SCENE III
M-»" VERNEUIL, VERNEUIL, DARBERT, FREMYN.
DARBERT, Saluant Aurélie.
Madame, monsieur Fremyn, je vous salue. J'ai appris avec plaisir que de nouveaux rapports allaient s'établir entre nous. Vous avez des traites à me remettre, je crois?
FREMYN.
Oui, monsieur.
11 lui remet des papiers, DARBERT.
J'étais prévenu de votre arrivée, et j'ai fait dire à mon caissier de monter ici pour les recevoir... Il va venir.
VERNEUIL, à part.
Enfin, je le verrai.
DARBERT.
Un jeune homme charmant, auquel je porte le plus vif intérêt.
VERNEUIL, à part.
Il fait son panégyrique... autre indice! {Haut, a Darbert.) Et ta femme?
5,iDe VERNEUIL.
Elle était un peu souffrante hier au soir quand je l'ai quittée.
DARBERT.
Elle se sent mieux ce matin j du moins elle le
dit... Mais sa santé m'inquiète: cette tristesse obstinée depuis plus de six mois...
VEmSKUlL.
Et tu ne devines pas la cause?
DAHItERT.
Non. Quand je l'interroge, elle répond que je me trompe, elle s'efforce de sourire, de paraître gaie... mais son humeur, autrefois si égale, est devenue capricieuse. .. ce qui paraît lui plaire un jour, le lendemain lui déplaît; le désir qu'elle forme est bientôt suivi d'un invincible dégoût... Rien ne peut la distraire, ni fêtes, ni bals, ni spectacles... ma fortune entière serait à sa disposition, mais quand elle a reçu quelque cadeau qui semble d'abord flatter sa vanité, elle refuse de s'en parer aux yeux du monde où tant de succèsl'environneraientencore... elle veut être seule, et souvent j'ai surpris des larmes dans ses yeux.
VERNEDIL.
C'est singulier! (// regarde sa femme d'un air d'intelligence.) Je profiterai de mon séjour chez toi pour observer... nous finirons peut-être par découvrir...
DARBERT.
Tu ne seras ni plus habile ni plus heureux que moi ; quelle que soit la cause de ce chagrin, l'âme de Fanny est trop pure pour qu'une pensée coupable... Dieu me garde de la soupçonner 1
VERNEUIL, à pari.
Pauvre cher ami !
DARBERT.
Laissons cela !
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