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Un publiciste du XVIme siècle: Juste-Lipse

^^^^^^ o u R QJLJ o I avons-nous pris pour sujet "44^ d étude le XX) P siècle, ei, dans ce siècle ■tT'Cîi^^ si fécond en gloires, un simple érudit, alors fameux, aujourd'hui presque oublié, le Flamand Juste-Lipse?

Un mot £ explication.

U^us avons choisi le XVP siècle, parce que, des trois derniers, cest le moins connu dans son

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ensemble, bien quil ouvre fère moderne, le plus original peut-être, à coup sûr celui qui a nos préférences .

Tarler de la ^Renaissance et de la T{éforme est chose facile ; en parler en connaissance de cause, marquer avec précision les signes qui les distinguent , ï esprit et la tendance qui les animent, leurs résultats définitifs, Fest beaucoup moins. Il y faut du loisir, de ï attention, une lecture immense ; il fuit pour cela aborder résolument les gros in-folios latins , où, sous une forme scholastique encore, se cache et se dérobe, à fétat d embryon, plus dune idée que nous croyons nouvelle. Lire Calvin , T{jbelais et zMontaigne, pour ne parler que des chefs défile, les comprendre même dans leurs réticences et leurs sous-entendus, cest beaucoup sans doute; ce nest pas asse^. Ce sont les porte-voix du mouvement littéraire et philosophique, les maîtres de la pensée avec Luther; ils nen sont pas les seuls ouvriers ; bien s en faut. c4 côté, au-dessous deux travaille et combat une phalange de modestes, de généreux et nobles cœurs, qui les secondent de leurs écrits^ de leur inébranlable foi, et dont nous savons à

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peine les noms. zAToîns culminants , moins olympiens, ils ont vu, observe', pratique à leur manière , Je plus près quelquefois , la révolution s' accomplissant dans les méthodes, dans renseignement, dans la marche générale de f esprit humain. Érudition, philosophie, religion, politique, voire même sociologie, ils ont tout embrassé, sinon tout étreint. Leur audace na d égal que leur dévouement. Quelle que soit leur école, quel que soit leur parti fet ils en ont tous un : car ce sont tous gens de croyance sincère, profonde, des enthousiastes et des fanatiques dans la bonne acception du terme), ils tournent tous plus ou moins le dos au éMoyen-oAge, à la sottise officielle, la scholastique, l envers de la nature, f y.iT:-yj-:; de T^belais. o4 des degrés divers, ils regardent tous en avant, dans la science, dans fart, dans la religion. Quel est leur point d'appui.^ le libre examen. Leur outil ? la raison émancipée, sécularisée, qui scrute, sonde tout, même [insondable. Catholiques, ils rajeunissent la tradition, r épurent, lui donnent un regain d éclat et de Justice fils [essaient tout au moinsj, et lui consacrent un labeur immense, que nous ne comprenons plus.

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Troiestanis, ils se vouent corps et âme à leur chimère ^ travaillent et luttent sans trêve, sacrifient tout, biens, patrie, vie même à Tidéal quils ont rêvé.

Qu est-il resté (ïeux? à peine un souvenir. On révère le nom des Es tienne, par exemple, leurs œuvres colossales, leurs beaux lexiques. Grec et Latin, si complets, qiion na pas surpassés. Se doute-t-on de ce qiiil y a d ardeur, d'énergie sainte dans cette famille ^imprimeurs, dans ces âmes traquées, persécutées, expatriées, finissant parfois dans tabandon et findigence, comme Henri Estienne mort à f hôpital de Lyon ! Qui a parlé dignement de nos juristes, les Cujas, les François Hotman, les Tierre Tithou, les de Thou, ces premiers pères et non les moindres de nos libertés^ Qui les a mis en complète lumière^ [N^us ne citons ici que la France; que serait-ce, si nous passions à l étranger! Qui cannait, autrement que par oui-dire, 'Heuchlin, prédécesseur et contemporain de Luther, qui protégea, sauva les livres Juifs, enseigna ÎHébreu à T Occident? qui connaissait, avant Victor Chaufour, son compatriote Ulrich de Hutten , f éternel étudiant, le chevalier du 1{hin, qui servit de son

