PROLOGUE DANS LE CIEL
Cette âme indisciplinée dont se plaignait déjà Moïse, et que le Talmud maintenait avec une si grande rigueur dans les bornes de la Loi, cette àme juive toujours en révolte, que Dieu seul a pu mater, et encore! s'évadait dans l'enthousiasme et les grands délires mystiques.
Oh! peuple étrange d'Israël, plein de déraison et d'excès! Le Seigneur lui avait dit par la bouche de son messager : " Tu es trop loin de moi, et les commentaires de tes docteurs t' éloignent de moi davantage, et tes synagogues sont devenues le séjour de l'orgueil et de la mort. » Et Israël s'était rapproché du Seigneur, mais toujours à sa façon indiscrète qui n'a jamais connu ni le goût ni la mesure.
Avez-vous vu par hasard, dans une petite ville de Pologne, un Juif au matin de la journée? Il est là, inoccupé, les bras
ballants, l'esprit vide, devant les douze heures du jour qui menacent de le submerger. Oui, que faire? Partout des Juifs qui tiennent déjà leur épave ou qui chercbent des yeux, comme lui, ce qu'ils vont bien pouvoir saisir. Mais une idée lui vient-elle, on ne sait d'où, on ne sait comment, folle ou raisonnadîle qu'importe (on en fera toujours quelque chose!) déjà ses pieds se sont mis en mouvement. Plus de repos, plus de répit! les douze heures du jour sont trop courtes pour son activité forcenée.
Parce que le Balchem avait dit : Il faut prier Dieu dans la joie! on se mit, dans les synagogues, à prier en claquant des doigts avec un bruit de castagnettes, à se balancer d'avant en arrière et d'arrière en avant, pour que le corps tout entier participe à l'invocation divine, à danser, à