‹ Un sanctuaire canadien [microforme]Chapitre 3 sur 16 · RER · texte numérisé non relu

RER

LR re

J'excepte toutefois ce laps de temps de vingt. cinq années près que je viens de signaler. Icm

nous sommes, pour ainsi dire, en plein temp.

moderne; et l’histoire n’est plus muette. Depui#

1870, le vieux sanctuaire du Cap a attiré l’attentior M

publique ; les pèlerins isolés se sont faits plu: nombreux d'année en année, et un véritablk 4

pèlerinage s’est formé graduellement. Aujourd’hui 4

— depuis dix ans surtout — ce ne sont plus seu:

lement des pèlerins isolés qui fréquentent la pe. #..

tite église du Cap, mais les foules s’y transportent Î

comme au céièbre sanctuaire de Beaupré. Les «

diocésains de Montréal et d’ailleurs y viennent à

en foule comme les paroisses trifluviennes et

nicolétaines.

À ces falaises, où n’abordaient autrefois que la

chaloupe et le canot, l'on voit arriver aujourd’hui

des vaisseaux de haut bord chargés de pèlerins

ou de tourisves. Du côté du nord, le village est

relié au chemin de fer du Pacifique par un

embranchement qui y donne facilement accès,

hiver comme été.

Ces améliorations considérables faites en faveur

du pèlerinage du Cap sont dues en partieulier à l'initiative intelligente et à l'esprit de foi de

M. le sénateur Montplaisir, paroissien du Cap,

| et de M. Télesphore Normand, député des Trois-

Rivières pour la chambre locale.

Aussi, grâce à ces améliorations en partie, les pèlerins se font-ils plus nombreux que jamais.

M. l'abbé Duguay, curé de la paroisse, m'a dit que

“le nombre des pèlerinages organisés s'était élevé,

Aujourd'hui A “l'année dernière, au chiffre de 58, et celui des

nt plus seu.

se Uilerins en général à 35,000 environ. Quelle a pe.

pe “différence avec l’année 1890, où l’on ne compta que

ransportent - dre : 3,000 pèlerins en tout !

aupré. Les} 4 EAN MERE AA # Mais je n'ai dévoilé là qu'une partie du secret

y viennent |

“en question. Il faut admettre, par l’histoire sacrée

vien Re et par la tradition, que la Vierge par excellence

foi ÿ qui a mérité d’être bénie entre toutes les femmes, PTOI8 que la .

À “qui a été saluée comme pleine de grâce par un aujourd’hui - Lin … prince de la cour céleste, et qui a déclaré elle-même e pélerins

P é croi être appelée bienheureuse par toutes les

village est k. | générations, il faut admettre, dis-je, que souvent

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e par un … CRD à 4 cette Vierge a vu se réaliser et les paroles de ent accès,

« l'ange et sa propre prophétie. Dès les premiers î temps de l’Église, et dans le cours des siècles, des en faveur î tieulier à « le foi de

sanctuaires de toutes dimensions ont été érigés

… en son honneur ; et parmi ces sanctuaires, il en

est quelques-uns sur lesquels elle s’est plu à jeter

di

des regards de prédilection. Le premier en date comme en sainteté est celui de sa propre maison à Nazareth. Après l'avoir favorisé de ses grâces et de ses dons, et en avoir fait un lieu de pèlerinage pendant de longs siècles, elle n'a point permis qu’il fût profané par les infidèles, et elle le fit un jour, comme nous le savons, transporter par les anges à Lorette, en Italie, où il est depuis six cents ans l’objet de la vénération universelle.

Et qui ne connaît les célèbres sanctuaires de

Notre-Dame de Fourvières, de Notre-Dame de la :

Garde, de Notre-Dame de la Salette, de Notre. Dame de Lourdes en particulier ? Voilà des lieux à jamais bénis et favorisés de la Vierge Immaculée. Qui dira toutes les grâces, toutes les faveurs spirituelles comme temporelles obtenues aux âmes guidées là par la foi, l'espérance et l’amour ?

Ici, que le lecteur me permette une remarque qui a sa justesse, il me semble. C’est que Marie, dans le choix de ses sanctuaires privilégiés, paraît avoir une prédilection marquée pour les sites pittoresques. Je puis du moins en signaler quelques-uns avec connaissance de cause pour les avoir contemplés de mes propres yeux; je veux parler en particulier des sanctuaires de Notre-

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* Dame de Lorette, de Notre-Dame de Fourvières, : de Notre-Dame de la Garde et de Notre-Dame

de Lourdes. Rien de plus grandiose ou de plus gracieux que ces sites ! Pour l'un, c'est un coteau couvert de lauriers roses au pied duquel se déroule une belle campagne ; pour un autre, c'est la mer avec son vaste et mystérieu.: horizon, et sa surface mobile, qui tantôt reflète :e ciel avec ses aspects divers, tantôt présente l'image de sa colère et de sa fureur; pour un troisième, c’est le tableau d’une riche et populeuse cité qui s'étend à ses pieds et la peinture de deux fleuves qui réunissent leurs ondes fugitives; pour un

quatrième, enfin, c'est la vue de montagnes à

. hautes cimes, de collines gracieuses et de vallées

verdoyantes.