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rirej de sa plume et de son épce les dogmes nouveaux? Qui connaissait, avant le beau travail de Quinet, zMarnix de Sainte-cAldegonde et son ami Dousa, guerriers, écrivains, diplomates, qui ont fondé la liberté de la Hollande ? On cite quelquefois Érasme pour son Eloge de la Folie 5 on le dit précurseur de Uoltaire; on regarde comme un chefd'œuvre d'Holbein son Tortrait du Louvre; qui le lit? C^ous ne parlons pas, cela va de soi, de quelques esprits rares qui pratiquent ces grandes figures du passé et les contemplent encore. zAîais le public, celui même des lettrés, que sait-il sur leur compte? Fort peu de chose. Et [histoire de ce siècle, si rempli, si curieux à tant de titres, est-elle définitive et close? Un ou deux de nos historiens français ont vu clair dans la lutte de Charlequint contre François P^, de la maison d'cAuiriche contre la France; lutte gigantesque qui ouvre deux cents ans de guerre fij'2i-j/iyJ,dont les premiers acteurs, on est forcé de le confesser aujourd'hui, sont petits au fond, surfaits, mesquins, quand on les considère de la coulisse, dans le déshabillé. Les autres historiens sont fragmentaires, incomplets dans la

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peiniure générale. Laissant de côté Fart, admirable de finesse et délan, peiniure, sculpture, architecture, qui ne sont ni de notre ressort, ni de notre compétence, nous sommes donc fondé à dire que des trois derniers siècles le XVI^est le moins connu, le moins exploré.

Cest pourtant, à nos yeux, le plus attrayant, le plus original des trois.

Tfoii est-il parti' Du vide, du néant ou à peu près. <A nen pas douter, le cMoyen-cAge, du XII^ au XV^ siècle^ a eu ses héros, quil y aurait injustice à méconnaître, cAbailard, 'Rpger 'Bacon, Dante. Chacun à sa manière, ces trois martyrs ont beaucoup fait pour T esprit humain, en philosophie , dans la science, dans la religion et dans la poésie. zMais leurs efforts sont restés vains : les ténèbres étaient trop épaisses, le sommeil trop voisin de la mort. c4bailard a réagi contre la S cholastique par le cœur, par le bon sens, par t éloquence ; il s y est brisé, ne laissant après lui qu'une légende. L Ecossais %ogcr 'Bacon, simple moine, vaste génie, a devancé, deviné par ï observation la science moderne, s'il ne la pas créée ; cest le précurseur , le messie des temps

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nouveaux ; il lia échappé au bûcher que par la mort à un âge avancé et grâce à la protection du pape, dont il était le médecin. Dante , le grand Florentin, quoique disciple fidèle de saint Thomas dans sa Divine Comédie, est mort en exil, réduit à monter Vescalier d'autrui, à mendier le pain de f étranger, pour avoir tenté le réveil de l Italie par la langue, par ridée de patrie, pour avoir été Gibelin, c est-àdire ennemi de T{ome qui ri a jamais voulu de t unité Italienne. cA part saint Thomas, IcAnge de f Ecole, le grand docteur catholique dont il ne faut pas faire a ; à part Gerson, le recteur de ï université de Taris, sympathique figure parmi nos Gallicans du XZ)^ siècle, quel est le dominateur, le maître écouté du zMoyencAge' Un Ecossais encore comme %oger 'Bacon, mais combien différent':! TDuns Scott, lÉrigène, un disputeur perpétuel, gonflé de vent, d arguments ineptes. Tourquoi ce règne exclusif de la Scholastique pendant trois ou quatre cents ans? Cest que la Scholastique était un éteignoir commode aux mains des rois et des pontifes, une machine à verbiage excellente pour étouffer toute idée, toute nouveauté, toute velléité d indépendance ; les rois et les pontifes,

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occupés à la concennaiion de leurs pouvoirs respectifs, avaient un égal intérêt au silence universel, à ï immobilité , au Consummatum est que f Église avait prononcé. La liberté n étant plus un besoin, les communes tombèrent tune après l autre et les franchises des églises nationales firent place au bon plaisir, à l omnipotence de la cour T{omaine. cAussi, dans le domaine de la pensée, partout le silence et le désert. En France, où. la langue pourtant s'était dès le X^ siècle séparée du tronc Latin ^ si ïon excepte quelques-uns de nos vieux chroniqueurs, Joinville, Tliilippe de Commines surtout, (admirable annaliste ; si ton excepte rimitation de Jésus-Christ, le chef-d'' œuvre du mysticisme chrétien, mais qui, prêchant le détachement absolu de la terre, tuait la U^ture, empêchait tout pas en avant ; oh est t œuvre du zMoyen- cAge vraiment digne de ce nom ?

cAu XV P siècle, par conséquent, tout est à faire ; c est presque une création ex nihilo.

Trois faits ont prodigieusement aidé au réveil, ont constitué le monde moderne.

