XLIX-—UNE MAUVAISE RENCONTRE
La prison Libby, de même que le Castle Lightning
ét la prison Pemborton, avait été autrefois une menu-
facture de tabac. C'était un grand bâtiment en briques
à deux étages sur rez de-chaussée, dont l'intérieur 89
composait de trois vastes salles superposées, communiquant entre elles au moyen d'escaliers ouverts surmontés de trappes pratiquées à travers le plancher. Ues salles recevaient la lumière et le froid à travers des fenêtres, grillées mais dépourvues de vitres, qui donnaient d'un côté sur la rue principale et de l’autre sur la rivière James,
Les prisons de Richmond servaient surtout de dépôt et d'école de jeûne pour les prisonniers. Pendant les mois d'été, le personnel desfdétenus se renouvelaient éans cesse, on les envoyait mourir de faim à Andersonville et à Salisbury ; mais, pendant l'hiver, comme on ne livrait guère que des combats partiels, les prisons Libby et Pemberton offraient assez d'espace pour loger à pou près tous les prisonniers que l'on pouvait prendre, dans les environs,
Les prisonniers n’y perdaient rien ; on mourait de, faim tout aussi bien à Richmond qu'ailleurs et l’on avait, au moins l'avantage de s'y trouver à l'abri d’un toit, tandis que les prisonniers d’Andersonville ou de Salisbury étaient exposés à toutes lee intempéries, de la sais.
son, Aussi la moyenne de la mortalité parmi les prisonniers de guerre y était-elle beaucoup plus élevée qu’à Richmond.
Pour donner une idée du nombre des victimes des privations que les sudistes faisaient endurer à leurs prisonniers, il suffit de dire que le fameux Wirtz, ancien gardien du camp d'Andersonville qui a été pendu après la guerre par les autorités fédérales, était accusé d'avoir fait périr 30,000 hommes de faim penidant les quatre ans qu'il avait exercé la charge en question. (C'était pout-être exagéré. Cependant s’il lui est passé seulament 45,000 hommes entre les mains pendant ce laps de temps, la chose est très possible.
En arrivant à la prison Libby, Eugène fut d'abord logé au rez-de chaussée où se trouvaient une centaine de nègres et une viogtaine de blancs, Ce n'était certainenement pas par esprit d'humanité que les rebelles avaient jugé à propos de laisser la vie sauve à ces prisonniers de l'espèce noire, "genre esclave, famille des soldate fédéraux. On les avait d’abord employés à travailler aux
fortifications sous le feu de l'ennemi, mais le général
Batler, ayant aperçu ces travailleurs en uniforme fédéral et ayant constaté, en collant le plus grand de ses deux yeux au verre d'une lunette, que ces nouveaux terrassiers avaient été bronzés plus que de raison par le soleil de la Virginie, s'était empressé de recueillir tous les officiers confédérés nouvellement tombés entre les mains des fédéraux et de les faire travailler aux fortifications sous le feu des rebelles, Conséquence : les rebelles avaient fini par ramener les nègres à la prison Libby, où ile esp&
| raient que ces moricauds se rendraient très utiles ea faiprison- : sant damner les quelques blancs qu'il plairait au géôlier je qu'à de leur jeter en pâture.
