DE LUCY
endormie.
LÉOPOLD, entrant doucement par le fond, examinant Cécile. [Avec trouble.) Qu'y a t-il donc, Cécile?..
CÉCILE, allant à lui vivement. Àh! c'est vous mon ami; silence, elle dort!., mais son sommeil est agité!., des mots que je n'entends pas bien, des plaintes s'échappent de ses lèvres : votre nom...
LÉOPOLD, tn^u/et. Mon nom?..
CÉCILE. Elle le répèle sans cesse.
LÉOPOLD. Le trouble que donne la fièvre peut amener des idées... des paroles...
qui n'ont pas de sens... qui...
CÉCILE. Écoutez!..
Elle veut l'amener près de sa mère.
LÉOPOLD. Non, Cécile, non!.. N'approchez pas...
CÉCILE. Laissez-moi!., venez!..
LÉOPOLD , la retenant. C'est un spectacle cruel pour vous.
MAD. DE LUCY, endormie. Cécile!..
Léopold!..
Au nom de CL-cile la jeune femme s'est élancée vers sa mère , au nom de Léopold , son mari s'approche et veut l'écarler.
LÉOPOLD, à Cécile. Je vous en prie!..
CÉCILE. Pardon, mon ami!., c'est ma mère!..
MAD. DE LUCY, endormie. Oui... Toujours... jamais... Oh! que je souffre!
Elle ouvre les yeux, s'agite, et essaie de se soulever.
CÉCILE, à Léopold. Elle s'éveille!..
MAD. DE LUCY, s'éveillant. Ah!., que s'est-il donc passé?
CÉCILE, voulant lui prendre la main. Ma mère!..
MAD. DE LUCY , la repoussant. Qu'on me laisse !..
CÉCILE. Oh! mon Dieu!.. Elle me repousse encore !..
MAD. DE LUCY, lui len'lq^t les braS. Oh non!., viens, mon enfant!., viens !^.i.
Elle la serre sur son cotàr«
lE MAGASIN THÉATRAri
CÉCILE. Maman... il est là aussi'..
MAD. DE LUCY, elle fait un mouvement qu'elle réprime aussitôt, et dit arec calme. Bonjour, Léopold!.. Elle retombe sur l'oreiller ; Cécile x' effraie, Léopold s'approche, mais madame de Lucy se relève, le regarde fixement, et il se place un peu à l'écart. Ne crains rieo, ma fille!.. Je me sens mieux!., ma tête est moins brûlante!., je retrouve, mes idées!., depuis quand...
suis-je donc malade?
CÉCILE. Depuis deux jours.
MAD. DE LUCY. Deuxjours!,.
CÉCILE. Oui, aussitôt après notre mariage.
MAD. DE LUCY, douloureusement. Ah!..
CÉCILE. Il n'y avait pas une heure que nous étions sortis de l'église, quand tu t'es trouvée mal !.. c'est aujourd'hui le troisième jour!., et que je suis restée là, sans cesse, près de toi!., mais tu ne me voyais pas.
MAD. DE LUCY. Si j'étais morte?
CÉCILE. Oh! ne dis donc pas une chose si horrible!., tu n^as pas été malade au point de nous donner de telles inquiétudes!, mourir!., c'est impossible!., n'estce pas , Léopold?
LÉOPOLD. Non, noni II n'y avait pas un danger réel!., il ne pouvait pas y en atoir!. je l'espère !..
CÉCILE. Moi, l'en suis sûre.
MAD. DE LUCY, se levant. A ton âge, Cécile, ou croit ce qu'on désire!., c'est l'ûge de l'espérance et des illusions :
Air: Musc des Bois, oéi'y . Dans cette vie on vif-nt d'entrer à peine, *"■' Noticreil encor n'en voit que la moiijé!
On est fst lieurf ux , car cliaque jour amène
Jfouvuiiu plaisir et nou l'eue amitié : ^'"- On ne sait pas que l'espoir est stérile;
Et ce Ijonlieui , qu'ici tu te promets "■^''^' Rien ne l'a dit combien il est fragile l
Ali, pui.sses-tu ne l'apprendre jamais ! •''■'' Ma pauvre enfant, ali! ne l'apprend.s jamais! Elle essuie une larme.
'CÉCLIË, avec élonneynent. Ma mérc ! quoidonc!.. auriez-vous des chagrins, dites, parlez, confiez les à votre fille.
ara no'. SCENE III.