SCENE II
Mme VERNEUIL, VERNEUIL, FREMYN.
VERNEUIL, allant an-devant de lui.
Je parlais de vous... bonjour!
FRE.MVN*.
Bonjour! {Suliiant Aurélie.) Madame
{]}î""> Vcrneuil lui fait ini salut três-froid, et va s'asseoir a tjauclie. A part.) Quel accueil!
VERNEUIL, a part.
Oh! elle est fâchée sérieusement ! [IL les regarde en riant. A Fretnijn.) Quel air décontenancé vous avez, mon pauvre ami l (7/ le prend par la main et le conduit à sa ftinine.) Allons, faites votre paix avec madame, si vous pouvez... je sais tout; vous êtes brouillés, elle vous en veut à la mort!
FltE.MVN.
Madame, est-il vrai...
VERNEUIL, à droite du ihCàirc, pendant que Fremyn est à côté de sa femme.
Oui, oui, vous aviez formé un petit complot cet été, à la campagne... On devait prendre en commun une loge aux Italiens, et moi, j'aurais été prévenu au moment de payer... mais vous avez oublié votre promesse : pas de place aux Italiens, pas d'occasion de montrer trois toilettes nouvelles, faites exprès, c'est terrible!... au lieu de revenir a Paris en même temps que nous, vous restez à la campagne chez M"*^ de
Cermey.
Mme VERNEUIL. ironifjucnient.
Monsieur sans doute y trouvait d'agréables distractions.
FREMVN.
Des affaires importantes m'ont retenu, et j'espère que madame ne me tiendra pas rigueur... j'aurai souvent occasion de venir ici implorer mon pardon. Associé depuis deux jours de l'agent de change Dumesnil . je me suis chargé de ses affaires avec la maison de M. Darbert.
VERNEUIL
Ah!
FREMVN.
Et la négligence qu'on me reproche...
VERNEUIL
Est très-excusable au fond... M"=c de Cermey a deux filles charmantes, l'atnée surtout, qui est en âge d'être mariée.
.'Vuri-lif r.iil un muiivemeiil.
FREMVN, qui l'a nmarquf, à part.
Ah! je comprends :
* Aurolic, Ficnnn, Vtiiieiul.
iMAGASIN TUFATUAL.
YEI1>"EIIL.
Cn excellent parti!
FREMVîi. has à Aurflir.
Un sriil mot me justiliera.
TKU>Frit .
Qui pourrait vous «otivenir.
PHKMVN, hilV.
^ui. . (Bas à Aint'tie.) Jamais. M"« de Cermey...
TERMEIIL.
Maintenant surtout ..
FRKMVN, ha.i à Aurt'lii^ Se marie dans un mois avec un de ses cousins.
M"* VBn>EUIL, n pint.
Ah!
VERISECII..
Ainsi, je vous pardonne, et ma femme aussi, n'est-ce pas, Aurélie?
jjime VER IN Km,, se levant.
A votre prière, plus lard peut-être.
FREMY>\ haï.
Aussi bonne que belle !
Il lui baise la main.
Voilà une affaire terminée!
FREMYN.
Madame vous avait donc mis dans la coniidence?
TERISEIIIL.
Point du tout.
FREMYN.
Et vous avez deviné notre complot?
VERNEL'IL.
Vous croyez que j'étais dupe de vos cacboteries, de vos airs mystérieux.
FREMYN.
Vous êtes un homme merveilleux.
VERNECIL.
Non, mais j'ai l'habitude, le coup d'oeil...
jline VKRNEL'IL.
Monsieur...
VERNEUIL
Deux mots me suffisent, deux mots entendus à la dérobée...
«me VERNEUIL, à pari.
Le voilà lancé, il ne va plus se taire I
L'observation est une science, une science exacte, tout peut s'expliquer par la puissance de l'analyse... elle pénètre partout, et le cœur n'a point de secrets, quand la physionomie est un livre ouvert... puis, avec quelques notions de phrénologie... tenez, vous, {il met la main sur la léie de Fremyn) je saurais votre caractère sans vous connaître... fierté, discrétion, attachement, constance. (A sa femme, j Oh ! je t'en réponds!
FREMYN.
Et vous ?
VERNEUIL
Moi? [Passant la main sur son front.) Là, *■ Aurelif, Vcrneuil, FiemjD.
n'e.st-ce pas?... Sagacité comparative, mon cher c'est très-saillant!
Air du Calife de Bagdad,
Grâce à Cet art que l'on renomme.
Je le re'péle avec orgueil, Pour juger la valeur d'un homme Il siifRl du premier coup d'œil.
Clia(|ue talent, cliaque mérite, Sa révèle ainsi tout de suite.
Et sur son front avec éclat On porte son certificat.
Y a-t-il long -temps que vous n'avez vi» 51ine Darbert?
FIIEMVN.
Oui.
VERNEUIL
Darbert, pendant notre absence, a pris un caissier, un nouveau caissier, un jeune caissier...
FREMYN.
On me l'a dit
VERNEUIL
Vous ne le connaissez pas?
FKEMVN.
Pas encore. C'est la première fois que je viens pour affaires...
VERNEUIL
Ah ! voici Darbert qui sort de chez sa femme.
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