\ Tant que les nègres avaient travaillé, on leur avait : es des ne donné en dehors un diner assez copieux peur permet A1 rs pri- -| tre à quelques uns d’entre eux d'apporter le soir à la (]
ancien | prison Libby où ils passaient la nuit, un morceau de 3 1 après pain où une tranche de lard fumé. Parmi les blancs qui 4 d'avoir se trouvaient là, il y en avait qui traitaient les nègres 74 quatre | aveo un suprême dédain, ce qui ne les empêchaient pas, 1 C'était Ù lorsqu'ils croyaient n’être pas observés, de ramasser et Be
seula- d | de porter à leur bouche soit un os, soit une couenne qu’un à e laps Li nègre avait jetée après l'avoir mâchée pendant une heure
\ sans réussir à l’avaler, à d'abord Eugène ne pouvait comprendre un pareil manque de 4 ine de | logique, 1l savait que le dégoût que ces hommes ne se 1 rtaihe: è gênait pas de manifester envers les nègres n'était pas ne. ivéiéné \ simulé, et il ne pouvait concevoir que la faim qu'ils “. lois dé ù éprouvaient put être assez atroce pour leur faire sur- 0 : fédé- | monter ce dégoût. Il ne savait pas encore jusqu’à quel 4 er aux à point la faim triomphe de toutes les répugnances. général l Disons le à la louange des nègres : noirs et blancs 2e fédéral 3 seraient entendus à merveille, si tous les représentants s deux NY de la race blanche eussent connu et pratiqué les règles 3 rassiers les plus élémentaires de la politesse. Le descendant des " il dela races britanniques qu'il soit Anglais, Ecossais, Irlandais \ ffciers k ou Américain se croit toujours pétri d’un limon supérieur ns des à celui des autres hommes. Il déteste cordialement 8 SOUS A toutes les autres races. Pour lui, la race anglo-saxonne vaient A # est l'idéal de la perfection ; ceux qui, sans être anglo:
le spé
saxons, appartiennent cependant à la race caucasienne, peuvent trouver grâce à ses yeux, pourvu qu'ils reconnaissent la prétendue supèriorité de sa race sur celle des autres peuples, mais le nègre lui paraît à peine digne de vivre. Lorsqu'il est bien élevé, l'Angle-Saxon réus. sit plus ou moins à dissimuler le profond mépris que
lui inspirent les étrangers, wais, pour peu que son éduca . tion ait été négligée, il ne manque pas une seule occasion d'afficher son arrogance,
Il y avait parmi les blancs un soldat de cavalerie qui était un boxeur émérite. Il commenga avec un jeune nègre une partie amicale dans laquelle chaque boxeur cherchait à décoiffer son adversaire. Lo blanc eut le dessus. Il essaya un autre nègre, puis un autre, puis un autre, jusqu’à ce qu'il eut vaincu cinq ou six des plus adroits, Enfin, il se présenta un moricaud qui fit sauter le chapeau du cavalier, aux grands applaudisse ments des sombres Africains. Le blanc se remit en garde, mais après quelques passes, son couvre-chef partit de nouveau ; bref, après s'être fait découvrir sept on huit fois, il écumait de rage et se mit à taper comme un sourd, les poings fermés en injuriant tous les nègres en général et son adversaire en particulie” Ce dernier para pres que tous ses coups et lui servit une raclée des mieux conditionnées. Quelques & \nes. voulurent intervenir;
ils en furent quitte pour une )ordée de horions qui don- .
nèrent à leurs yeux une couleur tout à fait africaine,
A partir de ce moment, les vingt blanos devinrent en :
quelque sorte les esclaves des cent nègres. C'était le monde renversé. À cette époque, à part la minuscule
sienne, reconr celle e digue n réus.
ris que éduca .
CCasion
le qui jeune boxeur eut le », puis six des qui fit udisse ep garartit de ou huit n eourd, général ra pres mieux ervenir ;
qui don-.
irent en
était le inusoule
portion de pain, les prisonniers recovaiont en outre, chaua, environ une cuillérée d’une soupe faite aveo de petites fèves noires. On apportait cela dans une espèce de Cuveau fait avec un baril scié en deux. Les nègres Monœuvraient de façon à empêcher les blancs d’avoir acoùs au ouveau, La position était devenue intolérable, Les blancs se plaiguirent au géolier qui leur dit :
—Ces nègres sont vos protégés, vos favoris, vos égaux: vous vous êtes battus pour obtenir le privilège d'en faire vos maîtres, de quoi vous plaiguez vous? Vous devriez bénir les mains noires qui vous frappent,
Heureusement, au bout de quelques jours, les nègres
furent tirés de la prison Libby pour être envoyés on n'a jamais pu savoir où, D’autres prisouniers blancs arrivèrent en grand nombre, On les logea au rez-de chaussée et l'on fit monter les anciens Compagnons des nègres au Premier, où se trouvaient déjà deux ou trois cents hommes, parmi lesquelles Eugène reconnut avec terreur quel. ques uns de ceux qui faisaient partie de l'escouade en compagnie de laquelle {1 était venu à Richmond à son retour de Gadesville,
Cinq semaines de misères les avaient bien défigurés, et Eugène ne les :::1it Pas reconnus s’il n'avait pas eu d'aussi bonnes rai:ons pour les reconnaître. Lorsque ces gens l'avaient vu lui-même, il y avait près de deux mois qu'il souffrait presque continuellement de la faim, ot il était déjà amaigri au point que les cinq dernières semaines de souffrances n’avaient pu opérer en lui un changement aussi marqué que celui qui s'était produit chez ces hommes entrés gras à la Prison Libb- Aus
v'eurent-Îls pas de peine à le reconnaître et l’un d'eux, jeune homme d’une vingtaine d'années, lui dit :
—ÆEh bien, te voilà, maudit déserteur, traître au drapeau. Je te roconnais, tu es l’un des deux lâches qui sont sortis des rangs il y a cinq semaines en face de cette prison.
