CÉCILE, LÉOPOLD, LÉONARD, M- D'ALBRAY, M""' DE LUCY
MAD. d'aubray', allant vers madame de Lucy. Ah, ma bonne Clarisse, que je suis aise de te trouver mieux portante!
MAD. DE LUCY, lui pressant 1% main.
Merci, ma chère Adèle, merci!
MAD. d'aucray. Bonjour, Cécile!.. Je vous salue, messieurs.
LÉONARD. Vous arrivez à propos, madame; car j'espère que vous me serez utile j
jMAD. d'audray. Que voulez-vous dire?
LÉONARD. On confie quelquefois à l'amie ce qu'on n'avoue pas au médecin.
LÉOPOLD , d part. 11 me met à la torture!..
Il fait quelques pas vers le fond.
LÉONARD- Ne vous éloignez pas, mon neveu, je vous en prie, j'ai besoin de vous aussi pour découvrir le secret...
MAD. d'aURRAY. Mais, monsieur; il n'y a pas de secret.
LÉONARD, faisant un geste d'impaiicnci.
Je vous demande bien pardou, madame!
il y en a un. Voilà une femme encore
jeune, jolie, riche, qui a dû être trèsrecherchée dans la société : Eh bien , elle rivait presque seule.
MAD. d'aubray. Il est dos gens qui n'aiiuent pas le monde , et ce sont les plus sages.
LÉONARD, d part. Cette fomme-là est insupportable a\ec sa rage de m'interr^mpre !..
CÉCILE, à Léonard. Maman se plaisait à la campagne. Elle passait huit mois de l'année dans sa terre de Bellevue située à trente lieues de Paris.
LÉOXABD. Je sais cela : je sais aussi que ces gofits simples et naturels sont le partage des âmes tendres... ma nièce est veuve depuis long-temps; elle a refusé, à ma connaissance, un bien riche parti, il y a deux ans; et tel qu'une femme n'en trouve pas un second dans la vie.
LÉOPOLD, à part. Et elle l'avait caché ! . . Pauvre femme ! . .
CÉCILE, allant près de sa mère qui s'esf assise sur le lit de repos. Bonne maman !
LÉONARD, d demi-voix à madame d'Aubray sur le devant. Sachez, madame, que j'ai vu des larmes dans ses yeux : voyons? Entre-nous, a-t-elle quelque chagrin?
vous aurait-elle parlé de quelque attachement qui serait contrarié?
MAD. d'aubray. Eh, monsieur, je ne sais ce que vous voulez dire.
Elle retourne près de madame de Lucy.
LÉONARD. Rien de ce côté !.. passons à un autre !.. [A demi-voix d Léopold.) Ditesmoi, vous, mon ami!.. Un oncle, ça peut arranger bien des choses!., avez-vous quelque soupçon? n'avez-vous jamais vu quelqu'un chercher à lui plaire, à se faire aimer d'elle? vous hésitez?. . vous savez quelque chose.
LÉOPOLD, se remettant. Non, monsieur, non !.. et je ne comprends rien à un pareil interrogatoire.
LÉONARD, d part. Encore un qui ne comprend pas... je parierais qu'il sait tout!.
MAD. DE LUCY, bos à madame d'Aubray.
Que disent-ils donc '
MAD. d'aubray, bas. Ton oncle Léonard est im peu singulier.
LÉONARD, s'' approchant de madame d'Aubray et à demi voix. Léopold est instruit, j'en suis sûr!..
MAD. d'aubray. Et de quoi voulez-vous ue monsieur soit instruit ptiiâqu'il n'y a
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LÉONARD, d lui-même. Comme ces gens-là sont boutonnés 1..
MAD. DE LUCY, d madame d^Auhray, Chère amie... ces colloques mystérieux, cette inquiète curiosité de M. Lionard me, tourmente et me fatigue... et j'ai tant besom de repos!.. .
MA», d'aubray. Tu as îàisont.^ep sieurs, ma pauvre amie est bien souffrant^i accordons-lui quelques momens de calme"; moi-même je vais me retirer.
CÉCILE. Oh, je resterai, moi!..
MAD, DE LUCY. Non, Cécile!., je désire être seule.
CÉCILE, indiquant la po^te de droite de facteur. Eh bien , je me tiendrai-lù dans ce cabinet, et , au moindre bruit, je reviendrai près de vous, ma mèrcO
MAD. b'acBRAY.
Air: Final du qualrième acte du Bon Enfant. '-
Sortons , messieurs, je vous en prie.
Et prenons pitié de ses maux!
Nous devons à ma pauvre amie Laisser au moins un instant de repos.
LÉOPOLD , à part.
Seule je veux la voir, '' '"'^
Oui , fout l'ordonne I "
liotdLfiD , à part. ^ u (^
Ah, je soupçonne r oia
Qu'à la fin je vais tout savoir ,-'''-'*''')à^ ''^ Et de la guéj-ir j'ai l'espoir.
ENSEMBLE
MAD. d'adBEAY. qrj-» ««r»
Sortons, messieurs, etc.
LÉOPOLD et LÉOKARD.
Sortons, puisquelle nous en prie « Et prenons pitié de ses maux , Oui, nous d(;vons à notre amie Laisser au moins un instant de repos*
CÉCILE
Sortons , puisqu'elle nous en prie , Et prenons pitié de ses maux , Il faut à ma mère chérie Laisser au moins un instant de repos.
Cécile sort par la porte de droite; madame d'Aubray, Léonard et Léopold sortent par le fond