PIQUÉ K
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Balzac reprit donc son récit, Taugmenta d'une partie très importante, et le publia dans la Législature, journal aujourd'hui rarissime, sous le quatrième titre de: le Danger des Mystifications. Lai publication commença dans le premier numéro, le 26 juillet 1842, et dura jusqu'au 4 septembre suivant.
Selon son habitude, Balzac avait pris ses précautions. Toujours désireux de rentrer le plus tôt possible en possession de ses œuvres après leur achèvement en feuilletons ou dans les revues, il avait demandé, comme garantie de ses droits, la lettre suivante au directeur de la Législature, M. Théophile Féburier :
« Paris, le 21 juillet 1842.
» Monsieur, » J'ai reçu neuf chapitres, — dont le dernier n'est pas encore terminé, — d'un roman intitulé : le Danger des Mystifications, dont vous êtes l'auteur. Je reconnais que vous vous êtes réservé le droit de rentrer dans la
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propriété de votre œuvre huit jours après la publication du dernier chapitre.
» Veuillez trouver ici, monsieur, les assurances de ma très haute considération.
» TH. FÉBURIER. »
Puis, cette seconde lettre, qui précise les conditions matérielles de la publication :
« Paris, le 27 juillet 1842.
» Monsieur,
» 11 résulte effectivement de la conversation que nous avons eue ensemble que votre nouvelle intitulée : le Dariger des Mystifications , dont j'ai acquis le droit d'insertion dans la Législature, vous sera réglée à raison de un centime par lettre, plus trois cents francs pour toute indemnité de correction.
» Veuillez agréer, monsieur, les assurances de ma très haute considération.
» TH. FÉBURIER. »
On voit par ces lettres inédites que Balzac n'avait livré d'abord que neuf chapitres à peine de son récit. Or, Un Voyage en Coucou s'arrêtait précisément à ce même nombre de chapitres, — en y comptant une courte Conclusion, — mais ne comprenait pas tous les développements du neuvième dans la Légis'.aiuî-e. La Conclusion du premier manuscrit de l'œuvre se terminait, — après la scène entre le comte de Sérisy, Moreau et le jeune Oscar Husson s'obstinant à ne pas demander son pardon, — par ces quelques lignes inédites, très développées aujourd'hui dans le chapitre neuvième :
« Moreau reprit Oscar et l'emmena chez lui, pendant qu'on allait à Beaumont chercher des chevaux de poste, et qu'il écrivait à madame Clapart une lettre qui expliquait la cause du renvoi de son fils, et que le valet d'écurie de Moreau devait remettre en accompagnant Oscar. Quelle scène pour la Mère I
» H. DE BALZAC
Des remaniements importants furent faits à ce dénouement sur la première épreuve du Voyage en Coucou. Balzac y ajouta tout le début du chapitre neuvième (remplaçant sa première Conclusion), jusqu'à la phrase où madame Clapart envoie coucher son fils Oscar, et dit à M. Clapart, son second mari : « Ne le rendez pas fou » ; puis une autre et curieuse Conclusion, demeurée inédite, dont nous parlerons à la fin de notre travail. Mais toute la seconde partie du neuvième chapitre fut écrite seulement pour la publication du Voyage en Coucou dans la Législature, sous son nouveau titre : le Danger des Mystifications.
Par malheur, le manuscrit et les épreuves du Voyage en Coucou ont seuls été conservés par Balzac. Ceux de toute la fin de l'ouvrage écrite à l'intention de la Législature, ont disparu, et sans doute pour jamais.
Un Voyage en Coucou avait été composé à l'imprimerie du Musée des Familles, chez Hennuyer et Turpin, rue Lemercier, 24.
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Mais, on Ta vu, Balzac restait débiteur de ces frais de composition, dont le compte lui fut fourni le 21 juin 1842 ; nous le transcrivons ici d'après l'original :
Première composition article Balzac, deux mille six cent cinquante-trois lignes Fr. 108 »
» Quatre placards 6 »
» Deuxième composition, trois mille trois cent soixante lignes . . 137 »
» Cinq placards 7 50
» Troisième composition, quatre
mille trente-cinq lignes 157 50
» Sept placards 10 50
» Quatre-vingt-deux heures de corrections, à soixante-quinze centimes l'heure 61 50
» TOTAL. . . Fr. 488 »
En cédant son œuvre à la Législature^ Balzac s'arrangea pour se débarrasser de ces
frais, et décida le journal à se servir de la composition préparée pour le Musée des Farnilles. Il en résulta le plus bizarre spécimen d'impression de feuilletons, le seul existant, à notre connaissance, dans ces conditions. Sur les vingt feuilletons formant l'ouvrage complet, les neuf premiers sont imprimés à l'imprimerie Hennuyer et Turpin, et les ODze derniers à celle du journal, chez Caubet, 9, rue du Cadran, sans doute le successeur d'Éverat. Gela produit, dans la Législature, une différence complète d'aspect typographique entre les deux parties de l'œuvre.
Le Danger des Mystifications contient quatorze chapitres, dont voici les titres :