UX PROCUREUR GÉNÉRAL DE CLUNY
Je suppose qu'il y ait des raisons d'Etat cachées dans l'afFaire de la Constitution et je dis quelles seront bien considérables si M"" le Card. Dat. ne les fait pas céder a ses interest particuliers, en ce cas on scait les remèdes quil faut aporter.
Les Bulles sont dune si grande conséquence dans l'affaire présente quelles entraîneront nécessairement ou une explication ou une acceptation du corps de doctrine, leur expédition dépend absolument de ce cardinal. M"^ le card. de la Tremouille ne doit pas ometre de les demander '.
Voyla Monsieur ma pensée sur letat presant de l'affaire de la Constitution. La démarche que doit faire M. le Card. de la Tremouille me paroit bien fondée, et selon les règles les plus asseurées de la politique elle doit avoir tout le bon succès qu'on peut espérer parce quelle sera soutenue sous main dun Card. quil avoit eu jusqua presant pour partie secrète. Il sent la conséquence de la lettre qui luy a été rendue. Une seconde lettre aussi pressente etgratieuse que la première ne pourroit qu'avoir un très bon effet. On ne scauroit prendre trop de précaution envers luy. J'aurois grand soin de la luy remetre en secret si on me fesoit Ihonneur de me ladresser. 11 ne faut pas se formaliser supposé qu'il nait pas encor fait reponce. Ce n'est certainement pas une mauvaise marque. Cest tout ce qui se présente a dire pour cet ordinaire. Jay Ihonneur detre avec plus de respect que je ne scaurais dire, Monsieur,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
DoM Joseph de Peint
Faites sil vous plait M"" que mes lettres soint toujours secrètes. je vous demande encor instemment la continuation de vos bons offices auprès de Son Altesse Royalle en lasseurant dans les occasioRS d'une inviolable fidélité a son service et a ses interest et de mon très profonds et très soumis respects.