Eh bien ! le site du Cap de la Madeleine n’est Les

pèlerins et les touristes ont pu remarquer, par un

pas non plus sans attraits ni charmes.

beau jour de printemps ou d'été, comme il est varié et rempli de lumière. Son horizon offre le gracieux et le grandiose à la fois. Du côté de

Québec, c'est le Saint-Laurent qui déploie au

loin avec majesté sa large nappe d’eau ; vis-à-vis, : la rive sud offre le joli tableau d’un coteau convert

de bocages, où se mêlent des arbres fruitiers et des arbres d'ornement ; plus haut l'œil contemple avec bonheur les églises de Sainte-Angèle, de Saint-Grégoire, et dans le lointain la flèche élancée de la cathédrale de Nicolet ; du côté du nord, on aperçoit la cité trifluvienne avec les dômes et les clochers de ses églises et les toits brillants de ses grandes institutions ; enfin, le fleuve avec ses vaisseaux à vapeur et à voiles offre un spectacle toujours vivant.

Sous un autre point de vue, quand la Vierge bénie se choisit quelque part un sanctuaire, elle se prépare d'avance des agents qui favorisent plus ou moins ses desseins de miséricorde. Notre pèlerinage du Cap n’a pas échappé à cette loi. Le prenier curé, messire Paul Vachon, dont j'ai déjà parlé, et qui s’est intéressé à l'établissement de la confrérie du Rosaire, était un prêtre tout à fuit selon le cœur de Dieu, si nous en jugeons par l'acte de sépulture consigné dans les registres de la paroisse. Il est dit de lui, entre autres choses, que, muni des sacrements ordinaires, après avoir desservi ladite paroisse du Cap l'espace de 44 ans, avec édification et à l'avantage de tous les paroissiens qu'il a luissés embaumés de l'odeur

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“de ses vertus et dans lu douleur d'avoir perdu “son digne pasteur qui les a instruits également

par ses paroles et par ses exemples...

* M. le curé Duguuy m'a dit en outre que ce prêtre distingué faisait partie du chapitre de Mgr Laval, premier évêque de Québec.

Le second instrument dont s’est servi visi-

. blement la sainte Vierge pour former le pèlerinage

en question, est peut-être le premier en mérite ;

» je veux parler du regretté curé Désilets, vicuire

général du diocèse des Trois-Rivières. Son rôle

sous ce rapport . été évidemment considérable. C’est à partir du commencement de sa desserte de la paroisse du Cap que les pèlerins étrangers ont commencé à fréquenter le béni sanctuuire. On aurait dit qu'il avait été placé là pour ne s'occuper que de la confrérie du Saint-Rosaire : il ne faisait qu'en parler en public comme en particulier.

Aussi sa dévotion vive envers la sainte Vierge datait-elle de loin. Encore jeune homme, aux séminaires de Nicolet, de Québec, de Sainte- Thérèse, il manifestait un grand amour pour Notre - Seigneur et pour sa Mère bien - aimée. Élevé au sacerdoce, cette tendre piété, cette vive

dévotion ne fit que s’accroître en lui, et lorsqu'il fut nommé à la cure du Cap, où il trouva établie la confrérie du Rosaire, il donna libre carrière à son zèle envers le culte de Marie.

Cette bonne et puissante Mère ne fut pas longtemps sans bénir les efforts de son apôtre par des faveurs nombreuses et vraiment merveilleuses. Un jour, c’est un pont de glace qui se forme tout à coùp, presque au printemps, pour faciliter le transport de la pierre destinée à la construction de l’église neuve ; un autre jour, c'est un enfant noyé que l’on retrouve immédiatement après des prières faites en l'honneur du saint Rosaire ; d’autres fois, ce sont des personnes qui proclament avoir été œuéries soudainement de maladies graves et invétérées : bien souvent, : sont des faveurs spirituelles obtenues dans un pèlerinage à l'antique sanctuaire.

Bientôt aux pèlerins privés qui se comptent par centaines et par milliers succèdent les pèlerinages publics organisés. Les paroisses de Saint-Grégoire, de Sainte-Angèle, de Bécancourt traversent le Heuve et font cortège avec la ville des Trois- Rivières et les paroisses aux environs du Cap. Le

dévot pasteur eut donc, avant de partir, en 1888,

lorsqu'il a établie

arrière à

fut pas Ôtre par eilleuses.

rme tout iliter le struction enfant près des Osaire :

clament S graves faveurs

antique

ent par rinages ‘égoire, sent le Troisap. Le 1888,

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pour un monde encore meilleur, la douce satisfaction de voir son cher sanctuaire visité et par de powbreux pèlerins privés et par des pèlerinages publics. J'aime à penser que son âme bienheureuse se plaît souventaujourd’hui àerrer autour de ceslieux qui lui furent autrefois si agréables et si chers...

