AVEC LE COUPLE
disait-on, “voudraient expécela se fait tous les jours de vendre à Londres sous les Vous entendiez les et sans aléa; vous n'auriez à fournir
s pour pas moins de 30 à 40,000 francs
de toute l'affaire et cest de ence des Cesbron. Etant intéressé dans
que ni Cesbron ni Pesnel ne se), et qui aurait pu se charger de cette
cette lettre, en donnant on pour examiner le projet y men-
à l’heure indiquée sous bron, demeurant No. 4
Il avait
les yeux et les cheveux noirs et une un son de voix âpre Particulier, Son maintien était tranquille, 11 n'eut pas grand chose à dire pendant notre entrevue,
La “Dame” portait une toilette soignée, mais sans éclat. Elle avait un fort embonpoint, des muscles solides, une figure carrée, des traits grossiers, les cheveux bruns et une volubilité de langue qui indiquait une expérience considérable du monde. Elle se chargea de soutenir la conversation.
118 m'annoncèrent qu'ils étaient mariés, à l'aise, et vivaient d’économies que Cesbron soi-disant avait faites comme chimiste.
Avec Kur prétentions polies d'honnêteté et d'honneur, j'étais Join de soupçonner que j'étais en présence de deux filous rusés qui ne reculeraient pas même devant l'assassinat pour obtenir leur but: mais bien que je n'eusse jamais d’appréhension d'être assassiné, j'étais,
néanmoins, en garde contre eux sur la possibilité de leur mal teté,
longue barbe, un teint de cire et
honné-
On se fera une meilleure idée des caractères roma
qui j'étais en relation en donnant ici un relevé & cédents :
rquables avec nuis de leurs anté-
Justine Pesnel.
(Voir sa photographie sur la couverture)
autrement nommée Marie Guérin, ou Madame Cesbron, ou Madame Cent Kilos, avec une vingtaine d’autres noms qu'elle s’est arrogés à différents temps, est née à Paris le 2? mars 1862,
Il est très difficile d'obtenir une histoire exacte des aventures de cette femme, à cause des différents noms qu’elles s’attribua à différentes occasions et des histoires mensongères qu’elle a racontées à son sujet; mais on peut recueillir la description suivante de ses antécédents, d’après les recherches qui ont été faites sur son compte au moment de l'instruction de l'affaire dont il est question dans ce récit par la sûreté et par les autorités judiciaires, telle que rapportée dans les journaux et dans le dossier de l'instruction,
Le lecteur ne devra pas perdre de vue le fait que les détails, je puis, maintenant, lui donner, m’étaient tout à fai qu'au moment où il furent mis au jour par les re tration judiciaire et par consé meurtre sur ma personne.
Dans la description qu’elle fait d'elle-même, elle prétend être descendant de Duguay Trouin, qui vainquit la flotte anglaise en 1707. Elle compte, parmi ses ancêtres, un certain Pesnel Hucheloup, fameux corsaire do Granville qui, dit-elle, fit beaucoup de dommage
que t inconnus, juscherches de l’adminisquent, longtemps après la tentative de
de cire et quille, 11
lat. Elle arrée, des angue qui hargea de
ent d’éco-
‘étais loin jui ne reut: mais i, j'étais, nalhonné-
bles avec urs anté-
Madame rrogés à
ventures a à difontées à es anténpte au ce récit
ée dans
ils, que À is, jus- À Iministive de
d être
ise en
loup, nmage
aux anglais, Elle soupçonne qu'elle a du & Elle affirme qu'elle s’instruisit elle-mê Monsieur Tout le monde,
Elle adopta un grand nombre de métiers: Elle fit des fleurs, “olporta des iouchons aux chimistes pour un fabricant de bouchons, Elle veudit des oeufs des fruits, du lait, ete. Elle se fit Caissière dans ün café. Enfin elle chtint une situation comme correspondante
chez un gent matrimon'al, où elle fit son apprentissage dans l’oc- Cupation qui la rendit fameuse.
Ce re fut pas long avant qu’elle matrimoniale À Paris, ce qui l’amena en conflits fréquents avec la police. En c nséquence de ces mésaventures elle fut contrainte de changer souvent son nom et son adresse. Elle quitta son pays plu-
sieurs fois et y retourna après avoir successivement exploité Rome, Milan, Florence, Bruxelles, cte., etc,
Un de ses exploits dans cette dernière un neveu du President du Sé engagée par elle pour jouer le fortune de 8,000,000 francs.
