‹ Un Revenant [microforme]Chapitre 8 sur 74 · XI—PAS ET DÉMARCHES · texte numérisé non relu

XI—PAS ET DÉMARCHES

Duroc arriva bientôt dans les retranchements occupés par ce qui restait du 14ième. L'escouade fut dispersée dans les diverses compagnies et Léon, qui n'avait pas eu l’occasion de parler français depuis qu’il avait revêtu l'uniforme, fut bien aise de rencontrer dans la compagnie où il fut versé, un compatriote, le seul Canadien d'origine française qu'il y eut alors au régiment, C’+.

‘tait un tout jeune homme, presqu’un enfant, et cepeu-

dant, il comptait déjà sept mois de service, et semblait tout fier de l’exaporter en ancienneté sur plus d’un colosse à l’épaisse moustache, L'œil vif et intelligent, alerte et robuste malgré l’exéguité de sa taille qui avait justé la hauteur requise, (On avait pendant la guerre baissé le minimum de la taille, de 5 pieds 7 pouces a 5

pieds 3 poures.) Eugène Leduc, plus connu au régiment

sous le sobriquet de Frenchy, était le favori des vieux grognards qui l’avaient connu l'hiver précédent, au camp Reynolüs, près de Catlett’s Station, ou le 14ème avait été stationné pendant tout l'hiver. Il fit un accueil des pius chaleureux à Léon, et les deux jeunes gens commencè. rent à causer en français aveo une volubilité qui intri. guait fort leurs camarades de tranchée.

Ils dûrent bientôt interrompre leur conversation, quitte à la reprendre plus tard, Le feu avait cessé bien qu’on eût la certitude de la présence de l'ennemi

retranché à pen de distance en avant, à travers lo bois. Les soldats, n'étant plus astreints à se tenir dans la tranchée, circulaient 8 quelque distance du rempart, se réuniss Saient par SToupes, et se racontaient les péripities des huit jours de combats continuels qu’on venait de tra Verser, rappelant dans quelle circonstance tel ou tel camarade défunt était tombé sous les balles, les boulets ou la mitraille des audistes. |

—À vos rangs | crièrent tout à cOup les commandante, des diverses compagnies,

Tels qu’une couvé de poussins se réunissant sous l'aile maïcrnelle, les soldats se précipitèrent dans la tranchée à l'abri d’on épaulement en terre et chacun prit sa place dans lé rang, Au commandement, le bataillon se forma sur quatre de profondeur et partit à la course dans une direction opposée a celle que Duroc avait suivie pour se rendre au régiment. Léon erut d’abord qu'il s'agissait d’une fuite, mais Leduc exprima l'opinion qu'on allait rentorcer quelque partie de la ligne.

En effet le canon n'avait Pas cessé de tonner dans la düection où devait se trouver la batterie qui, une heure ou deux auparavant, avait pris en enfilade l’escouade en

Compagnie de laquelle Duroc était venu, Le général © Warren, informé du fcit que cette batterie fondroyait les renforts qui sontinuaient d'arriver, avait d’abord envoyé une âutr:; batterie en avant pour lui répondre, es. pérant ainsi détou’ner l'attention des ertilleurs ennemis, mais, au bout d’un certain temps, voyant que le chemin en question était toujours leur principal point de mire, à séoiut de les déjoger, Or, comme cette batterie avait

6té braquée par les sudistes en avant de leurs retranche- #ents, et dans l'unique but de recommander temporai: tement la partie du chemin qui se trouvait à découvert, comme elle n'était nullement protégée par des trévaux, les artilleurs confedérés ne jurèrent pas à propos de résister à l'assaut et détallèrent au plus vite, abandonnant la position que le fedéraux occupèrent sans coup férir. Lorsqae le 14ème arriva, le combat avait cessé, On en fat quitte pour une étape de trois ou quatre milles av pas de course, En revanche, on eut l'inappréciable avantag: *. : “availler toute la nuit à la construction de nouve’: “.iwanchements, et, le lendemain matin, l’on partait de nouveau‘ pour exécuter une série de mouvements de flanc et de marches forcées, qui, rendan: une quin gaine de jours ne laissèrent aux so!ats aucune occasion d’éprouver le genre d’ennui que produit l’inaction,

Duroc, peu accoutumée à cette vie excessivement rude, ne laissait paraître aucun symptôme de découragement, On marchait tout le juur et une partie de la nuit, on couchait à la belle étoile, le plus souvent sans faire de feu, de peur que la lueur du camp, reflétée au firmament, ne laissât deviner à l’enuemi le mouvement qu’on avait l'intention d'exécuter, Les soldats harrassés s'étenda'ent par terre tout habillés avec leur fusil chargé sous leur tête, dormant quelquefois dans ia boue et en dépit d’une pluie battante qui leur fouettait la figure.

