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Artivés à la prison, les captifs furont débarrassés de leurs menottes et on les loges dans une grande salle où æ trouvaient une cisquantaine d'autres soldats coupables d'infraction au code militaire. Quelques jours après, Eugène et d'autres prisonniers furent conduits an Soldier’a Rest, ou asile des soldats, où ils purent jouir d'une liberté relative et ciseuler dans les vastes promenades de j’établissement tout comme les soldats qui n'étaient pas prisonniers, Ces derniers avaient cependant un iminense avantage sur les autres, en ee 5eR8 qu'ils obtenaient des permissions pour aïfer se promener dans la
ville, tandis que les paspeëts ne pouvaient jamais franchir le cordon de fautionnaires qui entourait l'établissement,
Eugène se plaisait beacooup à où enfleoit. Il profite du semblant de liberté dont il jouisssit pour écrire à ses parents qui n'avaient regu aucune nouvekie de lui depuis qu'il avait quitté le 14ème, devant Petersburg, mais, de crainte qu'on n'ouvrit £a letire et qu’on trouvab
|moyen de la traduire #n anglais il la rédigea de fagon à no pas se comprometére vis à-vis des autorités. Il aurait volontiers prolongé indéfiniment son séjour au Soldiers Rest, car il n’attendait rien de bon lorsqu'on le renver-raib au régiment. On në prit pas la peine de consulter ces goûts. Quelques jours après, on le ramenait à Annspolis via Washington.
Au Camp Parole, sn pe le remit pas au cachut, proba-
blement probablement parceque ceux qui l'avaient rame-
né d'Alexandris n'avaiout pas jugé à propos de lui met-
tre les fers aux mains, .
Il en est toujours ainsi, Plus un homme est malheuroux, plus on veut le rendre malheureux. Plus il a de chances, plus on a d’égards pour lui. Eugène en cossidérétion da fait qu'on l'avait bien traité en route fut donc enfermé dans la grande salle de police où se trou-
vaient une quarantaine de prisonniers.
Comme à la salle de police du Fort Trumbull, le eri
de Fresh fish salua son arrivée. Il s'attendait à se faire
envelopper la tête dans une couverte, mais il n’en fut
rien. On se borna à l'arrêter, comme s’il ne l'était pas déjà assez, et on le fit comparaître devant une espèce de tribunal plus ou moins régulièrement organisé. Le juge siégeant sur une pièce de bois, lui tint à peu près ce langage:
— Vous êtes appelé à faire partie de notre docte assem. blée. Nous ne vous demanderons pas ce qui vous amèpe ici. Peu nous importe que vous ayez manqué de respect À vos chefs ou courtisé une négresse sans vous
| être au préalable fait coller un timbre de revenu en bas
‘des reins. Nous sommes au-dessus des misères, des ambi-
tions et des préjugés qui animent la vile plèbe du mon-
de extérieur, Nous appartenons à l'ordre très-haut et très-distingué des Chevaliers de la salle de Police, Avant de vous conférer set illustre titse, nous allons vous sou mettre au procédé de l'initiation.” H s'agit pour vous de payer une contribution de 50cts qui sera versée dans le fond commun destiné à procurer des cigares, du tabao et des romans aux chevaliers, A défaut de ce paiement vous êtes condamné à être lancé dans l’espace, 40 fois,
su moyen d'une couverte, Qu'aves vous à dire pour votre défense.
Jo plaide coupable. Je n'ai pas le sou. Apportez votré couverte et allez-y galemeni.
La salle de police était toute d'une pièce. Le toit plat situé à une doursine de pieds de hauteur servait de plafond. Vers le milieu, se trouvait ane large trappe qu'on ouvrait pour aéser ln salle lorsque le temps était beau. La trappe était ouverle dans le moment. Les quarante hommes soisirent une couverte, la tendirent et, la tenant à deux mains à la hauteur de la ceinture, ils invitèrent Eugène à se coucher dessus en l’assurant qu'il n’y avait aucun danger pourvu qu’il n'essayat pss à ce cramponner à la eouvere. Il leur répondit qu'il connaissait cet exercice pour ÿ avoir déjà pris part dans les camps, et se mit en position.
