Livre IV, chapitre premier
terre que par les extrémités les plus éloignées ; il ne la voit que de loin, et semble la dédaig-ner. » L'idée de Herder n'était donc pas neuve ; ce qui était neuf, ce sont les conséquences qu'il en tire. De l'attitude de l'homme dérivent toutes ses prérogatives : sa main artistique, la langue expression de sa pensée, enfin sa liberté, qui lui permet de s'affranchir du besoin matériel. C'est même grâce au port élevé de sa tête que l'homme peut vivre sous tous les climats.
L'ensemble des facultés de l'homme constitue l'humanité au sens intellectuel; leur développement, o^^^iT Humanisme^ qui est la grande tâche des sociétés civilisées. L'Humanisme, ce mot résume toute la pensée de Herder ; c'est à la fois la poésie, l'art, la science, la reJigion. C'est un vague idéal, qui embrasse trop de choses pour être exactement défini. L'homme, dit Herder, n'a pas de mot plus auguste pour exprimer sa destination que celui qui sert à le désigner lui-même.