Je crois devoir ajouter, pour rendre toute justice à ce dignitaire défunt, qu'il a pris, je crois, de concert avec monsieur le sénateur Montplaisir, l'initiative dans les démarches relatives à la construction du quai considérable qui existe maintenant au Cap. (1)

Il est un autre agent providentiel que la Vierge du Rosaire à fait et fait encore servir à ses vues miséricordieuses : c’est le R. P. Frédéric, disciple de saint ['rançois d'Assise, autrefois au poste important de vicaire custodial des Franciscains à Jérusalem, et établi au Canada depuis une dizaine d'années, ce me semble. Il parut dans la région tritluvienne juste au moment où le grand vicaire Désilets commençait à décliner et à

entrevoir le port éternel...

(1) Les lecteurs, désireux de connaître plus en détail la vie du grand Vicaire Désilets, pourront recourir à la grande édition du Sanctuaire Canadien, laquelle comprend là biographie du regretté défunt,

Ces deux hommes se comprirent tout de suite | en se rencontrant, et on aurait dit deux frères qui se revoient après une longue absence, tant il y avait de points de contact et de ressemblance dans leurs caractères : même amour vif pour Notre-Seigneur, même dévotion tendre pour la Reine des anges. Le P. Frédéric continua donc l’œuvre si bien commencée, et l'on sait avec quel dévouement il se porte toujours à l'accueil des pèlerinages qui se font au Cap de la Madeleine. Son éloquence facile et onctueuse, sa robe de

bure qui rappelle l’humble pénitent d'Assise, sa

vie austère et toute pénétrée de surnaturel, ses connaissances des sanctuaires de Terre-Sainte, tout cela forme en lui un attrait puissant qui active les pèlerinages au sanctuaire du Rosaire. Grâce à son zèle et à sa connaissance de la ville de Jérusalem, les pèlerins ont le précieux avantage de faire au Cap les stations du chemin de la croix dans les mêmes proportions de distance—réduites au tiers —que le véritable chemin parcouru par le Fils de Dieu. L’illusion est poussée même jusqu'aux formes et aux accidents du terrain. Une autre œuvre qui signale la large part que prend le P, Frédéric à ce pèlerinage, est la

frères qui tant il y emblance vif pour > pour la nua donc avec quel cueil des adeleine.

robe de \ssise, Sa urel, ses e-Sainte, sant qui OSaire.

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ze part , est la

t de suite

publication des Annales du Rosaire : intéressante

publication qui renferme, outre des études sur la

sainte Vierge et les récits des nombreuses et merveilleuses faveurs obtenues au petit sanctuaire, qui renferme, dis-je, des photogravures les plus variées des villes et monuments de la Terre- Sainte. Chaque numéro contient une de ces photogravures avec une explication relative. Avec le temps, cette collection formera un recueil rare eb précieux.

Sur la liste des pieux ouvriers que Marie utilise dans la formation et l’affermissement de son sanctuaire du Cap, je ne veux pas oublier de signaler le très vénéré prélat des Trois-Rivières. De temps à autre, il interrompt le cours de ses importantes occupations pour venir saluer les pèlerins étrangers. Sa parole simple, limpide et élevée à la fois, pleine d'images et de flammes, rappelant la grande manière de l’évêque à la bouche d'or, produit dans l’auditoire qui l'entend une impression inoubliable. (On dit que Sa Grandeur aime à visiter son pèlerinage diocésain. Aussi me semble-t-il que lorsque l'heure sera venue pour Elle d'aller recevoir là-haut la cou-

ronne de justice, une de ses dernières pensées, un

de ses derniers regards sera pour le sanctuaire de la Vierge du Rosaire, qui a daigné, dans le cours de son laborieux pontificat, manifester si visiblement ses bontés sur ce coin de terre de son diocèse...

Je ne dois pas non plus, en terminant cette esquisse des agents dont s'est servi la sainte Vierge dans la form:tion du pèlerinage du Cap, omettre de mentionner M. l'abbé Duguay, curé actuel de la paroisse. Disciple du regretté grand vicaire Désilets, il a hérité du manteau de son zèle et de sa charité. 1l est tout à fait dévoué aux intérêts du sanctuaire eb de la .paroisse, Au milieu des nombreuses occupations de son ministère, il trouve encore le temps de s'occuper des archives et de copier de sa propre main de vieux et volumineux documents.

Enfin, si je ne craignais pas de pousser trop loin ma thèse des agents providentiels, j'ajouterais que Léon XIII, l'illustre Léon XIII est venu lui-même se mêler au concours. Par l'obligation qu'il a faite aux enfants de l’Église de réciter annuellement le Rosaire dans le mois d'octobre,

il a consacré notre sanctuaire du Rosaire et lui a

promis, pour ainsi dire, l’immortalité.

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| En finissant ce petit travail, j'ajouterai qu’un lérudit, un archéologue, comme, par exemple, : M. Sulte, notre savant historien, ne ferait pas lsans quelque intérêt le pèlerinage à la vieille paroisse du Cap. Il trouverait surtout dans Îles archives une ample matière à sa soif de connaître. Il y verrait en outre, avec un cœur ému, deux vieilles constructions datant du dix - septième L siècle : la résidence des jésuites et le moulin banal, lesquels ressemblent à deux vieux amis voisins

! qui jasent ensemble du bon vieux temps.

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