— Une, deux, trois | A chacun des deux commandements, les hommes Jais-
gèrent fléchir un peu la couverte, puis ls ls tendirent de nouveau. Au troisième, ls térèrent de toutes leurs forces, Eugène monta en l'air, sortit à travers la trappe, : la dépassa d’une dizaine de pieds et setomba dans la oou
verte sans se faire le moindre mal. are
Une, deux, trois | répétèrent les hommes et ils le: laucèrent de nouveau dans d'espace. Ainsi de suites, jusqu’à ce qu'on l’eut envoyé promener quarante fois. dehors de la salle. Chaque fois qu'il se vopsit sortir, : il regrettait d'être obligé de redescendre et s’étonnait que la grande loi de l'attraction fut assez PRET le ramener en prison Contre #08 gré. Lorsque la o6rém0nie fut terminée, le pseudo-juge i dit:
Maintenant vous voilà initié: Vous êter chevalier de la salle de police et vous avez PArt à tous les bénéf: ces de l'association
LVIIL—Ryrour À New-LoNDoN.
Eugène passa à la salle de police du Camp Parole en: viron un mois d’une existence aussi heureuse que pou: vait l'être celle d'un prisonnier sur lequel pesait des accusations aussi graves. Le personnel de la salle se renouvelsit, Plusieurs prisonniers sortaient, mais il en reve nait d’autres, tous joyeux compagnons. La recette de l'association était assez abondante pour permettre aux chevaliers de se payer les cigares, le tabac et la littérature, Que pouvaient-ils désirer de plus ! La belle saison était revenue et les détenus avaient à tour de rôle l'avantage d'aller en corvée en dehors ; c'est-à-dire qu'ils allaient . de temps à autre faire semblant de travailler sous la ‘ direction du sergent chargé de commander l’escorte qui les accompagnait, ce qui leur procurait l’occasion d'aller respirer le grand air, Ils étaient bien nourri et Eugène était devenu gros et gras.
T1 était encore au Camp-Parole lorsqu'on y apprit la nouvelle de la prise de Petersburg et de Richmond, presqu'immédiatement suivie de la reddition du général Lee, [l y eut partout de grsndes réjouissances, mais la joie qu'éprouvaient les amis de la cause unioniste fut bientôt troublée par la nouvelle de la mort du Président Lincoln, assassiné par Booth au Théâtre Ford, à Was- … higtnion, le 14 avril 1865 juste huit jours après la red= dition de Lee.
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prit la hmond, général mais la ste fut ésident , Wasla red
Le vice président Andrew Johnson prêts le serment d'office comme président, et l'un des premiers actes de son administration, fut le licenciement de l’armée. Ily avait alors au-delà d’un million et demie d'hommes sous les armes dans les armées du nord. Naturellement, le petit noyau d'armée régulière devait être conservé et tous ces événements n’affectaient en rien la position d'Eugène Leduc, déserteur de l'armée régulière. Tout au plus pouvaitil espérer qu'on ne le fusillerait pas, après la guerre, mais il était probable qu'il n’en serait pas quitte à moins de 20 à 25 ans de travaux forcés au Dry Tortugas. (*) C'était peu encourageané el il se promettait bien de faire l'impossible pour s'échapper.
En conséquence de la décision prise par l'Exécutif, les autorités militaires du Cemp Parole reçurent ordre de licencier les volontaires et de renvoyer les réguliers au quartier général de leurs régiments respectifs. Naturellement les prisonniers devaient être envoyés sous bonne escorte. Un sergent de cavalerie, qui pendant son séjour dû Camp-Parole avait été employé comme géolier de la salle de police et des cachots, fut chargé de conduire Eugène au Fort Trumbull.
C'était un homme sur le compte duquel bon nombre de prisonniers avaient dit bien du mal mais, personnellement, Eugène n'avait jamais eu à se plaindre de sa
Te) Ile de sable située au sud-ouest de la Floride où le gou- vernement américain emploie les condamnés militaires à construire des fortifications jqui disparaissent au premier Coup 40 Von
manière d'agir, Avant de partir, il amena Eugène chez
le sutler du camp, lui paya une soupe aux huitres, un verre de bière et un cigare et, pendant qu'ils fumaient,
en attendant le convoi, il lui dit :
Le colonel Chamberlin, commandant du camp, m'a recommandé de te mettre les fers aux mains, Je lui ai répondu que c'était inutile, et qu’armé d'un revolver et d'un sabre de cavalerie je défiorais bien le diable de m'échappper.
—Vous avez eu raison et je vous remercie de m'avoir épargné cette humiliation. Je vais têcher de m'arranger dé fagon à ne pas vous donner l’occasion de faire usage de vos armes.
On prit le convoi vers quatre heures de l’après-midi; on voyages toute la nuit sans interruption et, vers neuf le lendemain, on traversait de Jersey City à New-York.
