Pourquoi j'ai payé 6,000 francs
Il n’est pas vrai que j'ai payé 6,000 fre pour désintéresser Lalère et Sudre. Ce que j'ai fait, c’est de prêter, 6,000 francs, pour un mois, avec intérêt, contre un billet promissoire signé par Cesbron et Pesnel époque, je croyais honorable, j'avais reçus à la mairie; et pât aller à Londres, où elle disait que Miss de qui elle pouvait recouvrer cette action.
Je le demande, maintenant, au lecteur:
— N'est-ce pas là une fausse représentation de la part de M, Dayras, de dire, dans ces circonstances, que je consentis à compenser Lalère et Sudre, ce qui veut dire que j'ai accepté de leur payer, de ma poche, le préjudice à eux causé par Pesnel, indiquant que j'en reconnaissais la responsabilité 2
Mais, ici, il y a encore un faux récit des faits dans l'exposé de M. Dayras, parce que Sudre n'avait rien du tout à voir dans cette affaire, étant donné que sa plainte ne fut faite qu’à peu près un mois plus tard; d’ailleurs, si M. Daÿras à dans l’idée, non pas les 6,000 frs que j'ai prêtés à la Pesnel, mais mon consentement, soit à désintéresser Lalère et Sudre, soit à déposer une somme d’argent comme caution, selon la condition imposée par Mangin Bocquet pour me rendre ma liberté, en attendant la décision du Tribunal : alors, comme je l’ai
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dit auparavant, je l'ai fait comme une rançon (quoi qu’aient pu le nommer les sages de Versailles) pour sauver ma vie des mains d’hommes qui étaient, ou tout-à-fait ignorants de ma condition physique, ou qui désiraient ma mort, et que je regardais comme j'aurais regardé des brigands qui n'ayant capturé, me demanderaient la bourse ou la vie. ‘
Mais on verra la décevance de cette affirmation de M. Dayras, lorsqu'on saura que le Tribunal de Versailles a rendu un jugement en ma faveur, le + mars 1910 (plus de trois ans après l'initiation de mes poursuites) pour me rembourser cet argent du prix des objets mobiliers du couple Cesbron Pesnel saisis et vendus à leur domicile. En effet, si cet argent eut été déposé pour payer Lalère et Sudre, le Tribunal de Versailles se serait contredit en en ordonnant le remboursement à moi, des objets mobiliers de la femme Pesnel; mais le Tribunal a préféré contredire M. Dayras, le fait est que le jugement fut rendu pour le paiement de la note promissoire signée par Cesbron et Pesnel en ma faveur.
La difficulté que j'éprouve maintenant n’est pas due à ce que j'ai fait crédit à la femme Pesnel en me reposant sur la valeur de ses effets ,mais c’est pour recouvrer l’argent des mains du Trésor publie, ce que je n’ai pas encore pu accomplir, bien que cette affaire ait été en cour depuis plus de trois ans.
Comme une nouvelle confirmation, j’ajouterai qu'au moment où je devais envoyer mon manuscrit à l’imprimeur je reçus une lettre de mon avoué à Versailles m’informant que je pouvais toucher immédiatement, en vertu du jugement du 4 mars 1910, une partie des fonds de Pesnel saisis au Parquet. Je me rendis aussitôt à Versailles, t le 30 janvier 1911, je retirai, de la Caisse des Dépôts et Consignations, la somme de 3,611 francs et 35 centimes à déduire de la somme À moi due par Pesnel Mon avoué m’informa aussi qu’il faudra encore des formalités et peut-être un autre jugement pour retirer la balance; mais il m’assura que cela ne prendra pas plus que quelques mois encore pour terminer l'affaire . Il se peut cependant, que la publication de ce récit dans l'intervalle, puisse modifier le résultat de ces nouvelles poursuites.
To. Mon innocence prouvée par la correspondance.
M. Dayras finit sa diatribe en disant que ce ne fut que grâce à la correspondance déposée par moi qu'on put reconnaître mon innocence, mais que j'avais été un instrument et une dupe.
