ILL
Le (LE que
4 Y À LE > 7 S C4 + e #” K W LAC > LEA Ce ) Photographic 7 Se “x Corporation
CZ © Ve Vo l Z2N ne
pas fâchés cependant de pouvoir coucher à l'abri, et le lendemain matin, ils requrent une ration semblable à
- celle qu'on leur avait distribuée à Lynchburg : ‘“ Après avoir fait honneur aux mets sucoulents, &e., &o. ” com: me disent avec beaucoup plus d’apropos les comptes rendus que publient les journaux ru sujet des diners au champagne, les prisonniers prirent le convoi pour Richmoud, où ils arrivèrént vers neuf heures du soir,
KLVIII-Casrie THUNDER, —
Dans le convoi de chemin de fer, Tugène avalt abordé le sergent de garde, et lui avait dit que, n'ayant pas été pris les armes à la main, il désirait ne pas être confondu avec les prisonniers de guerre. Je suis déserteur de l’armée fédérale, ajouta t-il, et comme tel j'ai été envoyé à la frontière du Kentucky par le gouvernement. Plus tard j'ai été ramassé par des soldats de l’armée de Burbridge qui m'ont amené avec eux à Saltville en qualité de domestique d’un de leurs officiers, mais je n'ai pas repris les armes contre la Confédération et je désirerais qu'on prit de nouvelles mesures pour me repatrier.
Naturellement, Eugène avait en grand soin de ne pas ajouter que, rendu à Gladesville, il s'était engagé dans l’armée confédérée, qu'il avait quittée quelques jours après sans autorisation.
—Il ne m'appartient pas de décider cette question avait répondu le sous-officier, mais, lorsque nous serons arrivés à Richmond, je verrai à ce que les artorités soient saisies de l'affaire.
Une fois débarqués dans la capitale de Is Confédération, les prisonniers furent conduits en face de la fameuse prison Libby, où le sergent fit l'appel et, ayant cons-
taté que tous étaient présents, il dit :
—S'il ya parmi vous des déserteurs, qu'ils sortent des rangs.
Eugène ne se le fit pas dire deux fois Un Américain suivit son exemple.
Donner une idée du concert’ d’i mprécations et de malédictions qui s’éleva du groupe de prisonniers, serait chose difficile, et répéter les paroles un peu vives qui furent prononcées en cette circonstance ne serait guère poli. On huait les déserteurs, on les menaçait, on les insultait, on les maudissait, on les vouait au diable et on leur promettait bien de les pendre haut et court, si jamais on les rencontrait,
Le sergent livra les prisonniers au gardien dela prison Libby et conduisit les deux déserteurs au Provost: Marshall, Ce dernier crût reconnaître Eugène,
—Quel est votre nom ? lui demanda-t-il,
—Wasbington ©. Joslin, répondit Eugène sans sourailler,
C'était le nom qu'il avait donné au sergent de garde ; un nor qui appartenait à un déserteur rait été envoyé avec lui à Gladesville mais qui, av. . « de s’engager comme lui dans le régiment du colonel Prentice, était passé tout droit. Le signalement de ce déserteur répondait à celui d'Eugène sous le rapport de la taille, mais non sous.le rapport du teint, l’autre étant un brun excessivement basané. |
—Vous êtes déjà venu ici? poursuivitle Provost Marshall.
—Qui, il y a quatre semaines que j'en suis parti en compagnie d’une escouade que vous ave envoyée à la frontière du Kentucky.
Eugène répéta ensuite l’histoire qi avait racontée au
sergent'et le Provost Marshall, après l'avoir entendu, le
méri- fit conduire au Castle Thunder.
Inutile de dire qu'on ne lui donna pas à manger ce malé- soir-à, Il était règle dans toutes les prisons du sud chose de ne pas donner à manger aux arrivants. Le séjour de urent ces prisons était si agréable que pour être digne d'en É poli. jouir, il fallait vous préparer par le jeûne et continuer 4 ultait, ensuite à jeûner par reconnaissance pour la sollicitudn 4 r pro- du gouvernement qui vous procurait un si bon gîte. 4 is on Le château avait cinq ou six étages de hauteur et | Eugène avait été logé dans la mansarde où il se trouvait \ pri- en compagnie de sept à huit suspects appartenant à touovost- tes les classes de la société. Les fenêtres n'étaient pas grillées. On avait jugé avec raison que les détenus ne pourraient pas s'échapper d'une pareille hauteur. Tout sour- au plus pouvaient-ils se suicider, mais cela ne tirait pas à conséquence. Pendant le séjour qu'il y fit, Eugène garde ; eut l’occasion de voir un pauvre diable, poussé à bout té en- par la famine, se laisser choir sur le pavé ds la cuur, où 'enga- il se rompit le col et mourut instantauément, ue La nourriture y était encore moins abondante ét le péri menu encore moins varié qu’au Castle Lightning. La si, j ration de pain qui était la même que celle de la prison us Libby, se composait de deux morceaux de pain de maïs par jour. Ces morceaux avaient environ deux pouces de veus) large, deux pouces de long et deux pouces d'épaisseur, ; Soumis à un pareil régime, un homme robuste mettait . à bien cinq ou six mois à mourir de faim. O’eut été plus
humain de le tuer raide que de le faire succomber a cette longue agonie.