VI PRÉFACE DE LA NOUVELLE ÉDITION
mière heure, un préwagnérien, si l'on peut dire, ait fini par passer de Bayreulh à Versailles, el, dans la seconde phase de ses caprices, ait voué un culte aussi enthousiaste que coûteux à l'architecture et à l'art français. En plein siècle de Parsifal, en pleine ère bismar chienne, le pauvre roi recommençait V Allemagne française telle que le prestige européen de Louis XIV et la majesté du grand siècle l'avaient faite. Sur ce point, s'il était dément, sa démence était d'origine historique el héréditaire. Il m'a semblé intéressant de le noter.
Ce qui est curieux encore, c'est que ce souverain d'esprit faible n'ait pas été un si mauvais souverain. A la tête d'un Ëiaî important, el dans des circonstances difficiles, il a fait, en somme, ou laissé faire (ce qui revient au même), tout ce que la Bavière pouvait espérer de mieux. La reconnaissance de l'hégémonie prussienne étant devenue en 1871 la carie forcée, il a sauvé l'honneur, il a ménagé l'avenir. C'est déjà beau, et c'est même très beau, quand on songe aux catastrophes qui n'auraient pas manqué de survenir, s'il avait mis dans sa politique une petite moitié du romantisme qui a désolé sa vie privée. Cet extravagant a très convenablement exercé son métier de roi. On observe même avec amusement qu'il se comportait, vis-à-vis de ses ministres el de la Chambre, en souverain sévèrement constitutionnel au mo-