‹ Un scandale français [microforme]Chapitre 43 sur 45 · Mon système fautif de défense · texte numérisé non relu

Mon système fautif de défense

Mon système de défense n’a pas été ce que M. Dayras eût espéré d’un homme inn:xent, Néanmoins, dès le commencement, j'ai nié les fausses aceusatiens et les allégations incriminantes portées contre moi par la femme Pesnel et autres. J'ai produit les preuves documentaires que j'avais, pour soutenir mes dénégations ; j'ai démontré, par un calme raisonnement, l’absurdité de ces accusations, et le manque de logique des argments avancés contre moi, et je m’en suis toujours tenu à mes affirmations sans jamais me contredire.

M. Dayras fit mention de mon témoignage contradictoire avec celui de Brunet, comme un éxemple où je suis supposé n’avoir pas dit la vérité, mais l: vérité ne produit pas toujours une impression assez vive pour déraciner le préjudice chez certains esprits. En effet pour eux, le vrai n’est pas vraisemblable, après l'avoir revêtu du manteau fantastique de leur propre imagination. Evidemment M. Dayras ne

en que uction, cept:on es n'éhypno-

a femqu'elle résume ans les nt les stablede l'en | demi )risonoilà ce | grosétran- 8 tout même,

minuour le

avec as dit assez pou r nteau as ne

connait pas la différence entre une vérité et un mensonge, simplement à les entendre prononcer; car je crois avoir prouvé la véracité de mon témoignage d’une manière concluante à toute personne logique et sans préjugé, qui puisse me suivre dans “mes petits détails”, où M. Dayras affirme que je me perds quelquefois,

Cette affirmation de M. Dayras a rapport à quatre mémoires que j'écrivis pendant ma détention, pour critiquer le témoignage de Brunet, et dans lequel je fis voir les défauts et les inconséquences qui s'y trouvent, ainsi que les différences et contradi"tions avec le témoignage de Lalère et le mien; mais ce n'était pas moi qui me perdais dans de petits détaits; c'était bien M. Dayras qui ne pouvait pas m'y suivre, et qui se perdit lui-même dans le labyrinthe des mensongees de Pesnel, en vains efforts pour y découvrir la vérité: car l’histoire fondamentale du réquisitoire de M. Daÿras à été prise dans le récit original de la Pesnel, qui fut amendé, où on le prouva faux, mais retenu, où l'on ne trouva pas de preuves contradictoires, bien qu’il y soit tout aussi faux.

Pesnel elle-même était pleine de confiance en son pouvoir de leur en imposer, et c’est quelque chose qui me surpasse, qu'un magistrat prenne le bavardage d’une femme si criminelle, et en fasse la base de l’histoire d’une affaire sérieuse, dans laquelle elle est la plus intéressée.

Mis il y avait quelque chose dans mon s stème de Cefense qui empêcha M. Dayras de croire en mon innocence, qu'il évita de mentionner et qui fut pour beaucoup dans le préjudice qu’il s'était formé contre moi, à savoir :

Je n’ai pas montré mon mépris pour un tribunal de justice, dont J'espérais recevoir justice et équité; je n’ai fait aucune démonstration; je n’ai pas gesticulé comme un maniaque; je n’ai pas crié plus fort que tous les autres; je n'ai non plus rien affirmé, sur un certain ton de voix que les sages de l'administration considèrent comme caractéristique de l'innocence, Au surplus, j'avais la mauvaise habitude d'écouter l’autre côté, et de raisonner, quand, selon eux, j'aurais dû me mettre en colère, afin de donner à mes affirmations l'empreinte de la sincérité. Je n'ai, non plus inventé de fausses accusations contre Personne, et tout cela les surpassait. La femme Pesnel fit tout cela, et s’attira leur admiration, et l’attribut de la perfection.

Certaines autorités judiciaires françaises croient :éellement pouvoir décider de la véracité d’une affirmation, par le ton de voix avec lequel elle ost exprimée, et se fient à leur impression en donnant leur jugement.

Un exemple notable de ce que je veux dire a eu lieu récemment en France, et fait voir le principe de la tonique qui caractérise l’in-

nocence, et la tendance des tribunaux français à découvrir indifféremment un coupable ou un bouc émissaire, pour tranquiliser l’esprit français au sujet d’accusations douteuses.

