‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 69 sur 78 · AND KL DE LA VIGNE, POLÉMISTE AL SERVICE UE LOUIS XII · texte numérisé non relu

AND KL DE LA VIGNE, POLÉMISTE AL SERVICE UE LOUIS XII

Le 20 novembre de l’année 1504, Anne de Bretagne fit une entrée solennelle à Paris et y fut très hostilement reçue. Les intrigues qu’elle avait nouées pour que sa fille épousât Charles d’Autriche, sa conduite envers le maréchal de Gié, la pression exercée par elle afin que futsigné(22 septembre) le déplorable traité de Blois lui avaient aliéné tous les cœurs. La réprobation de la foule se manifesta ouvertement, et les Enfants sans Souci jouèrent, sur la table de marbre et en présence de l’obstinée Bretonne, des soties qui la critiquaient. L’affront ayant été public, nul ne pouvait l’ignorer, et il n’était pas commode de peindre comme un triomphe cette entrée de la reine en sa capitale. Mais André de La Vigne écrivit une flatteuse relation des fêtes, affirma que tout s était passé le mieux du monde, prêta des transports de joie aux Parisiens, et a l’humble secrétaire » dédia son œuvre à a la plus digne qui fut onc en noblesse », â sa « très plus que vertueuse et très excellente » souveraine. Ces quelques pages sont en prose ; on y lit pourtaut un rondeau, un couplet sur les cinq femmes illustres qui ont porté jadis le nom d’Anne, et en guise d'envoi, un acrostiche.

Le rhétoriqueur, au lieu de suivre Louis XII lorsqu’il marcha contre Gênes en avril 1507, resta auprès de la reineduchesse, et il l’accompagna à Grenoble. Des lettres d’elle qu’il a contresignées nous prouvent qu’il s’y trouvait en juin. Mais il n’oubliait pas son office de poète courtisan : les suc-

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ccs que nos troupes remportaient alors, lui, il les célébrait en vers, et mettait aussi sur le chantier, connaissant les déniélés de son maître et du Saint-Siège, un factum destiné à défendre, contre la papauté, les droits de l’Eglise gallicane. Chants de victoire et censure de la politique romaine, tout parut à la fois sous le titre Louenge des Roys de France.

Les deux pièces consacrées au récent triomphe de Louis XII dénigrent l’adversaire malheureux, et le raillent brutalement. L’une (c’est la Patenoslrc des Genevois') est une plainte ou plutôt un reproche qu’ils adressent à Dieu, l’accusant d’être du parti français. L’autre, l’ Attolitepoilus de Gènes, comprend une double ballade en dialogue. Vainqueurs et vaincus échangent des insultes alternées, et tandis que ceux-ci répètent, en guise de refrain, les mots Quis est iste rex glorix ? ceux-là terminent chaque couplet par Attoliteportas!

Quant au traité où il dénonce les empiètements et la convoitise des papes, beaucoup plus modéré en ce qui concerne le ton, il offre une ordonnance bizarre, et se compose de deux parties en apparence contradictoires. Il faut donc pour pénétrer l’intention véritable de l’auteur, lire et relire ccs pages fastidieuses. Limitant le débat, André de La Vigne se borne à parler de la Pragmatique. Il raconte d’abord comment elle fut cassée (27 novembre 1461) par Louis XI, la joie de Pie II à cette nouvelle, puis, mettant en scène l’évêque d’Arras qui avait gagné le chapeau rouge à négocier cette abolition, il lui fait tenir une harangue d’une désespérante étendue. Et par la bouche de l’évêque, c’est le Saint- Siège qui parle. Nous avons là, en conséquence, une série d’invectives et même d'imprécations contre cette Pragmatique. L’orateur, à la pensée de cette institution qui a si longtemps diminué l’influence des papes, se livre aune fureur sacrée. Mais elle ne dure p-ûnt, et l’ensemble du discours nous présente (J’où le titre du volume) un panégyrique des Rois de France. Pour avoir tué une bête plus épouvantable que l’Hydre la Pragmatique, l’un d’eux est placé au-dessus d’Hercule.

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