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Un Revenant [microforme]

en n l'atée mil huit cent quatre-vingt-quatre, par Rémi Tremblay, au bureau du Ministre de l'Agriculture, à Ottawa.

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Canada mblay,

résidence à plusieurs familles de haut ton, ce qui n'em- Péchait pas la salle en question d’être le rendez-vous des joueurs de la haute gomme. Dans le faubourg Québec, :! On oué appelé cela uu tripot, une maison de jeu et pentêtre quelque chose de Lis, mais dans le quartier aristo- … cratique cela devait nécessairement porter un nom plus respectable, aûssi, deux qui en étaient les hôtes assidus avaiont-ils eu le soin de décorer cette salle da nom de cer0le Saint Fortunat, au grand scandale du Saint en question qui,s'il eut été consulté, n’eut jamais voulu ?—-onsentir À devenir le patron d'un cerôlé ausei vicieux. En effet, bien que la plupart des habitués de ce cercle … fussent des hommes à qui l'en ne pouvait reprocher rien de plus repréhensible que leur malheureuse passion pour le jeu, il comptait aussi dans son sein, comme toutes les associations de ce gente, d'häbiles escrocs, d'autant plus détigetéux qu'ils avaient réussi à se faire uno réputation dé äroitüré aussi bien établie que peu méritée. On y Joueit gros jeu et, tandis que les plus rusés trouvaient - moyèn de se faire des rentes aux dépens des autres, l'existence de cette association avait déjà ruiné plusieurs fortunes, compromis plusieurs maisons de commerce et p:éparé la ohute prochaine d’un grand nombre d’autres. - Tout à coup la porte de cette maison s'ouvrit, Un jeune homme aux traits bouleversée sortit vivement et descendit ls rue Saint Denis. Sa marche, d’abord, vive, se ralentit peu à peu, Arrivé à ls ruo Graig il revint sur les pas jusqu'auprès de la maison qu'il venait de quitter après avoir hésité quelques instants, tedésçéndit la

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des ‘ ec, Âa. :deols rue Durehester un homme de police & | ut- tenait immobile sous un reverbère, Il avait remarqué | to= les allées et venues du jeune homme et se demandait | lus quel plaisir ee dernier pouvait trouver à battre‘le trottoir À us par un temps pareil, L'inconnu, prévoyant que le gar- ! di de dien de la paix lui demanderait raison de son vagabonæ |} à on dage nocturne, résolut d'aller au devant d’une explication. lu Il aborda l'homme de police et lui demanda le chemin X de la rue des Commissaires, puis ils’éloigna dans la direcle tion indiquée, en En examinant ses traits à la lueur tremblotante du UE reverbère suivant, on eut pu deviner qu'il venait de Les nl prendre une résolution aussi énergique que subite. Il us DE accélésa sa marche ; des mots entrecoupés de sanglota 36 Fe 4 s’échappaient de sa poitrine lorsqu'il descendit entre 4 ni 24 l'église et le marché Bonsecours. Sans 8e soucier de la ne | jme boue, il traversa l’espace qui sépare les quais du mur 8, à Le de revêtement, courut à l'extrémité de l’une des jetées, rs À na où il s'arrêta et parut hésiter un ‘instant, puis prenant LU D | Me résolution suprême il fit un signe de croix. ce À — Adieu Louise! s'égris-t:i n il NE © 2 Et ile précipita dans les flots, ‘19 et À I Au bruit du corps tombant dans l’eau un autre ori se \ | À avait répondu. Ni ar EN 0° Hé! les jeunes, venez m'aider, il y a un tin qui. er | | RE se noie, avait crié une voix sonore et un homme de taille a LUN athlétique avait plongé dans le fleuve.

À A bis Une ehaloupe montée par deux rameurs et munie d'un

V fanal était bientôt sut la soène et le brave canotier, me El avoir plouxé et replongé deux Ga Mie fo ii

sucoès, reparut enfin nageant vigoureusement et soutenant à la satface un eorps inanimé, qu'on s'empressa de hisser dans la chaloupe.

Le sauveteur regagna la berge à la nage,

IT—L£on Dunoc!

Quel était done ce jeune homme que le brave bateller

svenait d'arrucher à la mort? Comment lui, croyant,. (le

signe de croix qu'il avait fait en se jetant à l’eau attestait sa foi), en était-il arrivé à chercher dans le suicide un refuge contre les rigueurs du sort! Pourquoi, à l’âge où tout sourit, où l'avenir semble se présenter chargé de ces promesses brillantes auxquelles la jeune génération persiste à croire en dépit de l'expérience de ceux qui ont

vécu, venait-il ensevèlir avec sa vis, dans les flots du Saint . Laurent, tous les rêves dorés qu’il avait dû faire, toutes

les espérances de son cœur d'adolescents C'est que depuis trois jours, il avait vu s'écrouler, comme un châtean de cartes, tout l'échafaudage du bonheur qu'il avait rêvé. C’est que le doux songe auquel il s'était livré venait de disparaître pour faire place à la poignante

| réalité, C’est que de tous les beaux projéts ‘qu'il avait

faits, il ne lui restait plus que la perspective de vivre flétri et déshonoré, Orphelin à l’âge de d:1: ans, Léon Duroo avait dû prendre, en compagnie d’un oncle qui l'avait recueilli, la. route des manufactures améric.ines, Pendant trois ans il avait vécu avec ses jeunes cousins et ges cousines,

