XXI. — DU MÊME AU MÊME
Rome ce 12 avril 1718.
Monsieur,
11 ' ny a rien de nouveau, que je sache, touchant les affaires de la constitution. Les uns désespèrent de les voir finies, pour moy, j'en ay bonne esperence ayes sil vous plait la bonté de faire faire attention a mes deux dernières lettres.
Si on eut heurté a la bonne porte pendant cet hiver on auroit selon toutte aparencc obtenu les bulles qui valent un accommodement puisquelles y conduisent nécessairement. Mais on s'est contenté de s'adresser au pape, et on a éprouvé ce que je scay du meilleur endroit, et que jay eu Ihonneur de dire a S. A. R. que quant le pape prometroit cent fois une chose, si M. le Gard. Dataire luy disoit une seule fois de ne pas la faire, il ny auroit jamais rien de fait.
Si la lettre dont javois Ihonneur detre le porteur eut ete rendue pendant le cour de cette negotiation, elle auroit fait merveille, mais il ma été impossible de la rendre avant le 16 mars ainsi que jeus l'honneur de vous le marquer par ma lettre du 22 et les promesses du pape étoint retirées depuis le 14*. Ges circonstences seront peut être un jour nécessaires pour ma justification .
Gette Gour est un peu afligée, les impériaux ayant osté a plusieurs Gardinaux, prélats, et ecclésiastiques, les moyens de subsister, en leur arrcstant les pensions que le pape leur avoit cy devant donné sur les bénéfices du royaume de Naplcs.
On m'a asseuré que le card. Fabroni qui n'est pas fort a son aise a perdu la une partie de son revenu.
Quelques offres secrètes et j^enereuses de service ne seroint peut être pas refusées en cette occasion. Ge card. est l'autheur de la constitution il a grand interest de la soutenir d'autant quil est un des quatre commissaires, mais il a plus grand interest davoir de quoy subsister.
1. Cf. Journal de l'Abbé Dorsanne, p. 894 ; Lafiteau, ouvr. cit., p. 54.