‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 41 sur 78 · V. Petit Je Julleville, Les MesUres, t. II · texte numérisé non relu

V. Petit Je Julleville, Les MesUres, t. II

4. Petit de Julleville, Histoire Je ht Ungue et de l>: liltêi<itiire Fmitniise, t. I, pp. 415 et ss.

Original from

UNIVERSITY OF CALIFORNIA

UK RHETORIQ.rF.UR

avoir le plaisir de les vaincre et de La Vigne va nous fournir plusieurs spécimens de ces tours de force prosodiques

C’est ainsi que. dès le début du mystère, nous trouvons ce qu’on appelait alors « ballade de chant royal », réservée au sujet comportant une certaine gravité, que notre auteur emploie toutefois ici par façon bouffonne. Rappelons que cette ballade était ainsi nommée, parce que le thème en était donné par celui qui, l’année précédente, avait remporté le prix dans les concours ouverts par les sociétés littéraires, pays, jeux sous Formel, ou encore chambres de rhétorique. Ce lauréat s’affublait du titre de « roi » ou de « prince » et c’est à lui que s’adressait le mot prince, qui commence toujours

Y envoi.

Le chant royal se composait de cinq strophes de on^e vers chacune et d’un envoi de cinq ou sept vers. Les rimes de la première strophe sont reproduites dans les suivantes et dans

Y envoi, dans le même ordre et pendant tout le poème. Le dernier vers de la première strophe doit revenir comme un refrain, ou kyrielle, i\ la fin de toutes les autres. En désignant par une lettre chacune des rimes, il est facile d’en résumer ainsi la disposition régulière : a a b, a a b, b b c, b b c, qui se reproduit dans chaque strophe et dans Yenivi.

La ballade différait légèrement du chant royal, en ce quelle ne comportait que trois strophes de dou~e vers et un envoi de six vers.

Pourtant, il est à noter que dans une autre ballade (matinée de la deuxième journée'), la strophe ne sera que de huit vers et Yenvoi de quatre. L’arrangement se produira : a b, a b, b c, b c ; linvoi : a b, a b.

Voici donc la bizarre ballade de chant royal que débite, au commencement du mystère, Lucifer apparaissant aux spectateurs en « faisant cris et hurlements or cibles » :

I. Voir noMtirucnt les Jcu\ ouvrées : L'Art Je .//Y fier et fere balades,

virelais et rowi/ér/.v, J"Ki!>t.ichc Devjiunp* et T Art J; la Scieuc Je rhéto¬

rique four faite riantes •! bail.i.lej. d'ILr.iy de Croy.

Original from

UNIVERSITY OF CALIFORNIA

LE MYSTÈRE DE SAINT MARTIN

Au Zodiaque du ténébreux Pluto '

Et Megera, Theziphoti, Alctho s ,

Seurs furieuses mon povoir se provocque ;

Au fluvicux caronnye Flegcto 5 •

Ignifferant et le vil Cochito

Lymbes obscures, poinct je ne réciproque ;

Là Cerberus », vipereux, mes crins croque ;

Le navigueur Charon aussi m’estoque Dessoubs Letlies, lac dampnable, éternel ;

Puis vient Mynos 6 qui à ses jours m’ynvoque, Et Zurburbus sur ce point me convocque, Prince infernal, deable sempiternel.

En la penthère de mon dur memento Le chicaneur clergault Radamento 7 Par fathalitcs herbereux trop m’estoque,

Puis Exion 8 au paludin Trito Q Sa roc ardant près du gouffre Stito Les Tartarins ,0 fault que souvent je choque. Au mont Gargare 11 de verbérable broque Et.soubz Ismare 12 pardespit les coloque,

Leur dénotant mon povoir suppernel ;

Le cornuable Luciabelle tocque.

Porte sur tous car je suis en ce stoque Prince infernal, deable sempiternel.

Page 1