ANCIEN ASILE DE SAINT-JEAN DE DIEU
[étranger qui visite pour la première fois notre pays est frappé du grand nombre des monuments monastiques et des maisons de charité et d'éducation qui couvrent son sol. À Québec et à Montréal, comme à Sorel, aux Trois-Rivières, à Saint-Hyacinthe, et dans beaucoup de villages, son «il rencontre nartout, outre les églises, des convents, des collèces, des séminaires. Ce spectacle limpressionne et il porte haut dans son estime le peuple canadien. Souvent il Le proclame ie peuple le plus religieux du monde et en même temps,
.inême, le plus heureux. Franchement, sans vanité nationale, 1l y à du vrai dans cette apprécation, Pour peu qu'un Canadien voyage en
uticle a été écrit en ISSN 511 S'auit donc de l'ancien
unt-Jean de Dieu, qui a été incendié en 1890.
dehors de la patrie, il n'est pas longtemps sans faire les mêmes remarques, et se dire avec une douce satisfaction que son cher pays soutient avec avantage la comparaison avec Îles autres sous le rapport moral et religieux.
D'où vient cela ? L'histoire, je crois, nous donne la réponse.
Tandis que les Anglais s'empressaient d'établir partout des comptoirs dans les colonies qu'ils fondaient en Amérique, les rois de France, préoccupés de sentiments plus élevés, avec la &loire et les avantages matériels de la patrie, cherchaient à entrer dans les vues du Christ par l'extension de sa divine religion. Nos pères secondaient cette pieuse intention de leurs souverains, et fondaient à même leurs deniers ces vieilles institutions que l’on aime tant à revoir aujourd'hui: les couvents des Ursulines, de la Congrégation de Notre-Dame, les hospices de l'Hôtel-Dieu, de l'Hôpital-Général les séminaires de Québec et de Montréal.
Les générations suivantes suivirent leur hon exemple, et aujourd’hui, le sol de notre province de Québec est littéralement couvert d'églises et d'institutions de toutes sortes.
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Je dis grand, et cela sous tous rapports ; grand par les dimensions de l'édifice, grand par l'étendue de la propriété, grand par l'excellence de la conduite qui est tenue dans cet établissement.
Le visiteur est d'abord frappé des proportions colossules de cet édifice. [l mesure 630 pieds de facade ; il a six étages, et quoique fait par parties et à des époques diverses, il offre un coup d'œil tout à fait imposant. La magnifique avenue qui y conduit, et les brillants parterres qui l'entourent, nous donnent une réminiscence des fameux jardins de Versailles. Au loin, la vue jouit d’un spectacle enchanteur. À droite s'élève la montagne de Montréal, ayant à ses pieds la grande ville étincelante de clochers, de toits et de dômes. Un peu plus au sud, court dans l’espace le beau pont Victoria, En face de l'asile, notre grand fleuve passe avec calme et majesté, et semble dire . “Cest avec raison que je m'appelle le #najestueux Saint-Laurent : peu de fleuves dans l'univers ont
une apparence aussi royale.” Un peu plus loin
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