UN PROCUREUR GÉNÉRAL DE GLUNY
l'arrester. A force de le soigner, et par le grand soin que M"^ de Montigny procureur gênerai des missions estrangeres, qui s'est trouvé logé dans la mesme maison, a pris de lui, et la charité avec laquelle il l'a gouverné, sa fureur a cessé, et il s'est trouvé un peu mieux ; mais son esprit n'estant point remis, ses amis, et les gens les plus sages, après avoir consulté les médecins, ont jugé qu'il convenoit qu'il allât en France prendre son air natal, et le mesme M"^ de Montigny, avec le Procureur gênerai de S*-Maur, et autres personnes charitables, l'ont conduit a Givita Vecchia, pour le faire embarquer sur un bastiment françois^ avec des personnes sages, qui auront soin de lui pendant sa route.
Dès le lendemain. M, de La Chausse pouvait écrire : « Le P. Du Peint ' Procureur gênerai de Cluny est parti pour Givitavecche, ou j'ay écrit pour son embarquement suivant les instances qui m'en ont été faites. On prétend que le changement d'air pourra luy être util, et même nécessaire . »
Nous ne savons pas ce que devint l'infortuné négociateur à sa rentrée en France. Le registre matricule de Tétroite observance de Gluny mentionne seulement : Abiit ad laxiora et obiit^. Aller ad laxiora, pour les moines réformés du xviii* siècle, c'était le plus souvent se retirer dans un monastère des Anciens Bénédictins, qui ne formaient pas une congrégation, et vivaient sous la juridiction des évêques. Aussi bien le moine dont nous venons de publier la correspondance n'appartient-il à l'histoire — de façon bien faible et purement épisodique — que par l'essai de négociation que nous avons raconté.