‹ Un royaume de DieuChapitre 8 sur 34 · PROLOGUE DANS LE €IEL · texte numérisé non relu

PROLOGUE DANS LE €IEL

chanter, à remplir l'air du Saint Lieu de la fumée des pipes et de l'odeur des banquets; et par Tagitation, le bruit, la prière, l'abstinence et la ripaille, l'âme enfin libérée du corps contemplait Dieu face à face. . . Mais comme au vieux Peuple du Livre il faudra toujours un livre pour exalter son esprit et soutenir son enthousiasme, ces Juifs n'abandonnèrent le Talmud et son vieux labyrinthe où ils erraient depuis des siècles en quête des chemins du ciel, que pour ee jeter à corps perdu dans les folies d'un grimoire plus singulier encore : le merveilleux, l'extravagant Zohar, le Livre de la Splendeur.

Là était venu échouer tout le fatras des pensées que depuis le fond des siècles Israël traînait avec lui — vieux rêves de Chaldée et de Babylonie, imaginations de la Perse, échos de Pythagore, de Pla-

ton, d'Aristote, lambeaux d'idées chrétiennes et de spéculations arabes, abstractions les plus hautes de la philosophie et formes les plus primitives des superstitions populaires, physique et métaphysique, magie, astrologie, médecine et chiromancie, perles sombres, diamants et cailloux, idées, ombres d'idées et jusqu'aux reflets de ces ombres. Tout cela ramassé au hasard de la route, avec l'avidité qu'ont ces Juifs à saisir de la main ou de l'esprit ce qui passe à leur portée — et aussi avec l'inquiétude de toucher à l'Arbre de Science défendu par l'Éternel. Tout cela transformé, trituré, amalgamé, pour accorder ces pensées étrangères avec l'immuable vérité, qui demeurait toujours la Loi dictée par le Seigneur dans les éclairs du S in ai.

Longtemps ce trésor de pensées était

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