‹ Un saintChapitre 24 sur 52 · V. Cousin · texte numérisé non relu

V. Cousin

Ce 16 mars.

Samedi, 10 mai.

Ma très chère amie,

Je vous ai vue partir avec peine, mais je sentais que la vie de Paris ne vous convenait pas. Vous sortiez beaucoup et vous vous fatiguiez.

J'espère que vous a déjà fait du bien, et que cette solitude vous

rendra votre voix, car pour vos battements de cœur je les rapporte en grande partie à l'affreux événement

Mais comment employez vous votre temps à X... ? L'administration ne vous peut suffire. Lire est une grande ressource, mais qui s'épuise....

Je vous souhaite par-dessus tout du soleil. J'ignore ce qu'il est devenu. Donnez m'en des nouvelles si vous en avez. Je devais aller passer quelques jours à Morfontaine(l).Le mauvais temps m'en a empêché, et me cloue à la Sorbonne. J'y travaille à un livre qui sera terminé dans un ou deux mois et qui fera un assez grand contraste avec Mme de Longueville. Tout le monde me demande la suite de la vie de la belle dame, au lieu de cela on aura de la métaphysique. (2)

Ce livre ou plutôt cette édition nouvelle d'un ancien livre ranimera-

(1) Où habiiaient alors Odilon Barrot et Barthélémy Saint-Hilaire.

(2) Le volume Du Vrai, du Beau et du Bien, paru en 1853.

telle l'orage qu'excitent d'ordinaire mes ouvrages philosophiques ? Nous verrons. J'ai pris de grandes précautions. Mais que peut la sagesse contre l'intolérance? Elle peut au moins s'en moquer, etc'est bien ce que je ferai, pourvu que j'aye pour moi les bons juges. C'est là le difficile^ et je n'ai pas de trop bons pressentissemens à cet égard. Adieu, ou plutôt à revoir, car vous m'avez pronjis une petite visite cet été. Mille tendresses.

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