‹ Un roman d'amourChapitre 14 sur 20 · PIQUÉE · texte numérisé non relu

PIQUÉE

M. Piquée était, à cette époque, le directeur du Musée des Familles, et M. Samuel Henri Berthoud son rédacteur en chef.

Le rendez-vous demandé aboutit ; Balzac promit sa collaboration, et, au mois de mai 1842, — une lettre inédite du maître à madame Hanska, écrite du 27 avril au 15 mai 1842, précise absolument cette date, — le grand écrivain traita avec le Musée des Familles pour la publication d'une nouvelle : Un Voyage en Coucou.

L'idée première en avait été fournie par sa sœur, madame Surville, et l'ouvrage à naître devait alors avoir pour titre : les Jeunes Gens. Une des épreuves porte aussi celui de : le Clerc en Voyage. Mais il fut aussitôt raturé et ne reparut plus. Madame Surville publia, du reste, une œuvre personnelle sur le même

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sujet intitulée aussi : le Voyage en Coucou. Elle fait partie de son livre : le Compagnon du Foyer. Les deux plans sont identiques, et la comparaison entre les récits du frère et de la sœur est fort intéressante à faire. Madame Surville tenait d'ailleurs, et très justement, à sa part dans l'œuvre de Balzac. Nous lisons à ce sujet les lignes suivantes écrites par elle à la fin de la préface, demeurée inédite, du Compagnon du Foyer :

« Je terminerai cette préface en faisant remarquer que le Voyage en Coucou a eu l'insigne honneur d'inspirer le Début dans la vie à ce savant alchimiste qui convertissait le strass en diamant. C'est pour cela que cette pierre précieuse de son riche écrin m'a été dédiée .

» Paris, février 1854.

» LAURK SURVILLE, née DE BALZAC. »

Pour une raison restée inconnue, — à cause sans doute de certains côtés un

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peu trop naturalistes de l'ouvrage pour le timide Musée des Familles de ce temps-là, — un Voyage en Coucou fut rendu à Balzac le 29 mai 1842. Voici la pièce authentique, écrite de sa main, relative à l'échange de ce manuscrit contre une autre nouvelle, un fragment important de Madame de la Chanterie (l'Envers de V Histoire contem^poraîne) :

« Reçu de M. de Balzac une nouvelle intitulée : les Méchancetés d'un Saint ^ d'une contenance de dix-huit feuillets, en remplacement de sa nouvelle intitulée : Un Voyage en Coucou, sans préjudice de celle que devra M. de Balzac pour solder son compte avec le Musée des Familles, à raison des sommes reçues par lui, et de la composition de la nouvelle rendue par le Musée des Familles, aux termes de ses conventions avec M. de Balzac.

» Paris, le 29 mai 1842.

» Approuvé l'écriture ci'dessus.

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