UN REVENANT NN
—Lui ! Allons done, Vet arb est pou connu même des personnes instruites, et M.
Grippard sait à peine lire et écrire,
—À quand notre première expérience ?
—À demain soir, J'irai à l'hôtel et gi je rencontre Grippard, je le quitterai sous un prétexte quelconque et nous irons opérer dans sa chambre en son absence pour
nous faire la main, Surtout Pas un mot de cela à qui que ce soit,
—Tranquilise-toi, et ne dis plus à personne que j'ai hérité de l'habillement de Duroc.
Et les deux conspirsteurs se quittèrent pour retourner
AXXII—LA FANTASNAGOBIE A L'EPREUVE, L£
—As-tu de ia glace? demanda Bohémier, le lendemain soir, dès qu’il se vit seul avec Brindamour.
—Ou peut en trouver. En faut-il beaucoup ? |
+—Deux ou ttois morceaux gros comme le poing. |
Brindamour sortit et revint bientôt apportant la glace demandée.
—Voïei du potassium dit Bohémier en exhibant quel. 1 ques morceaux d’une substance métallique d’un blanc are VA gentin contenue dans un papier, Jo vais mettre le feu à FE la glace,
—Tu es fou?
—Nullement, et je le prouve, Il avait dévosé par terre l'un des morceaux de glace sur lequel il laissa tomber un morceau de potassium qui commença à brûler en lançant des jets de flamme rougcâtre, Le métal brûla un trou à travers la glace et e’éteignit ÿ lorsqu'il fat réduit en potasse.
—Le tour est fait, dit Bohémier, fl nous reste un morceau de glace troué et un peu d'oxyde de potassium, de la potasse, si tu l’aimes mieux, C'est le père Grip. pard qui va en faire un nez | —Tout cela est magnifique, mais je ne vois pas com. ment nous allons nous y prendre pour aller mettre ta po: E | tasse sur ia glace saus que Grippard s'en sperçoive, Ÿ
UVE,
sondemain
ing t la glace
ant quel blanc ar.
lo feu à
dé glace ium qui ime xou-
s'étoiguit
réste un otassium, ro Grip-
A8 COM re (a pos iver
—D'abord, ce n'est pas de la potasse, il ne devient potasse qu'après avoir brulé, — Alors c'est de la potage crue,
— C'est toi qui es cru, et tu le seras éoujours, parce que tu es un dûr à cuire, , Mais j'ai prévu la difficulté que tu signales. Je taille un morceau de glace de façon à ce qu’il y ait sur une partie de sa surface, une pente plus ou moins douce se terminant par une arête. Je couvre cette pente d’un morceau de papier et je laisse l’arête à au, Le potassium glisse petit à petit, de façon à laisser s'écouler un temps plus ou moins long avant lignition qui ne peut avoir lieu qu’au moment où le métal touche à l'arête. Justement, voici un morceau de glace qui me paraît réunir ces conditions. Esayons-le.
Ou enveloppa le morceau de glace, en ayant soîn de couvrir l'arête pour ne pas détruire inutilement le potassium, qui mit juste cinq minutes à glisser du sommet de l’arête,
Maintenant, je descends tenir compagnie à M. Grippard, et je vais lentretenir d'histoires de revenants. Lorsqu'il sera prêt à se coucher, je ferai venir uue tour née, Ce sera le signal, Tu nous serviras et tu monteras immédiatement pour disposer le tout dans sa chambre. Envelopve bien le potassium. As-tu un endroit d'où pous puissions l'observer sans être vus 9
—Æ£n hiver, un tuyau de poêle passe de la chambre volsius, qui est inoccupée, dans sa chambre à coucher, de sorte qu'il y a dans la cloison à une hauteur de sept à huit pieds, un trou de la grosseur du tuyau, lequel
Fes #86 MASeSsnt DOUCDC par une plaque on Érbiaue
Je vais enlever cette plaque et apporter un escabeau - dr. haut duquel il nous sera facile de juger de l'effet,
—V'est cela, maïs il ne faudra pas avoir de lumière
dans cette chambre afin d'éviter d’éveiller ses soupçons,
Ce programme fut exécuté de point en point, Vers
minuit, Grippard monta dans sa chambre, après avoir bu un dernier verre avec Bohémier et d’autres compagnons, Il se déshabilla à la hâte, s’agenouilla pendant quelques instants, plutôt par habitude que par dévotion, éteignit sa lampe et se mit au lit.