11 va sans dire qu'Eugène et le sergent voyageaient ‘aux frais du gouvernement. Ils durent »ller au bureau de la Compagnie de navigation, où le sergent exhiba ses papiers et demanda un laissez passer pour deux. Comme on ne Jui donnait qu’un passage d’entrepont, ii paya la différence et prit [deux billets de cabine dont chacun donnait droit à un lit et à deux repas à bord,
Le bateau ne devait partir qu’à quatre heures et demie et le sergent, dont les goussets étaient bien garnis, prit le parti de pintocher avec Eugéne en attendant l'heure du départ. Leduc se fit un peu prier et dit au sergent qu'il préférait ne pas boire vu que, n'ayant pas d'argent, il lui était impossible de lui rendre ses politesses, mais son gardien insista,
UN REVENANY 847
chez — Qu'est-ce quo cela fait ? lui dit il. J'en af pour deux, , Un de l'argent, Bois, mange, fume et ne t'inquiète pas du nient, reste, Je n'ai pas pris un seul verre de liqueur forte : À depuis un an, on voici un que je vais avaler à ta santé Ladieh Allons, fais toi sex“:
w. à À Eugène, qui a fond dit enchanté de le voir daus de le: dé telles dispositio is, 1e rési-ia plus et se mit à boire le moins possible e. ‘ ‘ner :vec rage. À midi, le sergent | était dans les brinc s11gaes et Eugène avait ses goussets avoir remplis de cigares. On dîna dans un restaurant et, vers + trois heures, le sergent avait si bien arrosé le diner que ag. 5 | ses jambes commengaient à refuser le service. midi : / & # — Frenchy, balbutia-t-il, je crois, Dieu me damne, que * noté je suis un tant soit peu lesté. J'ai eomme qui dirait trois York voiles au vent, et je suis obligé de eourir des bordées. “AR Je suis saoul, pardieu ! pour me servir d’un langage salené poëtique.
ren Le sergent avait été marin autrefois et les fumées de ba 188 . V'aloool avaient le don de lui inspirer des tirades mariomme times, ya ls 1! — Frenchy,regrit-il, espèce de marsouin, quand allons- Recna nous faire voile ?
: —Je ne sais pas, répondit Eugène, mais j'ai l'inten-. demie NE Da tion de faire voile dès que le vent sera favorable. s, prit — Attends un peu. Oroistu que je vais te laisser heure faire une croisière seul. Tu sais bien que ta vieille ca= ergent rène m'apyartient. Lorsqu'on a fait une prise on ne ‘a largent, che pas. Tu sais, je t'ai mis le grappin et je vals te , mais remorquer à New-London, and dont you forget it. (Et
ue j'oublie pas},
—Je ne dis pas le contraire. Vous ne semblez pas
avoir peur de l'élément liquide. Balotté par les flots tumultueux, le man-ofwar (*) remorquera le navire dèsemparé. . j
—Que t'ai-je fait pour me traiter ainsi! Depuis bientôt vingt-quatre heures que nous voyageons ensemble est-ce que je me snis permis le moindre calembour ? Je suis armé et si tu as l'audace d'en commettre un autre, je ne réponds plus de moi. Traite moi de voleur d'assassin, d'imbécile et d’idiot mais ne fais pas de calembours.
—Bah ! il était si pauvre qu'il n’a pas eu d'autre effet que de vous dégriser.
—C'est déjà bien assez, Et si je veux être gris, moi ! Buvons encore un coupet nous nous rendrons à bord. Ils est trois heures et demie, mais mieux vaut arriver trop tôt que trop tard.
Le sergent régla la consommation, so fit donner un flacon de gin et sortit avec Eugène. On prit une voiture eh l'on se rendit à bord. Aussitôt arrivé, le sergent 3’étendit
dans un fauteuil où il ne tarda pas à s'endormir. Comme Eugène n’ava’’ pas les fers aux mains, personne ne soupgonuait qu'il fut prisonnier. Il eut pu débarquer sans encombre, :nals il se rappelait trop l’aventure de Baltimore pour risquer de se faire arrêter à New-York, faute d'un sauf-conduit, Le colonel Elges, ancien capitäine
{*) Man-of-war est le terme usité pour navire de guerre dans la marine anglaise et américaine, sa traduction littérale e5k honune de guerre.
nblez pas r les flots navire dè-
puis bienensemble bour? Je un autre, leur d’asde calem-
autre eftet
gris, moi ?