On distribuait des rations pour trois jours à la fois, Elles se composaient de café, de sucre, de biscuits durs appelés hard tacks, et de lard salé, On les donnait on

quantité amplement suffisante pour les trois jours, mu is

| | UN REVENANT | il arrivait souvent que, le traïn d'approvisionnement se trouvant isolé, il fallait faire durer jusqu'à cinq et six jours les provisions destifiés à nourir les hommes pentrois jours seulement, On était en pays ennemi ét la maraude était tolérée sinon autorisée. Les plus malins, faisant .uine d'être fatigués, 80 laissaient traîner un peu en arrière de leur régiment, afin de pouvoir s'échapper Pour aller visiter les habitations,

La colonne de marche suivait la grande route, les hommes marchant quatre de front, le rang surnuméraire composé des officiers et sous=officicrs de compagoie oc- Cupant le flanc intérieur, Sila tête de la colonne rencontrait un obstacle, chaque groupe de qüatre s'arrétait à mesure qu'il arrivait pour donner le temps au groupe qui le précédait immédiatement de franchir le fossé ou l'arbre abaitu qui barrait le passage, Les premiers pas- 86s continusient leur marche ; les suivants, ayant été re. tardés plus longtemps, étaont obligés de hâter le pas pour les rejoindre. Ceux qui se trouvaient un peu loin en arrière avaient l'avantage de se reposer plus ou moins longtemps en attendant leur tour, avantage qui se trouvait chèrement payé par la nécessité où ils étaient

eusuite de courir pendant longtemps pour rejoindre la tête de la colonne.

La chaleur était étonffante et la poussière, soulevée Constamment par ces miliers d'hommes marchant ensemble, se collait à la sueur ct couvrait d’une couche boueuse la figure du fantassin baletant,

S'il pleuvait, la glaise :ouge, dont le so] était générale.

ént formé, se déirempait et devenait excessivement eo].

lante, Quelquefois, pendant plusieurs jours de suite la défense d'allumer des feux entraînait l'impossibilité pour les hommes d’avoir du café chaud, pendant les nuîts froides et humides qui suivaient des journées excessivement chaudes, Les soldats grignotaient en marchant ies biscuits durs, avec leur lard cru ; quelques uns mangeaient aussi le café mêlé de sucre dont ils étaient d'ordinaire abondamment pourvus,

On marchait l'arme à volonté et à mesure qu’un soidat incapable de suivre ses compagnons se laissait devancer graduellement par eux, un autre moins exténué reprenait sa place dans le rang, Lorsque tout un régiment l'avait dépassé, et que le régiment suivant l'avait rejoint, les oficiers du bataillon où il se trouvait le met tais en rang avec d’autres traïnards, La garde prévotsle qui venait en queue ds la colonne, précédant immédiatement l’arrière-garde, ramassait tous ies trainards, Ceux qui ne pouvaient plus marcher étaient confiés aux ambulances, et les autres étaient traités à peu près comme dés prisonniers jusqu’a ce qu’on les rendit à leurs régiments respectifs, à la première halte,

Il arrivait parfois que la grande routs faisait un long coude pour éviter une montée trop rapide, Du haut d'une éminence, ceux qui se trouvaient au centre apercovaient la colonne se déroulant comme un long serpent dans les sinuosités du chemin, la tête paraissant, à vol d'oiseau, beaucoup plus rapprochée que la partie intermédiaire. Un sentier étroit et escarpé mais droit, battu

par lea nas das chovanx at des m mules, et où il ont 414

impossible de passer en voiture, vu mule path aelon

l'expression des gens du pays, conduisait aux habitations eb raccourcissait la distance entre le centre et la tête de la colonne, Les trainards en profitaient pour rejoindre leurs régiments et les officiers des régiments auxquels ces trainards s'étaient mêlés momentanément, les laissaient partir per ce sentier de traverse. Les habitations étaient en général éloignées du grand chema eb bon nombre de soldats qui voulaient se livrer à la maraude se laissaient dépasser par leur régiment'exprès pour avoir l’occasion de quitter la grande route,

