AVANT-PROPOS
Il est peu de figures qui prêtent davantage à la légende et au roman que celle du malheureux roi de Bavière. A ne prendre que la France, il serait difficile de compter ce que lui doit la littérature. Il y a eu sur lui, à propos de lui ou autour de lui, des romans lyriques et des romans ironiques. Il y a eu le Roi Vierge, il y a eu le Roi Fou, et M. Jules Lemaître a pensé à la tragédie de Starnberg en écrivant ses Rois.
En Allemagne même, Louis II aura eu moins de bonheur, et son cas semble avoir fait surtout la fortune du roman-feuilleton. Il faut bien aussi se rendre compte d'une chose : c'est que, pour les Allemands d'aujourd'hui, les chefs des Ëtats moyens ne sont plus guère que des fonctionnaires supérieurs. Et le romantisme d'un préfet, fût-il de première classe, n'enflamme pas beaucoup les imaginations. Aussi l'histoire du roi de Bavière est-elle abandonnée au menu peuple des auteurs. Mais là, par exemple, il est bien certain qu'on n'appauvrit pas la matière. Nous avons