—0'est vrai ! C'est vrai ! Pendons le misérable, crièrent deux ou trois voix.
Eugère sentit qu'il fallait payer d'audace,
—Je ne te connais pas, dit-il au jeune homme, Je ne sais ce que tu veux...
11 s'interrompit pour lui appliquer dans le creux de l'estomas un coup de poing qui le fit plier en deux, et poursuivit en continuant à frapper on sccusateur :
—Et voilà pour t'apprendre à irulter des gens qui valent mieux que toi. Ah ! tu me traites de lâche? At. : tends un peu, je vais te montrer lequel de nous deux a le plus de courage,
Eugène était le plus petit des deux et il avait le dessus, Si l’on eut su qu'il était Canadien, les sympathies eussent été pour l’autre, mais on le croyait Américain, et comme il montrait du pluck, tout le monde l’encoura geait à l'exception de deux ou trois amis du Kentuckien qui pourtant n'osèrent pas intervenir, Finalement, Eugène força son adversaire à avouer qu'il s'était trompé et sortit de la bataille sain et sauf, mais non rassuré.
D se disait que, pour se venger, celui qu’il venait de rosser pourrait bien avec l’aide de ses amis arriver à convaincre les autres ue la vérité sur con compte. Dans oe «28, ilétait probable qu’on l’accrocherait à une poutre
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de la prison. Le fait n'aurait pas été sans précédent, puisque, dans nne autre prison, à Salisbury oroyons-nous, des prisonniers fédéraux s'étaient fait justice à oux-
mêmes et avalent, poadant une auit, pendu aix de Jours
L—LEs HORREURS DE LA PRISON LiBpy.
Eugène attendait fièvreusement le retour du géblier, qui venait deux fois par jour accompagné de ses aides apporter les rations, C'était un grand gaillard, type de commandeur de nègres, que Leduc avait déjà vu sauter en bas d’un escalier, et menacer du revolver et du poignard la foule de prisonniers blancs et noirs qui se disputaient leur maigre pitance. Il vint à lheure ordinaire, et comme il montait l'escalier conduisant au dernier étage, Eugène voulut le suivre. Il lui cria de descendre et, comme Eugène cherchait à lui expliquer qu'il considérerait comme une grande faveur de sa part la permission d'aller trouver un ami qui étaiten haut, il se retouna et lui porta en pleine figure un coup de poing qui le précipita en bas des deux ou trois échelons qu'il avait gravis. Comme le Oanadien se relevait, il aperqut le géôlier qui dirigeait vers lui le canon de son pistolet dont il avait armé le chien.
—Eh bien ! tire donc, lâche ! et soit maudit ! cris: Eugène en essuyant le sang qui lui sortait du nez.
—Essayes de monter, et tu verras si j'hésite à'tirer,
—Qui te parle de mouter sans ta permission? Je te demandais poliment d'aller voir un ami et c'est pour cela que tu m'as frappé. sé
Voyant qu'Eugène ne cherchait plus à monter, lo géolier se rendit an dernier étige. Il est piokable qu'i
eme
r, qui ppor— comer en gnard taient re, : et étage, re et, sidéission ouina ui le avait ut le stolet
a Eu-
er, Je te pour
géoai
UN REVENANT 293 n redercendant, il avisa Eugè-
regrôtta ea brutalité, car e a loin de l'escalier, et lui dit :
ne, qui se tenait toujours n9
—Tu peux monter, mais à condition que tu y restes.