Les planteurs étaient à pen près tous au service des Confédérés. Les familles blanches les plus à l’aise avaient fui, emportant avec el!es tout ce qu’elles avaient ‘de plus précieux'et ne laissant qu’un peu de provisions pour nourrir les quelques nègres auxquels on avait confié la garde de la plantation, Les maraudeurs faisaient main-basse sur les volailles et les animaux. 11 leur arrivait parfois de faire de bons repas et d'apporter au retour de quoi régaler leurs camarades, Les officiers, qui souffraient de la misère autant et peut-être plus que * leurs hommes, étaient bien aises d'accepter une aile de poulet, et ils avaient la délicatesse de ne pas poser de questions inutiles à ceux qui leur procurait ce régal inattendu, En suivant les mule patAs les maraudeurs avient le temps de se reposer et de retouver leur régiment ayant la halte du soir,

ations la tête

pour ments ment,

Les hemin ! à la -xprès

e des l’aise vaient isions confié aient *arrietour , qui s que le de r de régal leurs

régi-

r les ingé- NN JIEUUVS

juste

le strict nécessaire. Les recrues avaient persisté pendant les premiers jours a transporter leur capote, du iinge de rechange, des couvertes ete., maïs tout cela avait dû être abandonné le lonz de la route à cause de la grande chaleur et des fatigues de la marche. La garde-robe de chaque soldat était maintenant réduite au linge et à l’uniforme qu’il portait sur son corps. En outre, chaque homme portait en sautoir un morceau de tente et quel. ques uns avaient aussi une toilecirée. Adieu la grande tenue, les seinturons luisants et les cuivres astiqués ! Les baïonnettes et les canons de fusil avaient perdu leur couleur argentée ce qui faisait dire à Leduo que les armes blanches étaient devenues noires,

Lo communaaté des fatigues, des misères et des dan: gers avait, sinon relaché la dicipline, du moins rapproché la distarce entre officiers et soldats, même dans l’armée régulière, et l’on remarquait que les officiers qui s'étaient montrés les plus arrogants dans les camps d'hiver étaient , devenus les plus traitables pendant la marche. "3 obéissaient à un sentiment qui paraîtra puérif de prime abord, mais qui semblera tout naturel à quiconque connait les mœurs de ce ramassis d'aventuriers de tous pays qui figuraient en si grand nombre dxas l’urmée aménicaino : Ils avaient peur d'être tués par leur propres soldats, pendant une bataille, ‘ Ne

Le quatorzième avait déjà perdu trois commandants depuis le commencement de la campagne. Le major. Hudson, blessé trois fois à la Wilderness, et, refasant de descendre de cheval, avait été conduit à l’hopital malgré

lui. Le capiteine Kyse l'avait remplacé, et avait été tué

par un traïinard du 12ème qui voulait se venger de ce que l'officier en question l’avait rudoyé quelques jours auparavant. Le capitaine Smithberg avait pris le commandant et avait eu le pied droit emporté par un éclat d'obus, C'était l’ancien capitaine de la compagnie dont Duroc faisait partie. Cette compagnie n'avait pas conser. vé un seul de ses officiers, et elle était maintenant commandée par un jeune sous-lieutenant, tout frais émoulu de West-Point, que les hommes n'avaient pas encore appris à connaître. Duroc commençait à croire qu’il gagnait bien ses mille sept cents dollars, mais il ne se plaignait pas et supportait avec vigueur et énergie toutes les fati. gues de la rude carrière qu'il avait embrassée, plutôt par nécessité que par guût,