Je fais allusion à l’affaire de l’assassinat de M. Rémy, un banquier de Paris en retraite, par son valet nommé Courtois, qui accusa le sommelier Renrrd de complicité dans le meurtre. 1l n’y avait aucun témoignage contre Renard, qui a toujours protesté de son innocence. Rien que des préjugés et des opinions préconçues de gens vains et suffisants, genre Brunet, qui firent part de leurs impressions, lesquelles n'étaient basées sur aucun fait, et Renard fut condamné aux travaux forcés à perpétuité, tandis que Courtois, l’assassin réel, fut condamné à vingt ans.

Le Daily Chronicle du 11 février 1909, rapporte que:

“L'un des membres du jury qui condamna le couple, interviewé “aujourd’hui, déclara qu'au premier scrutin, huit d’entre eux votèrent “la condamnation de Renard. Avant même de se retirer, les jurés “décidèrent que les protestations d’innocence de Renard n’élaient pas “sincères,” (c’est-à-dire n'émettaient pas la tonique requise). “Ils “hésitèrent, cependant, à l’envoyer à la guillotine, et on lui accorda “le bénéfice de circonstances atténuantes.”

Par la suite, l'annonce qui suit parut dans le Daily Chronicle du 9 juin 1909:

“Paris, 8/6/09.—Courtois, le valet et l’assassin de M. Rémy, “banquier en retraite, et qui mourut en prison, en awtendant sa “transportation à (Cayenne, avoua à trois compagnons condamnés, “peu de temps avant sa mort, que lui seul était coupable du crime “et que Renard, le sommelier accucé avec lui, était innocent.”

Cet exemple fait voir clairement qu’en France, on est exposé à être accusé, condamné ec peut-être exécuté sur de fausses allégations, soutenues seulement par des préjugés sans aucune preuve de faits, à peu près comme on le voit dans les soi-disant pays non civilisés. Si Courtois n'avait pas été sur le point de mourir, Renard aurait été, sans doute, envoyé à son châtiment comme beaucoup d’autres, dont personne n’entend plus parler après,

On fera quelque chose, maintenant, à l’aide d’une bouteille d’encre, d’une feuille de papier et d’un fonctionnaire romancier, pour cacher les bévues de l'administration aux yeux du publie, comme on l’a fait, Dieu sait combien de fois, dans l’histoire de l’administration de la justice en France, et comme on l’a fait pour moi.

L’affirmation de M. Dayras, que tout laissait supposer que j’étais le complice de la Pesnel, n’est qu’une excuse pour les erreurs des fonctionnaires de ladministration, qu'il faut présumer infaillibles,

rir indifféquiliser l’es-

my, un ban- , qui accusa Il n’y avait esté de son ;ues de gens impressions, t condamné ssassin réel,

, interviewé eux votèrent er, les jurés v’élaient pas uise). “Ils lui accorda

’hronicle du

M. Rémy, tendant sa condamnés, le du crime (A4

st exposé à allégations, ve de faits.

on civilisés.

l'aurait été, iutres, dont

uteille d’ener, pOur Camme on l’a istration de

ser que j’éerreurs des infaillibles,

11 faut donc que ce soit la faute des apparences, mais du jugement des fonctionnaires, Jamais, et que la nature ait dû faire une erreur en produisant des phénomènes semblables, à cause, sans doute, de ma Propre imprudence à laisser M. Dayÿras, (comme je le fis dans une autre occasion avec Lalère), croire en la fausse : pparence de ces phénomènes, Evidemment, je suis responsable de toutes les notions erronnées de ces personnages,

Pour ce qui concerne les “accusations acharntes de Mme Pesnel”, qui caractérisèrent sa détermination, sinon sa

sincérité, il est bien évident que

le Parquet en a suivi Pinspiration, et l’a prise pour guide, et ne s’est pas basé sur les autres excuses avancées pour me détenir, — Il ne comprit pas qu’elle les inventait en guise de feinte, contre le témoignage qu’elle savait que je devais donner sur sa complicité dans l'affaire de Bois-le-Roi, tant était grande la conpiance qu'il avait en elle, pour employer le langage de M. Dayras.

Page 1