X LV UNE PREMIÈRE LEÇON D'ÉQUITATION
L'armée commandée par le général Burbridge était composée d'excellents cavaliers recrutés dans l'Ohio, l’Indians, l'Illinois et principalement dans le Kentucky, tous robustes campagnards accoutumés à la vie des champs. Il n’y avait guère d'étrangers parmi eux, ot Eugène n'eut jamais l’occasion d’en rencontrer un seul qui fat n6 en dehors des Etats do l'ouest. Lors de leur arrivée à l’armée, ces gens-là, qui n'avaient jamais pris de leçons d'équitation mais qui montaient À cheval depuis leur bas âge, se tenaient beaucoup mieux en selle que les trois quarts des petits crevés qui se pavanent avec leur bôte, l’une portant l’autre, dans les rues de nos villes,
Sous le spécieux prétexte qu'ils montent à l'anglaise, combien de nos élégants ont la rage d'afficher leur maladresse en public. Voyez les, le monocle à l'œil, la cra. vache à la main, montés sur des chevaux à courte queue, passer au petit trot en se soulevant pour montrer au pue
blio 1: couleur du fond de leur pantalon. Ces soubresauts, | aussi disgracieux qu'inatiles, fatiguent à la fois le cheval et le cavalier, Ce dernier, du haut de l'importance que lui donne sa monture, semble dire aux piétons qui le regardent : Admirez-moi. Vous voyes, j'ai un Gheval et je puis le faire trotter un quart d'heure sans vider les’ arçons, Ils sont rares parmi vous, ceux qui montent