Dès la seconde moitié du XV^ siècle fi^^jj, la prise de Constantinople par zMahomct II a refoulé

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vers ï Occident, vers î Italie d'abord, puis vers la France, les restes appauvris de la science antique. Ces Grecs qui fuient devant le cimeterre Turc, ne sont pas des génies, à coup sûr; mais ils ont pour nous ï inappréciable mérite de nous apporter leur langue oubliée ; bagage merveilleux, qui va réveiller le goût, le sens critique, la poésie et fart. Ils nous ont donné, expliqué, commenté le vrai Tlaton, le vrai cAristote, travestis et faussés, jusque-là, par les versions tronquées, infidèles des cArabes et des Juifs d^Espagne. Ce iiest plus loiristote de saint Thomas d'cAquin, de Scott Erigène, de la Scholastique,T cAristote légendaire dont il avait été question de faire un saint; mais IzAristote de la Logique, de la 'RJiétorique , de la éMétaphysique, de f Histoire des cAnimaux et de la Tolitique, le maître incontesté de la science Grecque , qui, avant le Novum Organum, avait enseigné la méthode d observation, la seule féconde. C'était une conquête immense.

T) autre part, quelques années après, tcAmérique découverte ouvre à l'activité humaine des horizons inaperçus, extraordinaires, qui la décuplent. Lor, les richesses du D^uveau-zMonde nen sont que le

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petit côté ; côté dont il faut tenir grand compte cependant au point de vue économique et matériel; car on pouvait, on devait en attendre im soulagement à la misère effroyable de l époque. Ce qui surtout en fit le prix, au XT)P siècle, cest quelle prouva que la Terre ne se bornait pas aux données des Ecritures, aux limites étroites, incomplètes de lc4ntiquité. La science ouvrit les yeux et vit alors que tout était à réviser. Encore un moment et Copernic d'abord, Galilée ensuite vont démontrer, contre la tradition sacrée, ïinanité de ce quon croyait savoir. LÈglise n était donc pas infaillible !

L'imprimerie enfin, ce grand événement des âges nouveaux, à peu près contemporaine de Christophe Colomb, ajoute encore à ce premier essor de la pensée, quelle rend désormais irrésistible. cAvec elle, par elle î ignorance s éclaire, le jour se fait, la liberté s accroît et rend tout recul impossible. Les lettres anciennes, ces mères vénérées de la civilisation Latine qui est la nôtre, enfouies jusque-là dans les monastères, dans les basiliques, trop souvent mutilées ou détruites par les moines fque de trésors anéantis par les palimpsestes, bénis sottement!).

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renaissent, ramènent^ par la diffusion de la presse, f homme à la^T^Lirure, à la réalité, à la vie. Tout à r heure nos humanistes, "R^uchlin, Ulrich de Hutten, en cAllemagne ; Lefebvre dttaples, Turnèbe, le cicéronien SMuret, 'Budé en France; S\farsile Ficin, Tic de la zMirandole, en Italie ; Erasme aux Tajs- "Bas ; Thomas éMorus en cAngletene vont décrasser le Latin corrompu des écoles, du Janotus de %abelais, introduire dans Tenseignemcnt le Grec et rUébreu, malgré les foudres de 'Rptne et de la Sorbonne qui les traitaient cf'inventions du diable j vont nous révéler, pour tout dire, toAnliquité dans son admirable nudité. Le libre-examen, le doute venant à la suite, ïhommc va tout reprendre à nouveau : de là la Renaissance et la T{éforme dont nous sommes les fils trop oublieux, c est-àdire l'art, la science et la raison réconciliés. Ces savants , ces commentateurs , ces légistes , avec le Latin pour seul instrument de propagande, quand ils ne se contentent pas des idiomes nationaux, à l instar de Luther et de Calvin, ne semblent occupés quà restaurer un édifice en ruine ; en réalité ils fondent, avec de vieux matériaux, un monde de jeunesse

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ei de force. zMalgré les rois, malgré les papes surtout, ils quittent, avec plus ou moins d ardeur et de hardiesse, sans s'en douter quelquefois, les ornières du verbiage, du sophisme stérile, et s'engagent réso lûment dans T inconnu. Leur langue est ancienne et leur forme une imitation apparente; leur fond, leurs idées sont neuves et parfois surprenantes de témérité. c4 une condition cependant : cest que nous ayions le courage de percer leur croûte épaisse. La moelle, le pur métal est dessous ; il iiy a qiià le dégager; ce qui trop souvent rebute notre paresse ou notre insuffisance. Trose, éloquence, poésie, tout est fruste ; mais rien ne ressemble à la platitude précédente. Les XUIl^ et XUIIl^ siècles ont une mise plus régulière, plus correcte et plus décente; ils sont plus simples, plus concis, plus dégagés d'allure. Ils ont ce qui manquait à leur devancier, une langue faite, à peu près débarrassée de la gangue originaire; ils ont moins de couleur avec plus de poli. cAu vrai, pour qui les connaît et les compare^ ils n ont fait qu'étendre, assainir et améliorer f héritage du XUI'' siècle : ils sont moins primesautiers. Voilà pourquoi nos études s'adressent de préfé-

