CONCLUSION
Au sujet de mon invention, on ne manquera pas d'objecter : c'est de la présomption de vouloir compléter ou corriger le violon, ou les anciens maîtres qui en ont réalisé la merveilleuse conception, et qui, depuis leur mort, sont devenus pour le monde artistique des espèces de demi-dieux, auxquels il n"est pas permis ni de toucher ni de ressembler.
C'est vrai, j'en conviens, c'est tout à fait cela. — Mais, y pense-t'on! le support harmonique! une âme oblique! mais celte innovation, c'est une illusion, une utopie! Quoi encore? mais c'est une absurdité! — Vous avez raison, je me le suis dit avant tout le monde, je me le suis répété sur tous les tons, avant de paraître en public, devant mes juges.
J'ai pensé à cette audace, à celle extravagance comme cet aimable sénateur, le marquis de Boissy, qui pensait à son empereur Napoléon IIÏ chaque jour, et quelquefois la nuit, quand il ne dormait pas. — J'ai fait mieux que cela, j'en ai même rêvé Et toujours le fait est resté là, impertinent, vainqueur, qui a fini par me convertir, me pousser, et tambour battant me forcer de marcher de l'avant.
PAR N. R. fîIMOUTRE A RALE 71
Je dirai donc au public, ne me croyez pas sur parole ; c'est peut-être un diable qui me pousse, une obstination de Tamour- propre, qui malgré tout, comme Christophe Colomb, veut trouver un nouveau continent. Mais, voyez, essayez, jugez et dites, si oui ou non, j'ai trouvé mon Amérique, ou poursuivi un vain fantôme. —
Jusqu'à présent, je n'ai pas soumis mon invention à des sociétés savantes, etc., cela coûte du temps et de l'argent; ensuite j'avais à prendre des brevets, et j'étais tenu au secret. Une fois déjà une invention, faite par moi, a enrichi ceux à qui je l'avais confiée.
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