Il était sur le point de s'endormir, sur le tapis, au milieu de sa chambre, une espèce de tison qui lançait des flamméches tougeâtres, éclairant À demi la profonde obscurité qui, l’instant d’auparavant, régnait dans l'appartement, Sa Première idée fut de crier au fou, Il se leva sur son sant, so frotta les yeux et dé- Couvrit à son grand effroi que ce n'était pas le plancher qui brûlait.
Il entfovoyait, à trave mêches , un corps luisa la flamme ge réflétait,
lorsqu'il aperçut
plus encore par le Spectacle inattendu qui s’offrait à regard effaré, lui fais turelle dans le phénomène qui frappait sa vue. Un frisson d'horreur Parcourut ses membres, T1 auait voulu se persuader qu'il était sous l'empire d’un mauvais rêve, mais il se sentait bien éveillé et ce foyer lumineux était toujours là, comme pour le narguer. It ft un grand signe de croix, Le feu brôleit 4ut
FAURE LOUjQUIR
beau dr:
LA
lumière oupçons It, Vers avoir bu DAgNOoNS, juelques éteignit
aperçut de tison à demi régnait rier au et délaucher
3s flam.
lequel par les lit, et à son Surna:
[1 aud’un | foyer NE à joùrs,
Alors il sauta à bas du lit, et poussa un or, Au même instant, un grand bruit comme celui d’un corps lourd tombant du plafond, se fit entendre dans la salle voisine, et le feu s’éteignit, Grippard alluma sa lampe. Il regarda à l'endroit où il avait vu le feu, et trouva un morceau de glace auquel il n’osa toucher, s'imaginant que le diable seul avait pu changer en glaçon un tison enflam mé.
Brindamour et Bohémier ne s’attendaient pas au cri lancé par Grippard. Ce fut Brindamour qui eut la présence d'esprit de sauter à terre avec bruit pour l’effrayer d'avantage, Il remonta aussitôt sur l’escabeau, tendit ls plaque de ferblanc à Bohémier et lui dit à voix basse
—Prends cela et bouche le trou. Reste ici et ne fais pas de bruit, Je vais aller lui demander de ses nouvelles,
Puis, il était allé résolument frapper à la porte de Grippard.
— Entrez, lui- dit ce dernier,
—Hot-ce vous M. Grippard qui avez crié? Etes vous malade ? Que puis-je faire pour vous ?
—(Ce n’est rien, dit Grippard. Je rêvais. Vous n'avez pas entendu autre chose à part le cri que j'ai lancé! J ai cru entendre le bruit d’une chute.
—Moi, je vous ai entendu crior, et c’est tout ce que j'ai entendu.
Qu'est-ce que cela? dit Grippard en foiguant la gurprise et en regardant le glaçon.
Led à L | 1, me 1 LL ?
VE MOIVGuU GG Hia0G, Uiv DIIHURIMUUT $ GPU
qui l'aura échappé, au lieu de le mettre dans votre eau. Je vais le jeter et vous en apporter un autre morceau.
— C'est bon, jette le, mais n’en apporte pas d'autre. Si ça ne te dérange pas, reviens ici; tu coucheras avec moi. Jene suis pas bien, Monte nous deux verres de 50Znac. k
— Je reviens à l'instant, dit Brindamour en sortant et en emportant le fameux morceau de glace qui, bien que troué, pouvait encore servir,
Une fois sorti,il fit semblant de s'éloigner en marchant pesamment, puis il revint à pas de loup trouver Bohémier.
—To voilà pris pour passer la nuit avec Grippard, lui dit ce dernier, mais tu t'en fiches pas mal. Vous allez boire, vous autres, Dis donc, tu pourrais bien apporter un troisième verre de cognac, Grippard n’a pas l'habitu de de compter lorsqu'il règle sa dépense.
Je verrai à ce que tu sois abreuvé. Toi, reste ici et sols bien sage. J'ai le morceau de glace ! Il est encore bou. As-tu encore du potassium ? =
— Voici le papier contenant le métal. Puisque tu vas t'installer dans sa chambre pour la nuit, il te sera facile de recommmencer l'expérience. Moi, je vais rester ici pour jouir du spectacle, Quand vous aurez fini avec le Potassium, je vous enverrai une série de diablotins par le trou de la serrure, J'ai ici tout ce qu'il me faut pour ‘cela.
—Mais, c'est magnifique t Nous allons avoir un fun bleu. Je me hâte d'aller chercher de quoi humecter la luette à ce cher M. Grippard.
Brindamour descendit, puis revint au bout de quelques
FT AM SRR au
Wu: f instants, portant le plateau contenant les trois verres, Bo-
eat. / bêmier prit son verre et ‘entra dans sa cachette après