RE D RES TT nr ne CN ET

XII Fuaènse LEepuo,

Duroc et Ledne s'étaient bientôt liés d'amitié. Comme personne de leurs compagnons ne comprenaient un traitro mot de français, il leur était facile, pendant la mar- Co, de causer entre eux Sans plus de gêne que s'ils eussent été absolument souls. Pour tuer le temps, ils s'étaient raconté leurs aventures. Leduc avait, lui aussi, passé quelques années aux Etats Unis avec ses parents. Il y était encore lorsque la guerre avait commencé. Les fabriques avaient réduit d’un quart les salaires et les heures de travail. Bon nombre de familles canadiennes re: prenaient la route du Canada. Le père Leduc y était re-

tourné immédiatement après le retour des premiers vVo-

Jontaires engagés pour trois mois, lesquels avaient pris

part à la première bataille de Bull Run. Eugène avait

été témoin du départ de la compagnie de Woonsocket R. L. Il avait aussi assisté à l’ovation qu'on lui avait

faite à son retour. Le spectacle de ces braves à la ‘figure hâlée par le soleil de la Virginie, avait enflamé sa jeune imagination. Les quelques blessés qu'il avait vu le bras en écharpe, ou se traînant sur des béquilles, lui avaient inepiré beaucoup d'intérêt. Ceux qui étaient restés sur le champ de bataille lui semblaient des martyrs de la anse de l'humanité, Tous morts, blessés et’ ceux qui étaient revenues indemnes, étaient à ses Jeux des héros. 1] serait parti immédiatement s’il eut été d'âge à s’engager, mais c'était en 1861 et il venait d’avoir quatorze

aus.

Ses parents, sa mère surtout, étaient loin de partager son enthousiosme. Dès l'âge de 12 ans, Eugène, qui avait lu et réfléchi beaucoup plus que la plupart des enfants de son âge, avait formé le projet d’embrasser la carrière militaire, carrière qui n'offre guère d'avenir au descendant d’un peuple conquis. Notre futur guerrier savait bien qu'il n'aurait jamais l’occasion de défendre le drapeau de sa nationalité puisque les Canadiens-Français n’ont pas de drapeau qui leur soit propre. Il ne se souciait pas de servir l'Angleterre, mais il y avait la Fran. ce,ce grand pays qui, quoiqu’on dise et qu’on fasse, sera toujours la patrie des Français du Canada, Ilse proposuit donc de passer en France dès qu'il aurait dix huit ans, pour s’enrôler dans la légion étrangère, bien qu'il eut été bien peiné d'apprendre qu’un Franco Canadien ne peut être admis qu'en qualité d’étranger dans l’armée

française,

Afin de ne pas trop entamer le modeste capital, fruit des économies et du travail de la famille, plusieurs Canadiens avaient pris la résolution de s'en retourner en voiture dans leurs paroisses natales, (C'était un voyage de trois ou quatre semaines, mais le cheval et la voiture restaient. Ce mode de locomotion était loin d'offrir les avantages qu’on en attendaient ; le coût de la vie pendant le trajet revenait aussi cher que le prix du passage en chemin de fer, et lorsqu'on arrivait le cheval était sur

les dents. (C'était cependant le moyen qu'avait adopté .

* la famille Leduc pour revenir au payr. Le voyage avait

été très long et très pénible mais enfin on était arrivé

Ce

sains et sauf à l’ancien domicile dans la paroisse volsine de Pingreville,

L'année suivante, Eugène avait été placé comme com-

mis dans un magasin do campagne. Le patron ne savait”

pas lire, En revanche il était excessivement buurru, Eugène faisait la comptabilité, mesurait de la melasse ec soiait le bois de chauffage. Le marchand qui ne manquait pas d'intelligence recevait plusieurs journaux. Son commis était chargé de lui lire les articles politiques. Eugène dévorait les feuilletons et suivait avec intérêt les faits et gestes d’un certain Théodore de Cerny et d’un certain Louis Vermont, deux militaires dont l'épopée était racontée par le Courrier de St Hyacinthe sous le titre “Le remplaçant et le remplacé”. Les exploits de ces deux héros l'intéressaient beaucoup plus que les affaires du commerce. Son maître le détestait et 1l le jui rendait bien. Bref, un beau jour le marchand menaça + de le battre. Eugène, qui ne révait que plaies et bosses s'empara d’un poids de quatre livres et défia le patron de Jui toucher. Oette équipée fut cause qu'on le congédia d’une feçon sommaire,

Le printemps suivant, il venait d’avoir seize ans, lorsqu’il entra pour trois ans au service d’un autre marchand dont le magasin se trouvait dans une paroisse située le long du fleuve. Encore un homme illettré qui s’occupalt beaucoup de politique. Il se faisait lire le Pays. Il était riche, possédait plusieurs terres et ava it entrepris de se défaire de son assortiment sans le remplacer. A l'époque où Ledue était entré à son service, le magasin s'était plus au’un souvenir des temps passés. Par contre

pe CRE

il avait une boulangerie attenante à l’établisssment, et l'ancien commis devait enseigner au jeune garçon l’art de faire du mauvais pain, Le resto du temps était employé aux travaux de la ferme.