partageant leurs repas et leurs travaux, Sa mère jui

avait procuré une bonne instruction élémentaire à l’école

du village: à douze ans il”aavait V'oxthoorenh

21 9% tes Enr - à N Gu ES) ; de : — ne:

syntaxe co qui, bien À son une {nc d'avocats, d'écri Îl avait lu lo Miroir des À Les quatre fins de truction de la Jeunesse. à part ses livres de ‘lasse bien entendu, T cœur, une bopne partie du Cant de la Lyre-Sainte et du

aux,

Malgré son érudition, ou peut-être à cause de son érudition, Téon ne prenait que peu de goût aux travaux de la fabrique. Grâce à son caractà bientôt appris à lire et à écrire 1

lorsque son oncle le trois ans après, il ) facilité, Joli garà l'air distingué,

Village qui, ne se contentant pas du nom de Ville, avait demancé et obtenu 16 nom de Cite, Population de 6000 âmes, deux jour- Dax et un grand nombre d’auberges,

fait de sa nouvelle besogne.

ques, honnête et dévoué, il sut s0n patron, M, Latour, qui le … nourrissait, le logcait et lui dopnait en Outre un modique salaire.

“M. Latour était un homme rangé, économe, de mœurs … gilles, vonsscrant Aux jouissances 42 Sojs los fares

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UN REVENANT Instants que lui laissait le. soin de ses aiaires. Esclave

absolu des volontés de Mme Latour, une charmante femme, mais qni avait une tête à elle avec la manière de s’en servir, le digre marchand n'aurait voulu pour rien au monde se permettre d’avoir une opinion-contraire à celle de sa meilleure moitié, C'était un ms:chand à l'sise, Elle avait voulu qu'il devint riche: Il était devenu riche en deux ans, grâcec à quelques spéculstions heureuses, Elie lui aurait commandé d’avoir de l'esprit qu’à la grande surprise de ceux qui le connaissaient, il eût été de force à lui obéir, C'était se seconde femme, et 11 en était coiffé, disait-on, Un peu trop, ajoutaient les mauvaises langues,

Madame-Latour était une jolie brune, encore jeune, Tomanesque par affectation, coquette par vanité et ambi. tieuse par conviction, Elle n’était pas méchante. Hlle était tout simplement étourdie. Les épreuves et le tra vail en eussent peut-être fait uno imme de cœur. L'alsance et la lecture des ro11ans en avaient fait une poupée surmontée d’une tête de linoti, Son sent{mantalisme .de commande s’accomodait assez mal du tempérament un peu pratique d'un mari qui avait le tort de l'adorer à la bonne franquette, Dans le terre à,terre habituel de s6a occupations mercavtiles, M. Latour ne songeait pas le moise du monde à monter à chevs] sur un nuage pour y suivre l'imagination de sa fomme, -oyageant à la recherche d’un idéal imposstble. Tandis que madame étudiait ses sourires, inventait des œillades Provocatrices,. et se livrait constamment à la chasse aux compliments auprès des godelureaux de sa connaissance, le chef de a. maison

trouvait moyen de la faire vivre en grande dame, tout en arrondissant la dot qu’il destinait à sa fille Louise, issue dé son premier mariage.

À l'époque où Léon Duroo, à peine âgé de quinze ans, était entré au service de M. Latour, {a petite Louise avait treize ans et terminait ses études au couvent de l'endroit. O’était une belle enfant, que la perto de sa mère avait rendue beaucoup plus sérieuse qu'on ne l’est ordinairement à son âge. Elle avait beaucoup de talents et excellait das tous les arts et les sciences enseignés dans l'institution où elle passait dix mois de l’année, ne faisant à la maison paternelle que de rares et courtes apparitions en dehors des vacances. Depuis la mort de sa mère qu'elle avait beaucoup aimée, elle ävait reporté sur son père tous les trésors d'affection de sa nature aimante.

Inutile d'ajouter que M. Latour le lui rendait bien, Elle lui rappelait trait pour trait la compagne avec laquelle il avait goûté un bonheur qu’il n’osait comparer à celui que lui procurait-actuellement Mme Latour No 2. Il aimait à se rappeler ces dix années de gêne, de lutte contre la pauvreté, lutte dont il était sorti victorieux, grâce au concours actif, énergique et déyoué de sa vaillante compagne.

Au moment où cette dernière aurait pu commencer à

jouir de oette aisance conquise au prix de tant de CITE fices et de tant de travaux, la mort était venue l'enlever à l'affection de son époux et de sa jeune enfant, Et maintenant, une autre se prélassait sur ces beaux meubles dont chaque partie représentait le fruit des privations de cette

UN REVEN ANT

femme dévoué, une autre qui n'avait Jamais rien fait Pour mériter de se Feposer, Ainsi va Je monde, Sic vos, non vobis, ete,

Le première femme de M. Latour l'avait Connu jeune 66 ‘avait ajmé, Elle s'était dévonée à lui, lui avait aidé à franchir les premières étapes, toujorvs leg plus fatigantes de cette ronte difficile qui a fortune. Ya seconde l'avait épousé Parcequ'’

beanooup la plus aimé la mère

rce d'amabilités,

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