Eh bien! alors. si cette correspondance était si décisive, pourquoi
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toute la peine de cette interminable enquête? La correspondance qui prouva mon innocence fut découverte dans mes malles et saisie par le juge d'instruction, quelques jours après mon entrée à l'hôpital, et tout ce que j'ai déposé ensuite ne fit que confirmer ce qu’on y trouva. — Ceci fut reconnu à cette époque et publié dans la presse,
Le Daily Telepraph du 6 décembre 1906 rapporte ce qui suit à ce sujet :
‘La malle du Dr Hébert contenait différents papiers, et la corres- “pondance expédiée de Paris, qui prouve complètement sa bonne foi, “et fait savoir comment il a été dupé... Si la moindre ombre de “doute a jamais existé dans l'esprit du juge d'instruction, au sujet “du rôle que le docteur Hébert a joué dans cette affaire, elle est à pré- “sent complètement dissipée. Il fut la dupe des C'esbron-Guérin, “et rien de plus.” L
Le Daily Chronicle de la même date, dit :
“D’après un télégramme de l'Exchange, il n'ÿ a pas de doute “que l'accusation de complicité dans les fraudes matrimoniales, contre “le Dr Hébert, sera abandonnée.”
Toute la presse anglaise et française en était remplie.
De plus, il n’y avait aucun doute, étant donné les preuves que le Parquet possédait, que le couple avait élaboré des préparatifs pour m'assassiner, Les preuves, de tous côtés, étaient complètes et décisives.
Mangin Bocquet, cependani, aurait perdu la notoriété qu’il convoitait, et l’avancement qu'il avait en vue, si l’accusation contre moi avait été abandonnée à ce moment; mais il ne voulait à aucun prix perdre cette occasion.
Dans la même partie de son réquisitoire. M. Dayras dit, en parlant de moi, relativement à la Pesnel: Elle fit de lui son instrument de tous les instants, car cet homme calme se trouva vite comme fasciné par ce verbiage quelque peu enfantin, mais qui le grisait, l'entraînait, le persuadait.
Toutes ces banalités de M. Dayras ont rapport aux vingt minutes qu’elle a passées chez moi, accompagnée de Lalère, que je n'ai jamais revu avec elle à aucune autze époque, jusqu’au moment de l'instruction. Ces vingt minutes sont maintenant devenues “tous les instants.” I] a conçu l’idée de les transformer en une éternité de tous les instants, pour donner de la force aux suppositions qu'il affirme dans son réquisitoire.
En lisant ce passage, réellement, on s'étonne qu'un homme d’un ‘calme imperturbable’ une minute auparavant, se trouve si aisément et si vite en proie à de si singulières perturbations d'esprit. Ça ressem-
ble un peu à un conte de fée, ou à une transformation de loupgarou. Comment faut-il appeler cela, si ce n’est pas du roman ? On croirait que M. Dayras est là pour voir tout ce qui se passe eu moi, et qu'il le ressent lui-même. N'’est-il pas plus probable que M. Dayras décrit ses propres sentiments au moment où la Pesnel lui en imposait ?
Quant à l'affirmation de M. Dayras que j'ai été une dupe, c’est plus par les dupes que la Pesnel à faites des autorités du Parquet de Versailles à mon préjudice que j'ai souffert que par m'en avoir imposé à moi-même, Tout ce que M. Dayras peut voir, c’est que j'ai été victime et il est incapable de discerner la différence entre cela et être dupe parce qu’il ne peut pas suivre les petits détails de l'affaire.
Considérez le nombre de lecteurs de la presse anglais et français qui ont cru les mensonges publiés dans les journaux à mon sujet. Etaient-ils tous des dupes imprudentes? Personne d'entre eux ne s’est donné beaucoup de trouble pour vérifier ces histoires qui, à l'exception de celles inventées par Mangin Bocquet, puisaient presque toutes leur origine de la femme Pesnel. Les a-t-elle tous dupés à distance? Pourquoi M. Dayras n’a-t-il pas fait mention de ce fait dans son réquisitoire, ce qui aurait été tout aussi à propos que ce qu’il en a dit de moi ?
Pour conclure, je retourne à M. Dayras toutes les insultes gratuites, les invectives et les vilenies dont il cherche à me couvrir dans aou réquisitoire, car je considère qu’il les mérite plus que moi.
M. FABRE DE PARREL.
Vous qui écoutez avec crédulité, les murmures de l'imagination et foursurvez avec ardeur les fantômes de l'espérance.
JOHNSON, ‘Rasselas," Chap. I.
M. Fabre de Parrel, Procureur de la République au Parquet de Versailles, (qu’il ne faut pas confondre avec M. Hector Fabre, Commissaire Général du Canada en France), à en juger par sa position élevée, doit être un homme intelligent et de connaissances étendues.
