LES COMPLAINTES ET EPITAPHES DE LA BASOCHE
Fondez en pleurs et en mélancolie,
Gentilz suvsses etc....
Laissez couleurs, mettez jus allcbardes Cessez aubades, ne pensez plus à bardes....
Ostez ces plumes, ces jaquets coquardes....
Pleurez, plaignez, gémissez, povres Mores Laissez ce jaune et ce beau gris encores.
Les picqucs noires, car vous estes frelorcs....
Et vous après, désolez Albanoys Nos virevoustes et plaisants esbanoys N’ont plus de cours : laissez pavoys, escu . Dart, javelot pour jouxtes et toumoys....
Cette énumération est assez pittoresque et amusante par endroits, mais on avouera qu’une douleur sincère ne se fait guère jour.
Pleurez Palais, saint siège impérial,
Temple royal, sacre lieu curial Droit et loyal, souverain alittrosne.
Très glorieux, divin, prcthorial,
Seigneurial, théâtre historial.
Memorial du sempiternel trosnc....
Priez pour Pâme du bon feu petit Roy....
Pleurez parquets, banez, chavres, escriptoires,
Frans répertoires, audiences notoires,
Lieux peremptoires, par ung dueil nompareil.
Le bon feu Roy, qui n’eult onc de pareil
Plourez, plourez Lingières et Mercières Douces Cencières, Geôlières financières Gentes grossières ; cloez mov ces estaulx ;
Cessez vos ris, Mirolières, Bourcières Entrelacières de franches gibecières....
Plourez aussi, Libraires, Chapeliers Farceurs, Geôliers, Orphèvres, Poupeliers
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UNIVERSITY OF CALIFORNIA
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Rustres galicrs, A valeurs de fumars Pastenostriers, Revendeurs, Miroliers Houssepailliers, Porteurs de vers filiers Frans Cousteliers, laissez vos bracquemars...
Plourez aussi, povres Solliciteurs,
Entremeteurs, Tuteurs et Curateurs....
André de La Vigne n’oublie personne : tout le quartier défile : tout ce monde bigarré du Palais et de scs environs, évocation plaisante du vieux Paris :
Seigneurs, dames, demoiselles, commerçants, gens mechaniques, chantres, chanoines, enfin les moines et les religieux, Cordeliers, augustins et nonnettes....
Mais là ne se termine pas la complainte. A la Basoche de Lutècesc joignent lesBasochesdeToulouse, Bordeaux,Dijon, Grenoble qui Tune après l’autre, en vers équivoqués, batclés et rétrogrades, viennent déplorer la mort du bon Pierre de Baugé. Il faut avouer que si l’on connaît des oraisons funèbres plus touchantes, il n’en est pas de plus singulière et de plus fantasmagorique dans toute la littérature que l’oeuvre du rhétoriqueur rochellois. A ce titre, cet étrange morceau méritait bien l’analyse détaillée que nous en avons donnée.
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