M“* BI.AVE.MI
Soit !.. moi , mon ami , je vais m'occuper des soins du ménage ; mais , dans la crainte que tu ne t’ennuies, je t'enverrai un livre... Godivet, vous viendrez le chercher dans ma chambre... ;
Ai» : Jusqu'au rêvai'. Madame. (»« vir.raaiae. J
Cher Anlénor, au revoir, je le quitte...
Il faut, crois-moi , prendre un peu de repos ;
Je veux qu’ici le client te visite...
Embrasse-mol , tu seras plus dispos.
(Blavcau l'.niliraiM.)
M“* BLAVEAU.
Maintenant... à mon tour.
(Elle l’embrasse.)
G<h)tvp,T, à part.
Oh! Dieu!., oh! Dieu!..
Continuant l'air ai huj'un à part.)
Un jour aussi , J’en conçois l’espérance,
J’ m’abreuverai de doux embrassenicns...
Pour un baiser, j’ donn’rais mon existence...
Je donnerais... un mois d’appointemens...
Suis-je aimé?.. Suis-je trompé ?.. aimé ! je n’en sais rien... trompé !.. je n’en suis pas sûr... Oh! non , non , je ne suis point trompé... j'en ai des preuves morales... il est vrai que j’ai soin de ne lui laisser voir personne... j’ai peur de mes clients... j’ai peur de mes clercs, surtout... c'est au point que j'ai composé le personnel de mon étude de tout ce qu’il y a de plus informe au monde... le sublime de la laideur... Enfin Godivet est un Adonis auprès de mes subordonnés! Ce n'est pas seulement le repos d'aujourd'hui qu'il me faut , c’est le repos de toute ma vie que je veux... voilà mon idée fixe... et pour sortir de cette cruelle anxiété, j’ai écrit à mon ami Polyrarpe Molard . arrivé depuis peu de Châleaü-Chinon (Nièvre) , pour lui demander le plus important des services... Qu’il tarde à venir!.. Mais si j’allais acquérir la preuve que tôt ou tard je serai... comme tant d’autres maris de ma connaissance... cette pensée m’embrase le cerveau... voilà mes éblouissemens qui reviennent... Oh! de l'eau de Cologne... je vas me trouver mal.
(II prend un flacon sur la cheminée, se verse de l’eau de Cologne dans la main et s’en frotte le front.)
Trente-trois francs cinquante... sans la nourriture... car je suis nourri !