Je t'ai frappé parceque j'ai cru que tu voulais saisir le moment où j'avais le dos tourné pour m'attaquer. Si je me suivre dans les eéca-
pormettais aux prisonniers de liers ma vie ne tiendrait pas àuafil Jete laisse mouter parceque je crois qU- ‘1 me suis trompé sur la nature
de tes intentions.
Eugène put donc monter au dernier étage et échapper
ainsi au danger qui le menaçait, Lorsque, deux mois après, les Kentuckiens montèrent au dernier étage. Leduc était tellement amaigri qu’il ne le reconnurent pas.
Les trois ou quatre cents prisonniers contenus dans chaque salle étaient divisés en escouades de 16 hommes,
Le chef d'escouade partageait en 16 parties bien égales quatre pains de maïs dont chacun pouvait peser en yiron une livre. Lorsque ces pains avaient été ainsi découpés, il demandait aux horames réunis, s'ils étaient satisfaits du partage. Tant qu'il n'y avait pas uoanimité pour déclarer que toutes les portions étalent d’éga-
le grosseur, il lui failait enlever une miette de l’une pour l'ajouter à l'autre jusqu'à ce que tout le monde fut d'accord. Puis un des hommes prenait le livret contenant tous les noms de l’escouade et tournait le dos aux
geizes rations déposées sur Je plancher. Un autre homme mottait au hasard la main sur UD6 des rations et demandait :
—A qui celle-ci ?
—A John Smith, disait l'homme au livret en faisant une marque vis-à vis lo nom du susdit John Smith,
—À qui celle cif répétait l'autre en désignant une autre ration.
—AÀ Washington O, Joslin répondait, sans regarder, l’homme au livret qui, le dos toujours tourné aux rati. ons, marquait les noms à mesure que chacun prenait sa portion.
Et ainsi de suite jusqu'à épuisement complet de la liste. Pour que la garantie d'impartialité fut encore plus complète, les deux distributeurs étaient nommés séance tenante, de sorte qu'il était à peu près imposs{ole qu'il y eut entente entre eux.
: C’est qu'à la prison Libby, la moindre miette de pain de maïs était considérée comme ayant une valeur inestimable. Les prisonniers avaient l'air @: vrais squelettes ambulants, On en voyait qui ne pouvaient plus se tenir debout, et qui avaient encore le couraz: de se traîner sur les pieds et sur les mains pour se disputer la posession d’une miette de pain de maïs de la grosseur d’un noyau de prune, miette qu’un prisonnier moins ‘äffamé avait laissé tomber dans les crachats et le jus de tabac. Ces luttes dégénéraient ordinairement en batai!les. Alors vous voyiez trois ou quatre de ces spectres vivants, dans la figure desquels chaque os facial se détachait on relief, so jeter les uns sur les autres, se rouler par terre sefrap. per sans se faire de mal, chercher à s'étouffer sans pouvoir y réuesir et retomber épuisés chacun de son côté.
Ils avaient tous le scçorbut et, lorsqu'on les saisisssit le bout du doigt semblait s’onfoncer dans le peu de chair
faisant 1; t une
arder, ratiait sa
de la o plus séance qu'il y
> pain nestilettes tenir raîner ECS d'un ffamé abac.
Alors dans elief, frappoucôté.
gaait
ts |
chair
qui leur restait et laissait un trou qui disparalssait au ,
bout de quelques minutes,
Pendant un certain laps de temps on leur distribun des os sous prétexte de leur donuer de la viande- Toute la chair qu'on avait négligé d'enlever de ses carcasses avant que de les envoyer à la prison était divisée en portions microscopiques pour les prisonniers, Quant aux os, ils étaient tirés au sort. O'était une ‘bonne fortune que d’avoir un os, L'heureux mortel que les des tins favorisaient au point de le rendre possesseur d'un pareil trésor, commençait par le briser à coup de pierre,
ce qui faisait sortir la moëlle. Puis, il le broyait de façon
à pouvoir gruger les parties les plus friables,
Lorsque les parois intérieures de l'os avaient été rongées au point de ne plus laisser autre chose que la surface la plus dure, il faisait bouillir ce qui lui restait et en faisait une délicieuse soupe, aussi grasse que s'il eut fait bouillir un caillou. Les pauvres diables qui n'avaient pas d'autres os que ceux.qui perçait à travers leur peau, donnaïent une demi ration de pain de maïs pour une pinte de cette prétendue soupe. Après chaque nouvelle cuisson on rebñttait l'os, on le regrugeait et lorsqu'il avait fourni une dizaine de soupes, le peu qui en restait était devenu assez tendre pour être broyé aous la dent du prisonnier,
Unosse vendait un assez bon prix, Il se faisait beaucoup de trafic dans la prison Libby. On y fumait et on y chiquait, Au lieu d'abandonner la pipe quelques fumeurs avaient contracté en prison l'habitude. de
chiquer, lat nourtant chaque livre de tabac consommés .
