Aff, étr., Corr. Rome, Supplément, t. i3, fol
UN PROCURETTR fiKXKRAL DE CLUPH' 55
colique a pris quelques affaires si fort a cœur, que l'esprit luy en avoit tourné, cela m'a donné des peines infinies, estant toujours dans la crainte qu'il ne se lit du mal ou qu'il n'en fit aux autres; j'espère que dans peu il sera rétabli, mais le meilleur parti qu'il [)Ourroit prendre, seroit de retourner en France prendre l'air natal... »
M. Gonty, prêtre de la Mission, écrivait au même :
«... Je ne sçay\ Monsieur, si vous aves eu occasion de voir un religieux de Gluny nommé Dom depin qui t'aisoit icy l'office de procureur "énéral de Gluny, et qui l'hiver dernier repassa en France où il eut l'bonneur de voir Mgr le Duc Régent et M. l'Abbé de S^-Albin comme ayant contribué à lui faire avoir la coadjutoreric du prieuré de S^-Martin-des-Gbams. Ce Rel* étant retourné icy plaidoit contre M. l'abbé d'Auvergne, et dans le tems que son affaire étoit prête d'être jugée, il est tombé en démence. Il demeuroit chez M. l'Abbé de Montigny, et peu s'en est fallu qu'il ne l'ait tué la nuit où l'accident le prit, parce qu'étant entré chez ce Religieux qi^i étoit en furie et qui faisoit des cris horribles, s imaginant être entouré de gens qui le vouloient assasiner. ilsejettasur lui, mais le promt secours le délivra de ce danger. Quoique ce Religieux ne soit pas guéri, et qu'il ait encore des momens qui sont fort à craindre, on n'a pas Iiiissé que de prendre le parti de le faire repasser en France bien accompagné, parce que les chaleurs pourroient augmenter son mal, et qu'il sera plus convenable qu'il soit entre les mains de ses confrères qui auront un soin particulier de sa personne. Après demain on le conduira à Givita Vecchia où on l'embarquera... »
Le cardinal de La Trémoille faisait, lui aussi, part de cette nouvelle au maréchal d'Huxelles dans sa lettre du ^4 mai :
«11 - est arrivé un accident fâcheux au Religieux de l'ordre de Gluny, dont il est fait mention dans vostre depesche. 11 a perdu l'esprit, et a commencé par donner dans une fureur excessive, qui a pensé estre funeste a ceux qui se mirent en devoir de
I. AIT. étr., Corr. Rome, Supplément, t. i3, fol. ia3. a. Id., Corr. Rome, t. 586, fol. i4a.