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rence à ce siècle novjieur, et s y adresseront encore^ si nous ne restons pas en chemin ! Voilà pourquoi nous ne pouvons pas être indiffèrent à ses conquêtes, à ses souffrances, à ses hommes grands ou petits, catholiques ou protestants, tous marqués plus ou moins du sceau révolutionnaire. C^ous reconnaissons ses faiblesses, ses tâtonnements, ses erreurs, ses crimes même, z^fais nous sommes attiré, captivé par ces natures plantureuses, par ces caractères ardents, forts, tout dune pièce, voués uniquement à leur œuvre de régénération et de Justice. Saluons ces types de la Renaissance, nous ne les reverrons plus.

On ne s étonnera pas, ainsi, que nous ayions pris notre point de départ chei un simple humaniste, che-:^ Juste-Lipse. On s en étonnera d'autant moins que ce 'Belge, ce professeur de Leyde et de Louvain, outre son lourd bagage dérudit, outre ses essais sur le Stoïcisme, si appropriés à une époque de lutte et de tourmente, où, le premier de son temps, il a ressuscité cette philosophie de ïindêpendance et de la force morale, a tenté une excursion sur un terrain qui nous divise encore, sur la politique. Excursion

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timide oii il côtoie le rivage, comme il Tavoue ingénument, cest-à-dire en suivant la tradition autoritaire et monarchique, oii il n''y a guère de place pour cette liberté qui pourtant débordait alors de toutes parts. Uhramontain de tempérament et d'éducation, il ne voit de salut pour les peuples que dans une royauté fortement obéie, quoiqu'il la veuille tempérée, et dans un culte officiel et prépondérant, comme î entendait de zMaistre. zMais il y a fort à glaner dans cette théorie rétrograde, et la critique peut y relever ça et là bien des points intéressants, non encore résolus pour nous. Tar occasion et en réponse à de Justes attaques, il soulève, par exemple, le problème si épineux et si complexe des rapports de l Eglise et de lEtat. Il ne le résout pas à notre point de vue sans doute; mais il nous autorise, et nous ne lui demandions pas autre chose, à le combattre et à exposer ce que nous regardons comme la vérité, l idéal, du moins, oit doit tendre toute société sérieusement démocratique, la séparation des deux Touvoirs. Cest même, disonsle tout de suite, le mobile déterminant de notre élucubration. c4 notre avis, la spéculation, quelque

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dcsinicressce, quelque sereine quelle soit, ne doit pas se renfermer dans la recherche pure : il faut quelle aspire à lacté, à l application, à la pratique. Le rôle du méditatif a beau être modeste, sa place petite dans notre société fiévreuse ; il doit au monde qui ï entoure, il doit à son pays de l aider de ses pensées comme de sa coopération effective. Vart pour lart ici nest plus de mise ; patriote et citoyen, chacun est tenu, dans la mesure de ses forces, de servir et, s il se peut, d éclairer son temps et son milieu. L'étude na de valeur morale et ({intérêt réel quà cette condition.

C^ous allons donc examiner la vie de fvste-Lipse, ses travaux, ses doctrines philosophiques et religieuses; donner un aperçu de ses œuvres d'humaniste, sur lesquelles nous n appuierons pas, bien quelles aient fait sa réputation. CN^ous accorderons plus de place à cette Tolitique, à ces questions sociales quil entame sans les trancher à notre gré, au gré des esprits de plus haut vol qui ont mené son siècle et quil connaissait bien. Il y a profit et curiosité, crovons-nous, obligation même à constater Jusqu'aux erreurs de nos pères ; ne serait-ce que pour

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en préserver noire temps et pour mesurer les progrès effectués. oAinsl comprise, l histoire projette un jour plus juste à la fois et plus vif sur les difficultés où nous nous débattons nous-mêmes et sur les questions qui nous séparent. Tuisse cet essai sur un siècle qui nous est cher, contribuer à faire aimer le nôtre! Ce serait la digne récompense de nos veilles. En attendant, cest pour nous un devoir accompli.

Cannes, 9 mars 1884.

Emile Amiel

Conseiller général de la Côtc-d'Or.

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