Le couple fut marié
ang bleu dans les veines.
me par l'enseignement de
établit, elle-même une agence
ville fut d'introduire à nat belge, une artiste de Vaudevil'e rôle d’héritière, censée posséder une
en temps régulier et la jeune épouse fut pré-
La jeune mafrancs, comme
L’imposture fut découverte lorsque le mari s’aperçuc
que son épouse ne portait Pas son collier de diamants, que Pesnel n
e voulait plus lui rendre, Alors, il institua des Poursuites pour annuler son mariage,
En conduisant ses opérations, Pesnel savait toujours s'adapter à toutes les circonstances ; elle se faisait l'agent ou lhéritière selon l'occasion, En conséquence, elle s’est mariée elle-même plusieurs fois, et, à l’époque de l'aventure qui forme le sujet 4
Elle à ruiné Presque tous ces maris, qu’elle quittait, ensuite, Pour en marier un autre . En conséquence, plusieurs de ces maris vécurent en même temps et elle fut arrêtée, traduite et condamnée à trois ans de prison pour bigamie et escroquerie,
Sans entrer dans tous les la police, it suffirait peut-être damnations qu'elle a reçues
détails de ses nombreux conflits avec de mentionner que le nombre de conpour bigamie, escroquerie, ete, ete.
toutes réunies se montaient, à l’époque de ce
s recherches, à un total de 16 ans + deux mois de
prison, ce qui, ajouté aux 8 années de travaux forcés qu’elle subit, en ce moment, pour sa part de culpabilité dans la tentative de meurtre sur ma personne, formerait un total de plus de 24 ans de sa vie active passée en prison,
Son emprisonnement. eprès tout, semble avoir été Je plus grand accomplissement de sa vie,
Réné Auguste Cesbroz.
(Vie sa photographie sur la couveriure)
Le compagnon de Pesnel ne qu’elle le fut elle-même :
furent publiés à son sujet :
Il est né le 17 septembre 1856. Ces subi quatre termes d'emprisonnement l de 8 mois, en 1898.
Sa soumission à Pesnel, l’obéissance qu’il Jui témoignait, son amour d'aise et de Paresse, sa carrière d'escroc en fit un instrument
de la plus grande utilité pour Pesnel dans l’exéce d’escroquerie et de » 'urtre.
fut pas l'objet de tant de recherches car il disparut; mais les détails suivants
t un repris de justice, ayant Jour escroquerie, le dernier
ution de ses plans
Pendant son incarcération à Clermont, Pesn lisant certains vieux livres, elle découvrit un récipé pour conserver le lait et qu'aussitôt mise en liberté, en 1903, elle organisa une affaire de lait au No, 85 rue de Maubeurge, Paris, avec deux ou trois asso- 4 ciés, Cependant, elle inséra alors plusieurs annonces dans “Le Journal”, dans le but de trouver d’autres associés, car elle eut certaines difficultés avec ses associés actuels,
Ce fut par le moyen de l’une de ces annonces qu’elle fit la connaissance de Cesbron, et Presque aussitôt, elle alla vivre avec lui au
No. 4, rue Cavendish, Paris. L'affaire de la Rue de Maubeuge fut, alors, bientôt abandonnée,
Pesnel et Cesbron alors réunirent
organiser une autre affaire de lait, probablement dans le but de créer des occasions d’escroquer quelqu'un,
En 1905, Pesnel et Cesbron s’installèrent à Versailles, où, par î * ils réussirent à meubler un
el nous apprend qu'en
leurs forces et s’appliquérent à
sans épargne, Leur résidence n était remplie de meubles ches et d’ojbets d'art rares et dispendieux. 4 En même temps, ÿ. visitaient Londres, à la recuerche de com- le
à un total mandataires et de capitalistes pour lancer leur nouvelle affaire, Ils
} années de demeurèrent quelques semaines dans le Queen’s Rd, Bayswater, et vi-
* culpabilité sitèrent, souvent, le Café Monico.
it un total Un jour, ils demandèrent au gérant de ce Café où ils Peurraient trouver quelqu'un à Londres qui parlât français, ayant uno bonne
plus grand connaissance de chimie, et il Mais on verra plus tard qu'il de la manière dont ils obtinrent
IT recommanda de s'adresser à moi ; ue donnèrent toute une autre version mon nom et mon adresse,
Ma carrière personnelle n° sant pour le lecteur que ce décrire; j'en fais un court ré du lecteur qui uésirerait en
a rien d'aussi attrayant ni intéres- Iles des deux caractères que je viens de cit simplement peur satisfaire la curiosité savoir quelque chose,
recherches s suivants
ice, ayant Paul Z. Hébert, e dernier
Je suis sujet britanique, né en Canada, le 25 mai 1849, à peu
nait, son près 1? milles au sud de Montréal.
