‹ Un secret de familleChapitre 8 sur 33 · SCENE Vil · texte numérisé non relu

SCENE Vil

LÉONARD, CÉCILE, LÉOPOLD, puts un peu après M AD. DE LUC Y.

CÉCILE, entrant la première. Que viensje d'apprendre? Mon oncle! mon bon oncle! {Elle Vaperçoit.) Ah!..

Elle lui saute au eou.

LÉONARD. Permettez, permettez, mademoiselle ! •.

CÉCILE. Vous TOUS trompez, mon oncle!., maintenant je suis une dame, et voilà mon mari... {A Léopold.) Léopold , c'est mon oncle Léonard... Mon oncle, embrassez mon mari.

Elle pousse Léonard vers Léopold.

LÉOPOLD. Je suis heureux de pouvoir faire connaissance avec l'oncle de Cécile.

LLONVRD. Monsieur, certainement...

CÉCILE, le cai-essant. Oh! que vous êtes

tJN SECRET DE FAMILLE.

gentil d'être venu. Que j'ai de plaisir à TOUS voir.

LÉONARD. Il paraît cependant qu'on ne tenait guère à ma présence.

CÉCILE. Maman vous avait écrit.

LÉONARD. Mais sans m'indiquer de jour.

CÉCILE. Et VOUS avez reçu la lettre à temps.

LÉOXARD. Oui, pour arriver trop tard.

CÉCILE. Que c'est aimable de vous être mis en route tout de suite pour voir votre petite Cécile en mariée.

LÉONARD. .Ah ça, veux-tu bien me laisser metti'e en colère!

CliCILE.

Air : Faisons la paix..

Regardez-moi \ Vous devez me trouver grandie?

Ma rcbe me va bien, je croi, Depuis dix ans, 8uis-je enlaidie?

Regardez-moil Mon cher oncle, regardez-moi!

LÉONARD. Tout cela est fort bien, mais tu ne m'a pas attendu, et...

Regardez-moi!

Pour lui, mon amour est si tendre!

11 m'offrait son cœur et sa foi, Mais il ne voulait pas attendre!..

Regardez-moi!

Pardonnez-lui!., regardez-moi!

LÉONARD. Pas moyen de se fâcher avec cette enfant là! heureusement, voici ta mère, et, au fait, c'est plutôt à elle que je dois me plaindre.

Madame de Lucy arrive pâle et abattue; Léopold est silencieux d'un cùté du théâtre Les personnages se trouvent ainsi placés : Mad. de Lucy, Léonard, Cécile, Léopold.

MAD. DE LUCY. Ah! mon oncle, c'est vous...

LÉONARD. D'abord, je vous embrasse...

ensuite, je aous demanderai, ma nièce... {// /'wa»it"e.)Mais quevois-je? serais-tu malade? convalescente?..

LÉOPOLD, à part. Que dit-il?., quelle pâleur...

Sa figure prend l'expression de la plus vive inquiétude.

LÉONARD. Pourquoi ne pas m'écrirc , m'appeler? moi, vieux médecin, qui ai recueilli dans les quatre coins du glohc des remèdes à tous les maux.

MAD. DE LUCY. Je vous remercie, mon

] oncle ; mais je ne suis nullement malade ; j un peu fatiguée seulement... voilà tout.

LÉONARD. Voilà tout... voilà tout...

Nous examinerons cela.

MAD. DE LUCY, faisant un effort sur elle^ même. Je vous assure que vous vous alarmez à lort... Savez-vous que vous nous faites une bien aimable surprise ?

LÉONARD. Oui, une surprise... mais c'est de toi qu'il faut nous occuper, car tu as beau dire...

MAD. DE LUCY, C interrompant. Cécile, avez-vous présenté votre mari à notre oncle ?

LÉOPOLD. J'ai déjà eu l'honneur de saluer le parent de ma chère... Cécile.

Il continue à regarder madame de Lucy avec inquiétude.

CÉCILE, allant à lui. Qu'est-ce que cela, monsieur? encore l'air grave et pensif.

LÉOPOLD. Moi!..

11 s'arrête en rencontrant les yeux de madame de Lucy.

CÉCILE. Il n'y a plus à revenir d'abord; vous êtes mon mari ! il faut en prendre votre parti.

LÉONARD, à madame de Lucy, en lui montrant Cécile et Léopold qui causent bas. Regarde-les donc !.. sont-ils charmanstous deux? Comme ils ont l'air de s'aimer!..

MAD. DE LUCY, contrainte. Oui... ils s'aiment. . .

LÉONARD. Allons, je suis content de toi. Tu as fait choix pour ma petite Cécile d'un joli garçon, ma parole d'honneur!., et je ne t'en veux plus de ne pas m'avoir averti plus tôt.

MAD. DE LUCY. Je n'ai pas cru devoir différer un seul instant le bonheur de ma fille.

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