8 à bord.
ut arriver
ner un flavoiture ef it 3'étendit ir. Comme Le n6 SOU pPrquer sans de Baltilork, faute | capitaine
> guerre dans littérale esf
de la compagnie allemande du 14ème, était à bord, mais il ne reconnaissait pas Eugène et ce dern':r n'eut pas envie de se rappeler à son souvenir,
Le vapeur était parti depuis une heure et battait vigoureusement de ses palettes les-eaux du détroit de Long Island. Eugène était descendu daus l’entrepont où, mêlé à la foule, il admirait le paysage de la grande tle, lorsque le sergent se réveilla. Ne voyant plus son prisonnier, il crut que celui-ci était débarqué à New- York avant le départ. En homme prudent, il résolut cependant de parcourir le navire avant que de faire part de ses inquiétudes aux passagers. Ayant rejoint Eugène dans l’entrepont, ü lui dit: À
—J'ai cru que tu étais débarqué pendant mon sommeil et je suis bien aise de te retrouver ici,
—Débarquer, moi ? Croyez-vous que j'ai peur du procès qu'on va mo faire au Fort Trumbull ? Quelque chose me dit que je ne serai pas condamné.
—Je ne sais pas si tu es coupale, j'ignore même Ia nature de l’acousation portée contre toi, mais je sais qu'on se montrera beaucoup plus indulgent maintensnt
que le guerre est terminée. Mais pour changer d'a pro:
æos buvons un coup. Je ne sais ce que cela veut dire
. mais j'ai une éponge dans la gorge aujourd'hui,
uis un autre, puis un € ÿ passa et, Cependan e boire.
troisième, t, Eugène
essus, réveiller les vo,
Pour Boston q L'employé avait vainement tenté de
ques S'ognements Sourds, voilà à tirer de lui,
dit Eugène,
Il est avec moi j'aous déjeu.
D'ailleurs, 5 s'était dit que le sergent on avait ea provision et qu'il n'était pas probable que son gardien put re réveiller de bonne heure le lendemain.
Eugène achevait de s'habiller et se disposait à prendre
congé, lorsque la sergent lui dit :
C'est toi Frenchy, si tu savais comme je suis male de. La têie me fend !
— Vous savez que nos billets nons donnent droit au déjeuner, ‘Venez manger un peu, oela vous remetira,
fl m'est impossible de manger. Va déjeuner seul. Lorsque tu auras fini, tu reviendras me rouver, Je té cherai de me lever et ds débarquer.
Engève so dirigea vers la salle à manger, enira par la porte de tribord, ressortit par la porte de babord, qui se trouvait la plus rapprochée du quai, gagna la passerelle et descsnäit à terre d’un pas olympien. Quelques soldats sans armes se promenaient eur le quai. Ile portaient sur leurs képis le numéro du lième, mais c'étaient de nouvelles recravs qu’Eugène ne connaissaient pas. Il les dépasse sece avoir l'air de les remarquer, prit la ligne du chemi : de fe: et se dirigea du côté de Korwich. Il savait qu’ une vingtaine de milles plus loin se trouvait Baltio, vil- Jage manufacturier où il y avait des Oanadiens- Français. T1 ne connaissait personne à Baltio, mais il savait qu'en s'adressant à des compatriotes il trouverait moyen de remplacer son uniforme par un costume moins CoMprO*
mettant. Il tournait le dos au Fort Trumbull, situé seulement{à un demi-mille, enfdroite ligne, du débarcadère où
LE
se trouvait is patsat.
Il avait, la veille promis au sergent de profiter du
premier vent favorable pour metire à la voile et il tonait parole, Cependant, il ne respira à l'aise que lorsqu'il fut rendu à environ trois uilles de Naw-London. 8e trouvant en pleine camp£gue où personne ne pouvait le voir, il prit sa course, heureux de ge senti: libre et tellement absorbé par son délire joyeux qu'il faillit gs faire écraser par un train qui lui arrive dessus au moment où il achevait de franchir un pont. Il out juste le temps de se garer, Avant d'arriver à Norwioh, le vole ferrée qui vient de New-Londou descend une rampe assez rapide, Eugène put, de cet endroit, voir une partie de la ville située plus bas, Dans l’une des rues, il aperçut quelques uniformes et juges prudent de ne pas courir le risque de rencon. trer ceux qui les portaient. Fl abandonua la voie ferrée, et alla faire à la campagne un long détour pour éviter Norwich, : :
Les bons Campagnards, qui, presque tous, avalent des parents dans l’armée, voyant passer un soldat, sortaient de leurs maisons pour lui demander des nouvelles de la guerre, Eugène rèpondatt aussi brièvement que possib!c à oeux qui l'interrogeaient, les assurant que l’armée était Jinenoiée et qu'ils ve-raiont bientôt leurs parents ct leurs amis
Vers quatre heures de l'après mil, il arriva à Balio. Toute la population valide était à Ia fabrique, Les vieil. lards, les femmes ot les enfants étaient seuls restés au
logis. La vue d'un uniforme exoita natuzellement Ja curiosité de 555 derniors, Eugère apergut un beau vieil.