SE Cns
\ Jans la prison représentait pour le commun des prison- St 5 niers, la privation d’une journée de ration.
Quelques prisonniers avaient emporté des greenbacks en prison. Comment avaient-ils réussi à tromper la vigi- \ lance de ceux dont la mission était de les fouiller à leur entrée en prison et de confisquer toutes les valeurs dont ils les trouvaient nantis ? Voilà un mystêre qui n'a jamais été expliqué d’une façon satisfaisante,
Au commencement de l'hiver de 1864.65 la farine | était à huit cents piastres le baril en bons confédérés avec une tendance à la hausse. Les détenus de la prison Libby qui se *rouvaient nantis d’un certain capital avaient songé à le faire durer en spéculant sur la misère de leurs compagaons de captivité. La nature humaine est 4 la même partout. En payant une certaine commission à la garde, ils faisaient venir du pain de blé qu'ils étalaient aux regards affamés des autres et qu'ils trafiquaient pour des rations de pain de maïs en s’arrangeant toujours de manière à faire un certain profit,
Ils vendaienc aussi du tabac, et la misère avait si bion affaibli la raison en même temps que le corps des malheureux prisonniers qu'ils n’hésitiïent pas à échanger üne demi ration contre une palette de tabac, Ces mar: chandises étaient montées la nuit au moyen d’une corde par une fenêtre donnant du côté de la rivière James. Ekies restaient étalées en plein jour et le géolier qui les voyait n’y trouvaic pas à redie. Il est probable qu'il prélevait aussi sa commission sur ce trafic,
À mesure ane les autres s’affaiblissaient, las gpéeule $
teurs, qui s'entretenaient gros et gras, devenaient plus
prison—
enbaciks la vigir à leur rs dont
n'a ja-
à farine nfédérés a prison ‘avaient gère de ine est mission ils étaiquaient oujours
; si bien es malchanger 28 marà corde James.
qui les le qu'il
péenis:
at plus
UN REVAN4NM
arrogants, La disproportion das forces physiques allait toujours s’accentuant de plus en plus entre eux et leurs malheureuses victimes; ils abusaient de cet avantage et ne laissaient jamais passer une occasion de rue doyer les hommes trop faibles pour se défendre. Ils étaient cordialement détestés et l’on prétendaient que c'étaient des hommes de leur espèce que les prisonniers de *Saliebury avaient pendus pour se venger des mauvais traitements qu'ils leur avaient fait subir.
Il y avait dans chaque salle deux poëles dans chacun desquels on brûlait trois brassées de bois mou par 24 heures. L'hiver était très froid et l'air entrait par les fenêtres dépourvues de vitres. Lorsqu'on avait du bois on rougissait les poëles, mais la provision était vite épuisée. Lorsqu'il y avait du feu, les plus robustes se groupaient autour du poële et éloignaient les autres à coup de poing.
Tant que les autorités continuèrent à donner des 08 aux prisonniers, ceux qui ue pouvaient pas s'approcher . des poëles se consolsient en engageant la moitié de leur ration à venir pour une pinte de la fameuse soupe qui avait au moins le mérite de les réchauffer, Lorsqu'on eut cessé de recevoir de la charogue, ils se contentèrent de payer le même prix pour de l'eau chaude salée et poivrée. Chose digne de remarque, toutes leg transace
tions se faisaient à crédit, Un prisonnier n'aurait jamais consenti à trafiquer «a ration lorsqu'il l'avait dans la main.
Le eréancier ne manquait pas d'êtro présent pour retirer sa paie lors de ia distribution des vivres, et comme g'é-