‹ Un rhétoriqueur: André de La VigneChapitre 72 sur 78 · LA SOTISK A HUIT PERSONNAGES · texte numérisé non relu

LA SOTISK A HUIT PERSONNAGES

Il n’y a d'ailleurs aucun rapport entre le style de Jean Bouchet et celui de notre sottie. « Que l'on étudie tous les auteurs du xvi- siècle, écrit M. Picot, on n’en trouvera qu’un seul qui ait poussé jusqu’à la folie l’amour des vers équivoqués, des vers batelés, des vers à double queue tels que nous en voyons ici par centaines :. C'est André de La Vigne. »

Le même libraire fit paraître en même temps, vers 1508, deux pièces imprimées avec les mêmes caractères, et à ce qu’il semble, en vertu du même privilège, LcXonvean Momie, moralité qui lut représentée en 130S et la Sotise à huit personnages. Ces deux pièces, représentées par le Basochien, sont écrites du même style ; elles ont évidemment un auteur unique.

Un examen attentif du Xonvean Momie permet d’y relever en toutes lettres le nom d’André de la Vigne :

C’est la vigne, c’est l’olivet

De Dieu, dont sort fruict blanc et net.

Les mots La Vigne n’ont qu’un rapport très lointain avec le passage qui précède, où XUniversité promet l’absolution à •ceux qui ont attaqué le pape. Il faut donc y voir sans doute une signature analogue à celle que le poète a employée dans ses divers ouvrages :

Cy j’est amlré de la vigne un vert jus

{Complaintes et Epitaphes de la Bascr^e.)

De la vigne ne scay trop que dire

De la vigne nully ne doit médire

De la vigne sont repeuz maintes gens....

(Le l'rrgier d'honneur.)

Mais il y a une autre raison à l’attribution de ces pièces à André de La Vigne : c'est la bizarrerie du style, l’extravagance de ces vers tarabiscotés qui sont bien le propre de notre rhétoriqueur.

Original from

UNIVERSITY OF CALIFORNIA

LF. NOUVEAU MONDE

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