Eugène s’arrangeait assez bien aveo le patron, mais la femme de ce dernier était acariâtre au possible et lui fai, sait souvent des scènes, surtout lorsqu'elle le surprenait à lire des romans, genre de littérature qu'il affectionnait peut-être un peu trop. Dans le cours de l'été, il avait quitté son patron et était allé chez un de ses oncles qui demeurait dans la même paroisse, mais le patron l'avait fait revenir en le menaçant de le faire arrêter pour désertion. Pendant quelques temps, les choses allèrent un peu mieux, mais peu après les scènes recommencèrent et un jour, c'était au commencement d'octobre 1863, Eugène fut envoyé sur une des formes située à trente arpents du magasin, pour chercher des vaches qui, parait-il, s'é— talent égarées, grâce à la négligence d’un bambin chargé de les conduire,

Chemin faisant, Eugéne se dit qu’il était devenu assez grand pour s'engager dans l'armée américaine, Ce sera toujours un commencement pensa-t-il. Dans deux ans j'aurai dix-huit ans, {a guerre américaine sera terminée, ét je pourrai m'engager dans l’armée française, Chez Eugène, entre une idée semblable et sa mise à exécution il n’y avait qu’un Pas ; Ce pas fut vite franchi, Il abandonna la chasse aux vaches, dit mentalement un éternel adieu à son intéressante patronne et prit à pied la route de Rouse's Point, C'était une marche de soixante douze millss et il n'avait pas un sou daus ça poche, Ii s'enfuit

à travers les champs et courut dans los guérêts pendant le reste de la journée,

Il était trois heures de l'après-midi, lorsqu'il avait quitté C....… Vers minuit, il était arrivé à 36 willes de là. Il n'avait pas mangé depuis widi, et il commengait à être harras sé,

Ayant aperçu un meulon d: paille de ant ane grange, il l’escalada et tâcha de s'endirwi Le id l’en empécha et, tout transi, il se dirigea "4 Ja awison, et frappa à la porte de la cuisine, Personn: n'ayant répondu, il appuya sur la clenche et la porte s'ouvrit.

Il entra délibérément et s6 coucha le long d’un gros poêle en fonte dans lequel il y avait encore du feu. Vers quatre heures du matin il fut révéillé par le maître do la maison qui lui demauda d’où il venait et ce qu'il cherchait,

— Je préfère ne pas vous dire d’où je viens, réponditil, en se frottant les yeux, mais je puis vous affirmer que je n'ai jamais été coupable d’un acte malhonnôte, Je vais m'engager à la guerre.

—Mais tu es trop jeune, on 16 voudra pas de toi.

—Je connais un jeune home qui s'est engagé il > a deux ans. Il n'avait que seize ans alors et il n'était pas plus grand que moi,

Le fermier essaya de le dissuader, mais inutilement.

—Je vous demande pardon, d’être entré ici sans votre permission, lui dit Eugène, J'avais froid, j'étais fatigué et je ne pouvais dormir sur votre meulon de paillie, J'ai d’abord frappé, puis j'ai essayé la clenche. Voyant

que la porte s'ouvrait, je n'ai pas em dävoir sous 24.

66 UN REVENANT ranger, Je VOUS remercie maintenant de v

té tu dois avoir faim, tu

artir.

m'en aller et je ne P

— Attends un Peu déjeuner avant que de P Merci, j'ai hâte de

mon départ.

e we bouchée, répondit le

Le temps de prendr brave homme en mettant devant lui un

pain et une jatte de lait.