Jai eu fort peu d'occasions de l’observer. Je l’ai vu deux ou trois fois pendant ma détention à Versailles. Je ne puis, par conséquent, faire d'observations sur son compte que par ce qui s’est passé à ces Occasions, et par sa conduite à ce moment-là, plus particul‘èrement à l’occasion de Pentrevue que j'ai eue avec lui, et dont Me Allain me parle dans ges lettres; mais, prenant cet incident par lui-même, l’on
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serait justifié de dire que si l'épithète “d'immense crédulité”, inventée où nlutôt adaptée par sf. Dayras, est applicable à quelqu'un, qui ait été mêlé à cette misérable affaire, il la mérita plus que personne,
Il est facile de voir, par les lettres de Me Allain et par mon récit de l’entrevue que j'ai eue avec M. Le Procureur, que quelqu'un lui avait dit que Me Allain m'avait promis d'obtenir ma mise en liberté en deux jours, en faisant intervenir l'Ambassade Britannique (et, par déduction, la flotte Britannique, s’il était nécessaire,) en ma faveur, soi-disant dans le but que je lui confiasse ma défense,
C'aurait été, en effet, une méthode de procédure bien raide et à laquelle l'administration de là justice française, comme on peut le voir, n'est pas habituée ; et, Par conséquent on ne doit pas être surpris, de voir la consternation de M, le Procureur, s'il croyait à une telle catastrophe.
11 faut espérer que M. Fabre de Parrel ne crut point que l’Ambassade Britannique ou la flotte Britannique auraient agi dans un but semblable, et que la paix de l’Europe n'était en aucune manière menacée en conséquence ; mais qu’il ait cru que Me Allain m'avait fait une promesse ei absurde, est plus qu'évident, comme je vais tâcher de la faire voir.
De même que les autres membres du Parquet de Versailles, M. le Procureur savait que j'avais écrit au Consulat et à l'Ambassade Britanniques, qu’ils m’avaient répondu et conseillé de consulter Me Allain, et que j'avais vu Me Allain plusieurs fois selon leur consil; et quand on lui eut dit (qui l'aurait fait, je ne le sais pas, où l’aurait-il imaginé lui-même ce qui ne serait pas à son avantage?) que Me Allain m'avait fait une telle promesse, il le prit teilement pour certain qu’il ne vit pas la nécessité de me dire ce qu’il avait dans l’idée tant il était certain que je savais ce qu’il voulait dire; il ne crut pas nécessaire d’oblenir mon assentiment à la vérité de l’histoire,
IL est vrai, cependant, qu’il me demanda si je comprenais, et que j'ai répondu wui. Je Comprenais la signification des faits qu'on me Frésentait, mais je ne savais pas l’histoire absurde et improbable qu’il avait dans l'esprit. Je croyais qu’il faisait allusion à la correspondance que j'avais eue avec l'Ambassade et le Consul Britanniques, pour laquelle tout le Parquet, à cette époque, avait manifesté son mauvais vouloir, et 1 usait de réprésailles à mon
nez, que je n'avais 14 impressions et désirs :
faire coriprendre que Ï
pas venues à mon secours; mais je ne savais pas qu'on lui en avait imposé avec ure lsioire de la sorte,
Il ne me vint mème pas à l’idée, dans la suite, qu'il pensait peutêtre à l'avertissement de la Pesnel à l'audience des 11 et 13 juillet 1907, à Versailles, qu'il y avait 300,000 fusils entre moi et la France Pour me seutenir dans mes prétendus exploits d'espionnage.
Après tout, serait-ce Pesnel qui lui aurait suggéré en particulier cette jte, ainsi que l’histoire dont Me Allain s'est plaint à moi ?
11 ; aurait eu quelque excuse, pour M. le Procureur, à penser que j'aurais pu croire une histoire de la sorte, vu que tout le Parquet mettait en doute ma santé mentale, au point d'instruire un médecin aliéniste de venir m'examiner; mais, croire qu'un homme dans la position de Me Allain au Barreau français, aurait proposé ou promis une absurdité de la sorte, et en être assez certain pour n'en pas demander la moindre confirmation, ne peut être qualifié par aucune expression plus appropriée que celle de “crédulité immense”, qu'on trouve dans le vocabulaire de M. Dayras.
Evidemment, M. le Procureur en était certain, et se trouvait aussi profondément hypnotisé par cette suggestion que Lalère l'avait été par la femme Pesnel, et il n’était probablement pas dans un meilleur état de conception pour accenter ou pour entendre une dénégation, si on en avait fait une, cu.rze j'ai fait ia triste expérience de l’observer auparavant avec plusieurs d’entre eux.
Mr, WORMS.
M. Worms est le Président du tribunal de Versailles J'ai eu bien peu d'occasions de l’observer. En effet, la seule où je lui ai parlé fut dans le mois de juillet 1907, à l'audience de l'affaire d'escroquerie contre la femme Pesnel . A cette occasion, il était Président du Tribunal qui jugea la cause. Je laisserai done la tâche de le présenter à mes lecteurs, au Journal des Débats du 13 juillet 1907, dont je cite l’appréciation suivante:
Journal des Débats. Samedi, 13 juillet 1907.
