour de Rome, et a la France, il meriloit des recompenses, et que je priois S. A. R. de vouloir me dire naturellement, en luy promettant un secret inviolable de ma part, si elle etoit contente des vues de ce Religieux, parce que s'il retonrnoit a Rome avec sa conliance, cet air de faveur donneroit beaucoup de discrédit au procès que j'ay a la Congrégation des Eveques et Réguliers.
S. A. R. me repondit que ce Religieux etoit venu de son propre mouvement, qu'il luy avoit dit que M"" le Card' Sacripanli qui avoit beaucoup de crédit auprès de Sa St<^* luy avoit dit d'apporter des expédients d'accommodement qu'il avoit cru être dénature a ne pas être envoyez par écrit; qu'elle l'avoit entretenu, luy avoit fait donner de l'argent par M. Couturier pour son retour, parce qu'il n'avoit pas un sol, qu'elle ne luy avoit donné aucune réponse par écrit, mais qu'elle vous avoit mandé le tout pour en faire usage selon ce que V. E. le jugcroit à propos.
Je lis remarquer a Mgr le Régent qu'il n'etoit pas prudent a ce moine de débiter le sujet de son voyage, surtout ayant dit a Rome que le Supérieur de la Reforme le rapelloit a Paris, et le même Supérieur m'etant venu dire qu'il l'avoit rapellé a cause de toutes les calonmies dont il m'avoit noirci auprès de Sa S^^ même, et ailleurs ; et qu'ainsi quoique je souhaitasse ardemment la paix de l'Eglise, il n'y avoit point d'apparence (pi'elle se lit par l'entremise de ce Religieux, que V. E. connusl pour un impertinent dez la première fois qu'il luy fust faire la Révérence, comme elle l'a dit depuis a M. l'abbé de Monligny chez qui il loge.
Mgr le Régent me dit que quelque événement qu'eust la negotiation de ce moine son intention n'etoit pas que vous luy accordassiez votre protection contre moi, et que je pouvois avoir l'honneur de vous marquer qu'il souhaittoit que vous me l'accordassiez toute entière comme il vous l'avoit fait mander l'année passée par M"" le Mar"' d'iluxelles, et qu'il se souvcnoit fort bien que ce moine avoit surpris par le canal de M''le card' de Noailles une première lettre de recommandation pour vous, quand il partit pour aller a Rome.