ANDRÉ DE LA VIGNE, POLEMISTE AU SERVICE DE. LOUIS XII I 5 I
Quant aux autres princes, 1 évêque d’Arras s’excuse de ne pouvoir les mentionner tous; faute de temps, il ne couvre de fleurs que Charlemagne et sept Louis divers, puis, en guise de conclusion, il proclame quasi-divine la maison des lis.
Ainsi se déroule la première moitié de cet ouvrage... Si la seconde était perdue, André de La Vigne pourrait passer pour un fougueux adversaire de la Pragmatique. Sans doute il l’eut été en i61, mais il n’avait en 1507 ni le droit ni l’envie de l’être.
Aussi proclame-t-il, tout à coup, que de la « cassation » du saint décret nommé Pragmatique ont résulté a quatre maux ou inconvénients irréparables » qu’il s’empresse d’énumérer : « Le premier est de tout l’ordre ecclésiastique confusion ; le second est des sujets du royaume dépopulation ; le tiers est des pécunes du royaume évacuation ; le quart est des églises la ruine et totale destruction. » Mais quel dommage que ces griefs soient développés sans mesure...
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UNIVERSITY OF CALIFORNIA
LA SOTISL A HUIT PLRSOXN'AGES
André de La Vigne fit loyalement en 1507 son métier de polémiste salarié, et servit la cause de ses maîtres en travaillant A cette grave a Loucnge » qui, fondée sur l’histoire et assez bien documentée, lui demanda, sans doute, un long effort. Et pourtant, A cette meme date, le basochien, l’homme de théâtre ne restait pas inactif : il composait, â en croire M. Picot, une « Sottise » à huit personnages qui fut jouée à Toulouse. On le regarde aussi comme l’auteur du N ouïrait Monde , avec PEstrif du Pou rien et de FElclicf, moralité représentée à Paris, le dimanche n juin 1508. Nous en parlerons plus loin.
Cette pièce est beaucoup plus longue qu’une simple sottie ; elle compte plus de 1.500 vers ; il est probable qu’elle occupait à la représentation à la fois la place de la sottie et celle de la moralité. Le poète qui a mis A la scène le Monde et Abus, s’est en effet proposé de soutenir une thèse morale et il l’a rendue plus compliquée que n’ont fait les auteurs des Trois galants et des Gens nouveaux
Au début de la Sotise est placée une ballade dont les équivoques A peu près incompréhensibles, annoncent dignement les pointes, les jeux de mots, les bizarreries de toute sorte qui vont suivre : c’est le Monde qui parle :
x. Public Jj:îs le R\ tiCiI gcu:i \il des Sslties, d'Emile Pirot, Paris, 1904.
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