Au jour le Jour.—Un juge—M. Worms, juge, est en train d'acquérir quelque célébrité. On parla de Ini, pour la première fois, lors des inventaires. Il avait à juger M. de Vézins et ses co-accusés qui avaient, des galeries d’une cathédrale, lancé une chaise sur la tête d’un préfet. 11 les condamna, ce qui était son devoir; il les condamne très sévèrement, ce qui était, à la rigueur, «on droit. Préalable
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ment à cette condamnation, il avait eru devoir leur adreser quelques invectives, Il les avait appelés, notamment, des apaches pieux, Ce mot lui avait fait plaisir à lui-méme, et il l'avait répété à plusieurs reprises,
On avait généralement trouvé, à cette époque, que ce nu rat, qui, solidement abrité derrière son “comptoir”, «e permettait d'inaulter des hommes sur qui il allait aséner deux ans de prison, était aussi dépourvu d'élégance que d'héroisme, et peu de gens avaient été tentés d’assimiler sa physionomie, qui est des plus particulières, à la figure impartiale et sereine de la justice.
Nous avons eu hier une nouvelle incarnation de ce Frégoli judiciaire. Après le juge qui frappe, nous avons eu le juge qui rit. Ce fut une grande première, dans la salle de la Cour d'Assises de Versailles, où ce magistrat s'était transporté pour pouvoir exercer ses talents devant un public digne de lui.
On jugeait Mme Cent-Kilos, qui pratiqua l'escroquerie au mariage. La dame et le juge firent rapidement assaut de bons mots. M. Worms avait préparé, dit-on, les siens. Mme Cent-Kilos improvisait les répliques. Quelques-ungs furent heureuæs et d’autres foue droyantes.
Ces deux partenaires, en somme, se montrèrent à la hauteur lun de l'autre; ils furent vite de plain-pied, et, au ton de courtoisie prévenant avec lequel ils discutaient, on en arrivait à ne plus savoir lequel jugeait l’autre,
11 y eut un moment où Mme Cent-Kilos eut l'avantage: ce fut sur le terrain du {roit; lorsque le juge, ayant émis, sur la rigueur de la preuve en matière pénale, une théorie qui généralement n’a Pas cours, son interlocutrice le rappela victorieusement au respect des principes.
Mais où M. Worms reprit ses avantages, c'est quand il eut à parler d’un personnage qui s'appelait Soleil, et qui jouait un rôle dans l'affaire. Ce nom lui inspira des traits dignes de Molière. A propos d’une vieille marquise qu'on voulait Ini faire épouser, (je dis à Soleil et non à M. Worms) M. Worms suggéra “que ses rayons l’auraient peut-être rajeunie”. Il insista sur le trait, de peur qu’il ne fût pas compris. Il dit que le nom de Soleil devrait illuminer le “Bottin des poires.” Il dit encore “Nous voulons faire la lumière complète, éblouissante, surtout quand il s'agit de Soleil.”
Par le sujet de la pièce, la scène représentait la & agnotte; par le niveau du comique, elle la dépassait. La salle était secouée d’un rire irrésistible. Les avocats se cachaient la tête dans leurs manches.
210 UN SCANDALE FRANÇAIS les assesseurs se tenaient les côtés, jamais été à pareille fête,
Nous lui conseillons pourtant de se méfier.
santeries, même quand elles sont les plus longues, finissent par Quand M. le vice-président Worms aura épuisé le plaisir qu’il se cure, et sera las de rire avec Mme Cent-Kilos, il pensera aux « sérieuses et lui donnera le maximum. Cela aura commencé P Guignol; mais cela finira par le commissaire, — F,
Dans le cours de mon interrogatoire, il tenta q elques plais ries à mes dépens; mais il n’insista pas beaucoup. à momen je racontais la tentative de mon assassinat, par exemp2, et où j dis qu’on attendait Parrivée de Mary Smith le soir même, il me so: les mots “Enfin seuls”; mais je n’acceptai Pas Sa provocation à duel de bons mots à la hâte avec lui; car je savais que, dans l’atti d'esprit du Tribunal Concernant leur supériorité intellectuelle, plaisanteries n’auraient pas été drôles: au contraire, on aurait P trouver de ja folie. Je ne lui ai, même, pas dit que j'avais été |
avec elle, auparavant. Je n'osai pas, non plus, faire aucune allu: à sa puysionomie particulière, que J'avais moi-même remarquée av même que l’auteur de l'article dans le Journal des Débats en eût : mention; car si je l'avais fait, j'aurais eu peut-être à en souffrir ;
que rous n’étions pas sur le même pied. Je n'avais pas épinglé r
bons mots sur mon dossier, comme on a dit qu’il l'avait fait lui-mêr
Je n'avais pas de dossier, pas de notes d'aucune sorte, je ne prêtai I
attention à ce qui n'avait Pas trait au sujet en question, et je le lais
jouir de sa plaisanterie en silence,
Le Petit Journal du 14 juillet 1907, silence et à l'agitation de Pesnel, qui s’évertuait encore à absorb l'attention du tribunal avec la question d'espionnage contre moi, à faire oublier aux autorités les accusations d’escroquerie et de tes tative de meurtre contre elle, dit :
“L'animation de Justine est contagieuse,
“Ta salle hurle, trépigne, et le président à grand’peine à calme “l'auditoire.
