Arend % sable
>. Kaisincr.
Original from
UNIVERSITY OF CALIFORNIA
LE MYSTÈRE DE SAINT MARTIN
Premièrement ung peu fier et aygret Il faict croistre le verjust en l’aigret.
Et puis apprès par chaleur il se meure I je blanc en blanc, laultre plus noir que meure 1 ;
Lors se commencent gracieuses vendanges,
Que plusieurs gens ayment mieulx que vent d’anges ; Serpes, couteaux, sont monlt bien en saison ;
Puis de panycrs et de hoctes s’aise on 5 ;
La vis du trueil ■* de nuyt et de jour bruyt Pour ce qu’adonc le raisin est en bruyt J ;
De tous costez la large et grosse tonne.
Cent fois le jour, fort retonsdit 6 et tonne,
Et de rechief pour la tonne lyer Comment avoir souldain le tonnelyer.
Ouvrier parfaict qui soubz et sus la lye,
Affin que mieulx le bon vin sur la lve.
Bien seurement si ’ se puisse garder.
Par ce moyen vous povez regarder.
Si tant de biens Dieu le père nous fait,
Que Dieu le filz n’est cause de l’effect ;
Car en cella rien ne luy appartient ;
Dieu le père sa puissance apparttient Et son povoir dessus tous nom s pareil.
Car Dieu le filz n’est pas à luy pareil.
Non qualis pater talis filins et cetera 9 .
Ce singulier sermon met, comme on le pense, Saint Martin hors de lui ; il s’indigne, proteste et s’emporte au point d’avancer que le prédicateur « ne scii ce qu'il ilil » ;