strument Mes ancêtres, qui étaient d'origine normande émigrèrent au Cases plans nada, peu de temps après la découverte de ce pays par Jacques Cartier. + En 1872, je pris mes degrés de Docteur en Médecine et Maître
en Chirurgie, avec honneurs, à l'Université MeGill de Montréal. La classe des honneurs se composait des messieu
irs suivants, dans l’ordre nd qu’en de mérite, tels qu’ils sont inscrits dans le calendrier de la Faculté: onserver #% “Osler, Browne, Waugh, Marceau, Hebert, Pegg, St. John and e affaire © Morrisson.” Dis a8s0- À Osler ci-mentionné est inaintenant Professeur Regius de méde- 2 Jour- 8 cine à l'Université Oxford.
ertaines J’ai aussi obtenu en Canada, trois diplomes d’Instruction Militaire d'Infanterie et d’Artillerie, la con- Après avoir gradué, j’exerçai ma profession aux Etats-Unis. penlui au dant à pou près 6 ans et je vins ensuite à Londres, ge fut, à En temps régulier, je subis un examen devant le “Royal College - of Physicians” et obtins ma Licence. Je <ommençai alors à exercer rent à |4 la médecine à Londres, but de Dans la suite, je fus admis membre de la “British Medical Association” ; “Fellow”? fondateur de la “British Gyÿnoecologica] Society”, ù, par membre de conseil, de comité d'édition comme collaborateur, contriler un buant régulièrement aux Pages du journal de cette dernière Société : idence membre du “Collège of Medical Greduates and Polyclinie” de Londieux. dres. ete, et j'ai oxercé la profession de médicine à Londres continuel. com- lement depuis 1879,
J'ai aussi fait partie de plusieurs sociétés scientifiques non-médicales et j'ai écrit plusieurs articles sur différents sujets pour plusieurs journaux.
entr
Après que Pesnel #t Cesbron se “rssent ainsi introduits chez moi,
nous eûmes plusieurs entrevues et, finalemeut, nous signâmes un conrat provisoire par lequel je m’engageais à apporter à la société mes
connaissances et mon concours uctif pour le bon fonctionnement de l'entreprise, et Cesbron, l'idée de l'affaire, et un procédé pour la conservation du lait, que je devais présenter au public sous mon nom. De plus, chaque partie s'engageait, sous peine de gros dommages et intérêts, à ne pas établir d'autre société, ni acquérir aucun intérêt dans aucune affaire pour la conservation ou la vente du lait, sans Vautorisation écrite de l’autre, Mon parent pouvait remplir toutes ces conditions facilement. |
Après avoir signé le contrat, je les invitai à venir déjeuner avec moi le dimanche suivant. Je leur demandai commert ils avaient su mon adresse et mon nom, et ils me répondirent qu’ils avaient entendu parler de moi par une jeune dame de leur connaissance, qui leur apprit aussi que je parlais le français. Je leur dis alors qu’ils me feraient plaisir en invitant cette jeune dame à les accompagner, et à venir ‘déjeuner avec eux. Ils vinrent donc tous trois le dimanche suivant, et cette jeune dame, c'était Marÿ Smith, dont nous reparlerons; mais je ne l’avais jamais vue,
Plus tard, Cesbron me communiqua la nature de son procédé de conservation, qui vonsistait principalement dans l'usage, comme prése: vatif, du formol, substance interdite en France pour cet usage.
Nos relations, cependant, ne furent pas interrompues, car je m’engageai à faire des expériencrs pour découvrir un meilleur procédé, pendant que Cesbron s’accupait de chercher les capitaux nécessaires pour lancer l'affaire. 11 alla successivement à Alençon, à Trouville, à l’Isle-Adam, d’où il m’écrivit, et je lui répondir que j'avais déjà obtenu de bone résultats dans mes recherches. Il m’écrivit alors, en date du 11 juillet 1905, la lettre suivants:
‘*Je ne suis pas surpris de votre prompte réussite cependant, je ne ‘m attendais pas à un si beau et si rapide résultat. , Nous allons nous “installer à proximité de Trouville, qui se trouve en même temps dans le "oisinage de nos futurs associés, et, quand nous serons installés, et que Jus serez au point, si vous pouvez distraire quelques jours de repos, ‘vous nous feriez grand plaisir de venir partager notre paisible et m1- ‘““deste villégiature".
don eo ie.2e snhaemenasse cc
Le 19 juillet 1905, il m’écrivit ce qui suit :
ment de pour la lon nom.