“Seul, le docteur Hébert à conservé “reprenne ja question de son propre assas, “au débat.
“Mais sur ce terrain, il s’anime, il s “longues heures, et Prononce, non pas u “droyants contre J ustine.”
et la prévenue elle-même r
Les meilleures
en faisant allusion à m
son flegme; il faut qu’ol sinat pour qu’il s’intéress:
’emballe, il parle pendant trois in, mais dix réquisitoires fou.
Ce fut aussi à cette audience et par ce tribunal, dont M. Worms était président, que Ja questis1 de m’admettre comme “partie
elle-même n'avait
es meilleures plai-
inissent par finir
laisir qu’il se proensera aux choses commencé par le
elques plaisante.
u moment où np2, et où je lui me, il me souffla provocation à un e, dans l’attitude tellectuelle, mes on aurait pu y j'avais été seul aucune allusion ‘emarquée avant bats en eût fait en souffrir; vu as épinglé mes ; fait lui-même, e ne prêtai pas et je le laissai
illusion à mon pre à absorber contre moi, et rie et de ten-
eine à calmer
il faut qu’on lil s’intéresse pendant trois
iisitoires fou-
t M. Worms ime “partie
Hesse mnatters
€” fut décidée vontre moi. Ce tribunal, cependant, n’était proba-
pas préparé à faire face aux conséquences d’une décision rare: car si] m'avait accordé mon admission comme “partie civil non cons, Me Salmon, se proposait de porter objection à la compétence 2: tribunal à décider de l’affaire, et de formuler une demande pour une ordonnance de transférer l'affaire à Fontainebleau; ce qui aurait été un aveu que toute cette longue instruction n'avait servi à rien, étant donné qu’on avait déjà refusé la même demande plusieurs fois au cours de l'instruction.
Il y a, cependant, plusieurs points en faveur de M. Worms, que je désire reconnaître publiquement: Lorsque Me Crémieux tenta de me déconcenter en me disant, au commencement de l'audience, qu’au lieu d’être assis parmi les témoins et d'être admis partie civile, je devrais être à côté de sa cliente comme accusé avec elle, M. Worms le remit immédiatement à sa place, en lui faisant remarquer qu’il n’avait aucun droit de dire cela et il s’exprima d’un ton qui ne laissa à Me Crémieux aucun encouragement à revenir à cette tactique.
M. Worms reconnut qu'en lisant le dossier de l'instruction, il avait remarqué les contradictions que j'avais indiquées entre les témoignages de Brunet et de Lalère. Il reconnut aussi, ouvertement, que le témoignage de Lalère à l’audience était en contradiction avec celui qu’il avait rendu à l’instruction.
En somme, je puis dire qu’il a été juste. La question de mon admission comme partie civile aurait pu amener pour eux des difficult:s qu’il ne considérait pas comme nécessaire d’encourir après m'avoir fait bénéficier d’une ordonnance de non-lieu.
M. Dayros lui-même s’opposa à mon admission comme partie civile, et je ne pense pas qu’il ait adopté cette opinion sans quelque raison importante, à moins qu’il ne reconnût trop de contradiction avec une de ses déclarations, dans son réquisitoire, que l’inculpation relevée à ma charge n'avait pas été suffisamment établie, ce qui impliquait Ja possibilité de l’établir par plus de preuves; tandis que mon admission comme “partie civile” était un décret judiciaire que mon innocence et ma décharge étaient complètement établies, semblable en cela à la déclarution d’un tribunal d'Angleterre, qu’un accusé quitte la Cour sans une tache à sa réputation. Toutefois, la Cour d’Appel de
Paris a infirmé leur jugement, et m’a reçu partie civile.