lard qui parlait français avec quelques enfants, T1 s'e
il tenait orsqu'il n. $e vait le et telle- ) faire 1oment temps
ent de ugène e plus formes encon-
Ferrée, éviter
nt des taient de la ib!c à était leurs
alto, vieil.
fs au nt Ja vieil.
dressa à lui, et le mit on peu de mots au courant de ce qu’) désirait. ï
—Entrez à la maison, lui dit le patriarche, aous allons tâcher de vous sauver.
On tint conseil, et il fut décidé qu'Eugène resterait caché pendant quelques jours chez le père Labonne afin de dépister les autorités qui no manqueraient pas de télégraphier et de le faire chercher dans les grands centres. M. Labonne était le chef d’une nombreuse famille, Eugène endossa l'habillement de l’un de ses fils et l’uniforme fut caché avec soin. Le soir, il y eut réunion des Canadiens de l'endroit qui se cotisèrent pour fournit «u déserteur, l’argent qui lui était nécessaire pour retourner au Canada.
Eugène refusait d'accepter, disant que le rôle de mendiänt lui répuguait, qu'il les’remerciait de tout son cœur mais qu'il préférait entreprendre de fsire à pied ls distance qui le séparait de la frontière canaüienne, On triompha de ces résistances en lui disant que l'argent lui était fouxpi à titre de prêt, On lui donna une liste des défunts pour lesquels ses bienfaiteurs désiraient qu’il fit ‘henter des meuses lorsqu'il le pourrait, jusqu'à concurreuve du montant qu'on lui avançait.
Honueur à ces honnêtes ouvriers qui, non contents de s’exposer à des poursuiics de la part des autorités, sacrifiaient une partie de leur avoir si péni'‘uent gagné, pour venir en aide à un compatriote ! :raves cœurs } Les messes ont ont été payées depuis, mais celui qu'ils ont rendu à a famille ne se croit pas quitte envers eux
et nous pouvons les assurer de ga part jus #a reuvaiais- {| sarice sera étarnelle, 4
Engène était d'une gatté fotte, Ne pouvant sortir, ê s'amusait à chatiter en dépit des remontrancss a père La borne d n lui représentait le danger qu'il y avoit d'at- | tirer L'ittantior der voisins. Pugène se taisalt pour 1e- | comment: pr vai d'an'ès Il'avait chanté dans laprison de C'eräncbnrg, où il avait appris le Bonnie Blue Fiag ei amies: chanscas sécessionistes ; l avait chanté #4 Castle Käghtning, au Castle Thunder, dans la vrison Libby, dans le magazine du Fort Trumball, dans ia pri: son d’Alexandris et dans la salle de police du C:mp- Parole :et maintenant qu'il se sentait à peu près sauvé,
lui était impossible de se taire,
À minuit, un dimanche au soir, Eugène, après avoir (Por RC serté la main à ses bienfaiteurs réunis pour lui dire adieu, OU | partit à pied et se rendit à Wauregan, à 14 milles Hit plus loin, où il prit le train pour Worcester. A cet endroit il prit le convoi de nuit pour Montréal, où il arriva le lendemain à neuf heures. Dans l'après-midi, il s’ebarqua à bord du Chambly où il rencontra son axolen patron, celui-là même qu'il avait quitté au mois d'octobre 1863, pour aller s'engager dans l’armée américaine. Les deux hommes se reconnurent et restèrent un pou interdits, puis l'ancien marchand lui dit en lui tendant ia main :
Eh bien ! as-tu trouvé les vaches ?
— Hélas non ! J'ai pourtant fait bien des roné ‘ai
es Ars wanhrr a tanbns nn datilas né Aa brubas naiss TEWEEN S'VVVINS EVER VISTA 5 Y | Te ou
leurs, mais je n'en si pas rencontré une seule qui eut un air de famille... avec les vôtres,
D'ailleurs, chacun son métier, les vaches sont bien gardées.
Le lendemain Eugène arrivait chez ses parents où, cela va sans sans dire, il fut reçu avec une joie d’antant plus vive qu’on avait à peu près perdu tout espoir de le revoir viyauts