-Fugène mange, remeroia son hôte et repartite n

traversa Chambly, puis St Jean et, Vers huit heures le samedi soir, il était à dix milles de Rouse’s Point, mais

tellement exténué par Îs im qu'il ne pou

uis retarder

fatigue et la fa jus loin. Il entra dans une maison d'assez située le long de la li

pauvr? apparence, it depuis St Jean,

fer, ligne qu'il suiva

pitalité. Un était à prendre le souper bien de lui offrir de partager: et il dût coucher Sur le lorsqu'il 8e réveilla, la

jancher. Le jendemin matin,

famille était à prendrs 802 déjeuner et on le Ses pieds étaient enflé

sans rien jui offrir.

par la marche, et il mit toute l'avant-widi à 8e rendre à Rouse’s Point:

{1 ge mit à lire les affiches de-

En arrivant à la gare

mandant des recrues, forme qui gapprocha de lui, Eugène

désir de : anga8°T et le militair pe pouvait se fairele jour même, vu que

che. C ependant ill

un éxootient diner eb un lit.

gmena à l'hôt

gne du chemin de t demanda l’hosqu'on 8e garda

laissa partit 8 et endoloris

et vit bientôt un homme en un lui exprims le

e lui répondit que © c'était diman=

el oùil jui fit donner Eugène dormit toute

l'après-midi, mangea comme un ogre au souper, 88 couche

e Me 1 4 | À # de bonne heure et 8e réveilla le lundi matin frais et dis rs oi \ pos. Il fut examiné, jugé bon pour Je service et enrôlé n \e dans le 14ème d'infanterie régulière des Etats-Unis, er | (É On ne faisait alors que commencer à payer des primes. L'engagement était pour cinq an$ et Eugène devait rec le A voir $400 de prime payable par versements, les derniers de nn Y 850 devant être payés à l'expiration des cinq ans seuleà ment. (Oela importait peu à Eugène. Ce n’était pas de n l'argent qu'il était venu chercher ; c'était de la gloire. , le à | On l’envoya au fort Trumbull où il passa deux mois nais en garnison, eb d'où il écrivit à ses parents pour leur jou= raconter sa folle équipée. Il n'oublia pas son pairon, Fes auquel il manda qu'il cherchait ses vaches, qu’il ne les in de avait nas encore trouvées mais qu'il tâcherait de s'infor- 'hos- mer si elles n'avaient pas pris la route de la Virginie. gerda Quelques jours avant Noël, il avait rejoint son régiment nur: lé près de Culpepper Court Honse. 1 avait pris part AUX la, la marches eb eontremarohes qui avaient précédé l'entrée défipartir pitive en quartiers d'hiver. I1 avait passé l'hiver au doloris camp Reynolds, où l'obligation de parler l'anglais consndre à tamment et ls Jecture de nombreux romans publiés en { cette langue et achetés du sutler, avaient achevé de le 0 108. de familiariser avc l'idième du pays D D uniprima le que cela , diman= t donner

nit toute

XIII—LES QUERILLAS

Vers le milieu d'avril 1864, Leduo venait de lire un Ouvrage que lui avait passé le sergeñt-fourrier du la come pagnie. e volume, dû à la plume d’un officier anglais, contenait une description très-winutieuse du systême militaire français. L'auteur s'attachait surtout à faire ressortir les facilités d'avancement offertes au mérite et Ja possibilité pour le soldat français de conquérir tous

les grades à la pointe de l'épée, Il n’en fallut pas plus pour décider Eugêne à tenter un effort dans le but de joindre l'armée française au Mexique. Pendant l'hiver, les gucrillas de Moseby avaient plus ou moins harcelé les troupes fédérales. Moseby et ses hommes opéraient constamment en dedans des lignes unionistes, Pour cette raison, on les considérait comme espions et l'on pendait au premier arbre tout gucrilia qui avait le malheur de tomber entre les mains des fédéraux. Far mesure de représailles les guerillas pendaient les prisonniers amé ricains qui tombaient entre leurs mains.

C'étaient des adversaires redoutables. Tantôt déguisés en soldats ‘unionistes, {ls parcouraient les Camps, se més Jant aux fédéraux sans être reconnus, et recueillaient des renseignements précieux pour l'armée ennemie, Tantôt ils fondaient à l’improviste sur une sentinelle et l’enlevaient sans cérémonie, 1ls détruisaient les ponts de che.

même An Lau nédèm ns

FRPns ÉSE, ASSquaicRt los c0nvois de vivres où 6e ren-

ee Ge 7 Mnnomemgeentennenr “agi Bi ES VS Me À

RÉ aemeA2 gap SRE ET TN

MrsTre

mer

Arucs. TE +

R.-. Pic

Re. +

Page 1