mages et n intérêt ait, sans ir toutes
ner avec aient su entendu qui leur qu’ils me igner, et limanche reparle-
océdé de nine préage,
, Car je eur pro- IX néces- À Troue j'avais m'écrivit
nt, je ne ons nous 3 dans le s, et que de repos, e et mi-
‘J'ai eu le plaisir de recevoir, hier, nos futurs associés à déjeuner, “et je puis vous dire que tout va bien; ils m'ont demandé, chose facile “à comprendre, quelques noms pour s'assurer de votre bien réelle res- ‘‘’pectabilité,
‘Je pense que vous voudrez bien me dire où ils doivent écrire pour ‘s'assurer que Vous êtes un docteur sérieux, honorable, connu, habitant “Londres depuis 26 ans. Après a, la chose est faite, J'ai demandé “50,000 franes, 25,000 pour l'affaire, 25,000 pour nous
“Ces messieurs vous offrent les mêmes références, l'un d'eux est ‘sendre d'un défunt docteur de Trouville, qui avait la réputation d'un “riche philanthrope"'.
a eienitigei#"e"
Dans une lettre datée du 31 juillet, il dit
‘‘Je pense que nous pourrons très prochainement établir une base “pour le côté financier de l'affaire, Je crois, et je pense que vous serez ‘‘de mon avis, qu'il est préférahle de fonder une Société en participation “au capital de 600,000 frs, divisé en 1,200 actions de 500 frs l'une, ce “qui permettra de rétribuer ces messieurs tout en réservant notre quote- “part d'actions libérées sur les fonds versés; nous prélèverons une somme ‘‘en espèce” ur nos frais et études,,,,,"
Je répondis à cette lettre le 3 août, et m'opposant à ce qu’on s'adressât au public pour souscrire le capital nécessaire. Dès lors il en abandonna l’idée.
Le % jt, je reçus une letire d’un M. Ferdinand Blin Lintz, comme :. à Honfleur, me demandant, en toute franchise, ce que je pens . le l'affaire.
“Je is, dit-il, en rapport avec M, et Mme “qu'ils av. at traité avec Vous pour le lait qui se “pices comme lait nm al; mais je serais chargé des achats et des expé- “‘ditions sur Londres, après y avoir mis le produit conservateur; j'ai done “besoin, avant de commencer, de me mettre bien au courant de toute “cette affaire”.
esbron, Ils m'ont appris t vendu sous vos aus-
Je lui répondis que je croyais au succès de l'affaire, si elle était bien organi et bien conduite; mais je lui fis comprendre que chacun devait juger pour soi-meme de la probabilité du succès, et prendre sur soi la responsabilité de sa décisicn.
Dans une autre lettre du 9 août 1905, Cesbron m’informe que:
“Dans quelques jours, nous saurons nettement si, oui ou non, nous ‘‘devons compter sur ces mesaieurs. Soyez bie:a assuré que, quoi qu'il ‘advienne, je resterai votre fidèle allié, et que nos relations ne peuvent “que se resserrer, pour notre mutuel avantage".
A la date du 46 août, il me fait encore les remarques suivantes :
“Ainsi que je le pressentais, mon ultimatum a réussi à m'éclairer sur “le véritable état d'esprit de ces messieurs, que leur lenteur et leurs ter- ‘“’giversations m'avaient déjà fait pressentir.
“Il faut refaire des expériences, mettre l'affaire au point; que de ‘“‘temps perdu!"
Le 23 du même mois, il m'écrivait :
“J'ai un nouveau capitaliste, Si vous êtes disposé à prendre la licence “ou le brevet en France, ce serait le moment... Suivant votre désir, nous “joindrons à notre acte une clause en marge, pour nos conditions en “France, clause analogue à celle qui nous lie en Angleterre”, Dans une autre lettre de q suivantes :
ate postérieure, il fait les observations
“Prendrez-vous un brevet en France, ou bien conservons-nous le “secret de l'invention pour l'exploiter? Si l'on prend un brevet, il serait “bon que vous fassiez Un communiqué à l'Académie de Médecine de Paris; “mais alors, la chose sera publiée à son de trompe par les jouiïaux, et “imitée sans qu'on puisse l'empêcher, Je voudrais savoir le résultat de “vos réflexions sur tout ceci et, une fois la chose mûrement réfléchie, “nous prendron. les arrangements utiles pour notre intérêt commun"! Poursuivant sa Correspondance, il écrit, à la cate du 27 mars 1906: ‘Je crois qu'il Ya au “demande pour faire un ess “combinez à l'état liquide “une petite quantité ‘“‘engagements",
quelque chose à faire avec la Suiss i; je dois donner réponse; dites-mo ou autrement:
£ toute faite, ou la for:
on me si vous si vous pouvez m'en envoyer mule, en échange de nouveaux